Bernard, «big time, big fucking time»

Gregory Charles a ouvert l'émission avec Bernard Derome... (Fournie par ICI Radio-Canada Télé, Karine Dufour)

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Gregory Charles a ouvert l'émission avec Bernard Derome et Marc Hervieux, ses deux têtes d'affiche de Radio-classique, dont il est le nouveau propriétaire, à Montréal et à Québec.

Fournie par ICI Radio-Canada Télé, Karine Dufour

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(Montréal) CHRONIQUE / «Les menottes, c'est mieux?» La question n'a pas été posée par Anne-Marie Losique, mais bien par Bernard Derome, dimanche à Tout le monde en parle. Un Bernard qu'on ne connaissait pas, et qui s'intéressait grandement aux propos de la journaliste et animatrice de Sexplora, Lili Boisvert. Tout de même surréaliste de l'entendre poser des questions sur les vibrateurs, le fétichisme et le pénis, sur un ton aussi sérieux qu'au Téléjournal.

Comme c'est bien souvent le cas quand il est question de sexe, la conversation a tourné à la rigolade. Même si Sexplora aborde des questions importantes, souvent troublantes même. Comme ce fétichisme de la couche-culotte, qui m'a un peu traumatisé, en toute franchise.

Lili Boisvert, qui a été surprise de ne susciter aucune réaction en sortant seins nus dans la rue, plaide pour que les femmes puissent enlever le haut en public. «Les seins ne sont pas une partie génitale», dit-elle.

Mais Bernard n'allait pas s'arrêter là. Plus tôt, on avait fait entendre son «big time, big fucking time», qu'il prononce dans la narration de Série noire, qui allait revenir ensuite à toutes les sauces durant l'émission, de lui et des autres. Il n'y a pas de doute, M. Derome est en grande forme.

Le changement de sexe a souvent été associé à quelque chose d'étrange, de bizarre, de pas normal. Dimanche, les transgenres Alexis Comte et Khloé Dubé avaient l'air de gens heureux, bien dans leur peau, et contents de le dire. Pas de gens étranges ou bizarres.

Les deux font partie du docuréalité Je suis trans à Moi&cie. Prenez le cas de Khloé, qui a compris à 12 ans qu'elle n'était pas un garçon, et qui a fait le grand saut l'année dernière. Durant le Bye bye, après le décompte, elle a annoncé à sa famille qu'elle devenait une fille. Elle a commencé à prendre des bloqueurs d'hormones deux mois avant sa puberté, et a vu apparaître ses seins et ses hanches s'élargir. À l'école, personne ne lui a fait la vie dure quand elle est passée de garçon à fille. Dieu merci, la nature humaine ne peut pas toujours être arriérée ou hostile.

À son précédent passage à Tout le monde en parle en 2007, Alexis Comte avait impressionné tout le monde. Et servi d'exemple à des jeunes comme lui, qui souhaitaient changer de sexe. Neuf ans plus tard, il est papa depuis trois ans, et reste un modèle inspirant.

Très touché par Safia Nolin, sa musique, sa poésie, son histoire, son sourire. La révélation folk de Limoilou, encensée par Les Inrockuptibles, et qui a fait la première partie de Lou Doillon en France, est partie de loin. Une enfance malheureuse, des problèmes familiaux, un niveau secondaire écourté parce qu'elle était victime d'intimidation et changeait souvent d'école. Encore aujourd'hui, il lui arrive de faire des crises de panique. Dimanche, elle est apparue heureuse, souriante, semblant à peine croire en son succès. Vrai coup de coeur pour cette artiste qui fait du bien.

Marie Soleil Dion et Étienne Boulay ont tous deux connu des problèmes de santé mentale; la première au secondaire, complètement démotivée alors qu'elle était première de classe; le second quand sa carrière au football a pris fin, et qu'il s'est réfugié dans l'alcool et la drogue, jusqu'à tenter de se suicider. Le duo s'implique avec Bell cause pour la cause, question de sensibiliser le public aux problèmes de santé mentale, qui touchent plus de gens qu'on pense. Au Canada, 11 personnes s'enlèvent la vie chaque jour, a voulu rappeler Marie Soleil Dion.

Le ministre des Affaires étrangères du Canada, Stéphane Dion, avait la lourde tâche de défendre son chef et premier ministre, Justin Trudeau, après les attentats au Burkina Faso. Il fallait voir le malaise dans son visage lorsque Guy A. lui a fait entendre un extrait d'entrevue avec Yves Richard, le conjoint d'une des victimes, Maude Carrier, qui a raccroché la ligne au nez au premier ministre Justin Trudeau. M. Dion n'a pas voulu commenter ce cas précis, rappelant seulement que les efforts du gouvernement n'allaient pas se traduire en effectifs militaires sur le terrain, mais bien à lutter contre la radicalisation. «Il ne faut pas laisser le terrorisme triompher», a-t-il dit. Ce Justin Trudeau qu'ont décrit les membres des familles éplorées n'est pas celui qu'il connaît, mais plutôt un homme «qui a énormément de compassion».

Le ministre a défendu l'intention du gouvernement de continuer à transiger avec l'Arabie saoudite. En gros, il faut bien connaître ses ennemis. «Ça ne veut pas dire qu'on est d'accord avec ce type de régime», dit-il, ajoutant ne pouvoir garantir la libération de Raif Badawi, bien que son gouvernement y travaille.

Gregory Charles a ouvert l'émission avec Bernard Derome et Marc Hervieux, ses deux têtes d'affiche de Radio-classique, dont il est le nouveau propriétaire, à Montréal et à Québec. Et qui ne diffuse pas que du classique, mais aussi du Léo Ferré et du John Lennon. Le classique élastique, Gregory? Disons que ces derniers sont aussi des «classiques» de leur époque.

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