Le monstre de Mémoires vives

Franck Manseau (Stéphane Jacques) n'a donné aucun répit aux... (Photos fournie par ICI Radio-Canada Télé)

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Franck Manseau (Stéphane Jacques) n'a donné aucun répit aux nombreux fans de Mémoires vives depuis les Fêtes, s'évadant de prison et terrorisant la pauvre Andrée (Dominique Quesnel), qu'il tient en otage.

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(Montréal) CHRONIQUE / La dernière chose qu'on a envie de se faire dire en mettant le pied dans un restaurant: «Heille, c'est le pédophile!» C'est arrivé à Stéphane Jacques, l'acteur qui incarne l'horrible tueur d'enfants Franck Manseau dans Mémoires vives, le mardi à 21h à ICI Radio-Canada Télé. Et on s'en doute, le feeling n'est pas très agréable.

«Pour eux, c'est une blague. Mais se faire dire ça, c'est un peu troublant», admet l'acteur, qui prend le temps d'aller voir les gens pour leur rappeler que c'est «juste» un personnage. Les téléspectateurs aiment haïr les méchants. Mais quand le méchant est un pédophile, le public est beaucoup moins conciliant. «J'ai déjà senti de la peur, comme un réflexe de panique, dans les yeux de gens qui n'osaient pas me parler. Mais après, ils se ressaisissent. Les gens suivent la série très intensément. Quand ils me rencontrent, c'est Franck Manseau qu'ils voient en premier.»

Stéphane Jacques, qu'on avait vu en prof de musique dans Virginie et dans une multitude de personnages au théâtre et à la télé, n'a pas dit oui d'emblée lorsqu'on lui a proposé le rôle du psychopathe Manseau dans la série de Chantal Cadieux. Lui-même père de deux enfants, qui ont maintenant 17 et 19 ans, il sait à quel point le sujet est délicat. «Mais un rôle comme celui-là, ça ne passe pas deux fois dans une vie», confie celui qui a connu l'auteure à l'École nationale de théâtre, lui comme acteur, elle en écriture. «Elle me connaît bien, elle sait quoi m'écrire. J'ai des scènes incroyables pour les prochaines semaines.»

Franck Manseau n'a donné aucun répit aux nombreux fans de Mémoires vives depuis les Fêtes, s'évadant de prison et terrorisant la pauvre Andrée (Dominique Quesnel). Tenant son otage en laisse, il a depuis retrouvé son père (Raymond Cloutier), terré dans le bois, qu'il a gratifié d'un coup de couteau au dernier épisode. Eh bien, on n'a encore rien vu, prévient Stéphane Jacques, pas malheureux d'avoir quitté sa petite salle d'interrogatoire pour tourner en forêt. «Ça va beaucoup plus loin, ça brasse vraiment. On va vider l'affaire, quoique, avec Chantal, on ne sait jamais.»

Qu'il s'en prenne à Andrée, capable d'aucune méchanceté, ne fait qu'amplifier notre aversion pour le personnage. «Ce qui est troublant, c'est qu'il l'aime vraiment. Les gens vont se rendre compte qu'il est beaucoup plus lucide qu'il en a l'air. Il comprend la game, il est brillant, comme la plupart des psychopathes.» À l'origine, pour créer le personnage, Stéphane Jacques avait dû s'intéresser au profil troublant d'un pédophile. «J'ai passé une heure dans le bureau d'une sexologue, qui travaille beaucoup avec des déviants sexuels. Devant moi, elle a fait la psychanalyse de Franck Manseau.»

Comme tout bon acteur qui joue un vilain, Stéphane Jacques ne peut s'empêcher d'éprouver de la compassion à l'endroit de son personnage. «Il va redevenir un petit garçon, on va avoir accès à sa douleur, sans excuser ses actes de pédophilie et ses assassinats», raconte-t-il.

Extrait de Mémoires vives

Très souvent choisi pour des rôles peu sympathiques, ce qui surprend toujours ses proches, l'acteur joue un imprésario véreux dans Les jeunes loups, le lundi à 21h à TVA. On l'a vu menacer physiquement la journaliste Marianne Desbiens, jouée par Jacynthe René. Un rôle auquel le comédien a voulu donner l'énergie de l'éditeur Michel Brûlé, «assez fort en gueule et qui a du panache». Là s'arrête bien sûr la comparaison entre les deux personnages, précisons-le.

Contrairement à la plupart des acteurs, qui rêvent d'incarner les pires salauds, Stéphane Jacques avoue qu'il serait dû pour un rôle de gentil. «Un gars calme, qui a une famille, qui vit des choses ordinaires, ça ne m'est jamais arrivé.» On le verra tout de même au printemps à Séries+ en enquêteur honnête qui court après les méchants dans la série Séquelles, réalisée par Louis Bélanger.

Mémoires vives, qui s'est refait une beauté en adoptant un nouveau générique d'ouverture, a pris des allures de série policière depuis l'automne. Quand la «petite» Laurie a été retrouvée, on se demandait bien comment l'auteure pourrait conserver l'intérêt, mais elle s'y est plutôt bien prise en s'éloignant du genre «téléroman». Stéphane Gagnon, excellent dans le rôle de l'enquêteur Dupuis, est devenu un pilier de la série, celui qui a du flair, mais que son patron ne veut pas croire.

L'autre ennemi à abattre est bien sûr Bobby Lambert-Prescott (Yan Rompré), qui ne donne pas sa place non plus en matière de personnage détestable. J'ai bien peur que ce Manseau en devenir puisse passer encore longtemps entre les mailles du filet.

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