Karine sur l'adrénaline

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Blue Moon compte sur une distribution solide et crédible, menée avec brio par Karine Vanasse.

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(Montréal) CHRONIQUE / La productrice Fabienne Larouche avait promis un Homeland à Club illico. La direction du Netflix québécois considère qu'elle a livré. Blue Moon, la nouvelle série de 10 épisodes à haut niveau d'adrénaline disponible depuis lundi, vient certainement enrichir l'offre de cette plateforme payante de Vidéotron. Et Karine Vanasse y est tout simplement magistrale.

La comparaison avec Homeland est peut-être ambitieuse, mais pas tant que ça. Signée Luc Dionne, Blue Moon est de calibre à rivaliser avec bien des titres américains ou étrangers. Et ça se regarde comme un film, en une fin de semaine, voire en une journée, si vous êtes boulimique de télé.

À la mort de son père, Justine Laurier (Karine Vanasse) hérite de 60 % de son entreprise, l'agence de sécurité paramilitaire Blue Moon. Pas question qu'elle gratte du papier, elle ira sur le terrain avec l'escouade d'élite. En acceptant de s'y impliquer entièrement, cette ancienne militaire réprimandée par l'armée et spécialiste en déminage ouvre une boîte de Pandore. Et ce qu'elle y trouve n'est pas joli.

Visiblement, Justine n'entretenait pas une bonne relation avec son père. «J'espère qu'y est en enfer», dira Justine en apprenant sa mort. Traumatisée depuis l'enfance - vous comprendrez dès la première scène -, elle lui attribue tous les torts. Officiellement, Yves Laurier a péri dans un éboulement, thèse à laquelle n'adhère pas sa fille, résolue à éclaircir ce mystère. Plus elle gratte, plus elle met sa vie en danger.

Luc Dionne, qui signe ici sa meilleure oeuvre depuis Omertà, explore avec talent un domaine méconnu, celui des agences paramilitaires privées, à qui les autorités confient les mandats les plus dangereux, dans le plus grand secret. Un univers aussi complexe décrit avec autant de limpidité, c'est fort.

À force de se faire dire que tout allait mal sur le tournage - interrompu par une grève des techniciens -, on aurait pu anticiper une série moyenne. Il n'en est rien. Le cinéaste Yves Christian Fournier, dont c'est la première série télé, a accompli un travail exceptionnel. Certaines séries sont éblouissantes pour les yeux, mais ennuyantes comme la pluie; pas Blue Moon, qui sait maintenir le suspense jusqu'au bout. Et nous faire douter des plus gentils comme des plus suspects. Chaque personne se sent épiée, et a intérêt à regarder sous sa voiture avant de démarrer; une bombe est si vite installée.

À l'écran, l'immense talent de Karine Vanasse prend toute sa mesure. De retour sur un plateau québécois après l'aventure Vengeance aux États-Unis, l'actrice joue tout en nuances, ce qui ajoute au mystère et à la douleur du personnage. Comme qualité de jeu, difficile de faire mieux.

Blue Moon compte sur une distribution solide et crédible, à commencer par Luc Picard, en associé et ami éploré du défunt, Benoît. Patrice Godin joue le patron tyrannique de l'escouade, Bob, et Éric Bruneau, l'expert en armement, Milan. Karine Vanasse n'avait jamais joué avec Caroline Dhavernas, qui fréquente aussi beaucoup les plateaux américains. Celle-ci fait partie de l'unité d'élite avec Charlotte Aubin, Clauter Alexandre et Alexandre Landry, qui s'est musclé pour la série. Isabelle Blais joue la soeur de Justine, point d'ancrage familial, et Fabien Cloutier excelle en fier-à-bras. Ajoutez à cela une trame musicale d'une redoutable efficacité, et vous ne voudrez plus lâcher votre télé. 

Karine Vanasse a délaissé les tenues flamboyantes et sexy de Vengeance pour un look «tom boy». Elle s'est soumise à un entraînement sévère et ça paraît. C'est particulièrement frappant au premier épisode, qui se déroule en grande partie dans un camp de recrues, qu'infiltre Justine incognito.

Rappelons que l'abonnement mensuel à Club illico coûte 9,99 $ - «moins qu'un film au cinéma», plaide Fabienne Larouche -, mais le premier mois n'est pas gratuit, contrairement à l'Extra d'ICI Tou.tv. «Pourquoi je m'abonnerais pour une seule série?» me demanderez-vous. Allez consulter le menu de 4000 contenus, constitués de films, de séries américaines en français, mais aussi de séries québécoises en primeur comme Karl & MaxMensonges et Complexe G. Vous saurez si c'est dans vos goûts. Autrement, il faudra être patient; la diffusion à la télé n'est pas pour demain.

Les deux premières saisons ont été tournées d'un trait; les 10 prochains épisodes arriveront dans un an. Émile Proulx-Cloutier est de cette deuxième saison. Malgré les écueils du tournage, qu'il a solidement dénoncés dans les médias depuis, Yves Christian Fournier se dit prêt à reprendre du service si une troisième saison se confirme.

Les funérailles suivies à TVA

Sans surprise, les téléspectateurs ont d'abord choisi TVA pour suivre les funérailles de René Angélil, vendredi dernier. En moyenne 524 000 ont regardé la chaîne (de 14h à 17h20) contre 152 000 pour ICI Radio-Canada Télé (de 14h à 17h05). Chez les chaînes d'information, LCN domine avec 366 000 téléspectateurs (de 13h à 17h20) contre 200 000 pour ICI RDI (de 13h30 à 17h20).

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