Échanges musclés sur le féminisme

Geneviève St-Germain et Sophie Durocher... (Photo Karine Dufour)

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Geneviève St-Germain et Sophie Durocher

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(Montréal) CHRONIQUE / À propos du féminisme, Geneviève St-Germain et Sophie Durocher ne sont résolument pas sur la même longueur d'onde. Et Tout le monde en parle nous en a donné toute une démonstration dimanche soir. La discussion a donné lieu à des échanges musclés, l'une demandant à l'autre de la laisser parler, et vice versa. À tel point qu'on se serait cru sur un plateau français.

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Roger Waters

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Féministe ou égalitaire? Pour Geneviève St-Germain, les deux vont de pair. Et ne pas vouloir se dire féministe, comme l'a fait la ministre Lise Thériault, c'est démontrer «un manque de culture générale terrible, un manque de sens de l'histoire».

Devant un auditoire qui n'était visiblement pas de son bord, Sophie Durocher s'est engagée sur un terrain glissant en amalgamant le débat sur le féminisme à la réaction de Lise Payette à l'affaire Claude Jutra. La chroniqueuse du Journal, qui se dit elle-même féministe, considère que la ministre a bien le droit de «se distancier d'un mouvement dans lequel elle ne se reconnaît plus». Elle a aussi défendu Marie-France Bazzo et qualifié de «vicieux» le papier de Nathalie Petrowski, en réaction aux propos de l'animatrice.

Geneviève St-Germain a voulu préciser que les jeunes féministes sont souvent beaucoup plus vindicatives qu'elle l'était à leur âge, et elle s'en réjouit. Comme quoi on a tort d'associer le féminisme revendicatif à une génération dépassée.

Sophie Durocher a tenu à dire que son mari, Richard Martineau, était féministe. Réaction de Geneviève St-Germain: «On est contentes de l'apprendre. Let's drink to that

Particulièrement volubile en ouverture, le grand Roger Waters en avait beaucoup à dire: pas sur le féminisme, mais sur les «Pandora et Spotify de ce monde», qui sont en train de tuer l'industrie de la musique, pense-t-il. «On n'a pas créé un système de transaction entre les gens qui aiment la musique et les gens qui créent la musique. La transaction se passe entre Volkswagen et Silicon Valley. Le reste de l'humanité n'a pas un mot à dire.»

Il poursuit: «Je plains les jeunes qui écrivent des chansons aujourd'hui, qui font des albums et aimeraient en vivre, mais qui grattent leurs sous parce que leurs droits d'auteur leur sont volés par ces salauds.»

On a entendu quelques extraits de l'opéra Another Brick in the Wall, adapté par le compositeur originaire de Québec, Julien Bilodeau. Waters, qui a toujours trouvé les adaptations d'oeuvres pop en opéras désastreuses, a été impressionné en écoutant le résultat. «Le travail de Julien m'a ému à m'en donner des frissons», a-t-il dit.

Devant un Guy Mongrain qui buvait ses paroles, le membre fondateur de Pink Floyd s'est aussi prononcé en faveur des Palestiniens, et n'a pu s'empêcher de commenter la campagne de Donald Trump. Après avoir dit: «Je ne perdrai rien du temps qu'il me reste à vivre pour parler de Donald Trump», il s'est lancé: «Votre plan d'entourer votre pays d'un mur pour empêcher les gens d'y entrer est promis a l'échec. Les gens vont toujours franchir des frontières pour trouver du travail. [...] Tout ce qui en découlera, c'est de l'hostilité et des conflits.»

Fort éloquent encore une fois, Biz a dit avoir rencontré un producteur et un réalisateur pour l'adaptation cinématographique de son plus récent roman, Naufrage, qui a fait pleurer Guy A. Dans son livre, il tourne en ridicule un concours pour trouver une tasse dans la ville, à la défunte émission de radio de Marie-France Bazzo. Il souligne que les seules mauvaises critiques sur son roman proviennent du club de lecture de BazzoTV à Télé-Québec, en omettant toutefois de préciser que l'animatrice n'est pas responsable des opinions des membres de son club.

L'écrivain se prononce beaucoup moins qu'avant sur tout et sur rien, en raison des réseaux sociaux. «Tu te fais tuer en 140 caractères. [...] Ça me rentre dedans», admet-il. Lui aussi inquiet pour l'avenir de ses collègues musiciens, il n'a touché que 638 $ de droits d'auteur pour la diffusion de la chanson Le but de Loco Locass aux matchs du Canadien au Centre Bell en 2015.

L'ancien conseiller politique John Parisella et la professeure de sciences politiques Karine Prémont croient tous deux qu'Hillary Clinton l'emportera sur Donald Trump à l'élection américaine en novembre. Seul le FBI pourrait lui barrer la route s'il l'arrêtait pour l'histoire des courriels. Par contre, ils observent que Mme Clinton ne suscite pas l'enthousiasme, manque de crédibilité et de transparence aux yeux de l'électorat.

Karine Prémont croit néanmoins qu'on a sous-estimé la capacité de Donald Trump à rassembler les Américains en colère, et surtout des gens qui ne s'intéressaient pas à la politique, une nouvelle clientèle difficile à cerner. John Parisella croit que ce sera plus compliqué pour lui, maintenant que l'établissement du parti Républicain a sonné l'alarme et pris position contre Trump.

Beaucoup aimé l'univers de Dead Obies et son oeuvre à contre-courant, inspirée notamment d'un livre de Guy Debord, La société du spectacle, écrit dans les années 60. Jean-François, alias Yes McCan, a fortement réagi à une critique vitriolique de Christian Rioux dans Le Devoir, qui reprochait à Dead Obies son choix de mêler l'anglais au français dans ses chansons. Une analyse qui manquait de rigueur et de curiosité, selon lui. «Il était intéressé à prendre un exemple et à le squeezer pour faire fitter sa vision du monde dans un exemple concret. Et ça, c'est très malhonnête de la part d'un intellectuel», a dit l'artiste. Biz venait lui-même de reconnaître au groupe le droit de chanter dans les langues qui lui convenaient.

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