Sexplora: quand la télé se décoince

Sexplora aborde plusieurs thèmes sur la sexualité humaine... (Fournie par Sexplora)

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Sexplora aborde plusieurs thèmes sur la sexualité humaine sous un oeil scientifique, sur un ton positif, sans idées préconçues.

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(Montréal) CHRONIQUE / Parlons de sexe, mais parlons-en franchement. Après Vraies histoires de sexe à Moi&cie et Mise à nu à Canal Vie, au tour d'ICI Explora d'exploiter le filon avec Sexplora, une série documentaire de six épisodes pilotée par la journaliste Lili Boisvert. Faut croire que la télé se décoince.

Alors que les thèmes de Mise à nu allaient directement au but (le pénis, le vagin, les seins, les fesses), ceux de Sexplora ne passent pas non plus par quatre chemins (la masturbation, l'orgasme, le fétichisme, la libido, la vulve, le pénis). La série de Lili Boisvert y va cependant d'une approche plus scientifique, et aborde chacun des thèmes sur un ton léger et positif, sans idées préconçues. Dans ces demi-heures, très peu de peau à l'écran, mais des séquences d'animation assez rigolotes.

Dommage de commencer vendredi à 22h30 avec l'épisode sur la libido, à mon avis le moins intéressant. Intéressant toutefois de réunir un dépendant sexuel et un asexuel, aux libidos complètement opposées, et qui témoignent masqués. Le dépendant dit avoir frisé la folie, s'être empêtré dans ses mensonges en menant de multiples relations en parallèle; l'asexuel n'a tellement aucune libido qu'il ignore même s'il est hétéro ou gai, tant rien n'arrive à le stimuler.

Dans l'épisode sur la masturbation, vous reconnaîtrez l'acteur handicapé Alexandre Vallerand, qu'on avait vu dans 30 vies, et qui vit dans un CHSLD. Dans ce segment plutôt émouvant, il raconte comment un masturbateur acheté dans une boutique érotique lui a permis d'avoir une vie sexuelle plus normale. Honteuse ou vulgaire option de rechange, la branlette? Pas pour ces femmes qui déplorent qu'on s'empêche d'en discuter avec les jeunes, en plein éveil sexuel.

En apparence, la série pose des questions qui concernent la sexualité de tout le monde. Reste que plusieurs des sujets sont abordés à partir d'exemples marginaux, voire extrêmes. Je pense être assez ouvert d'esprit, mais j'ai éprouvé un profond malaise devant cette dame, fétichiste de couches-culottes, qui tient une garderie pour adultes. Les clients de Maman Jo, qui se dit nourrice, aiment porter la couche, s'étendre dans un lit de bébé et jouer du hochet. On comprend qu'aucun enfant n'est impliqué, reste que tout rappelle l'enfance dans cette chambre. Quand Maman Jo explique qu'elle dispute ses clients lorsqu'ils éjaculent dans leur couche, le dégoût s'ajoute à l'incompréhension. À inscrire dans la catégorie «je ne veux pas voir ça».

L'épisode s'efforce pourtant à montrer que le fétichisme est beaucoup plus courant qu'on le pense. Intéressant d'entendre le neuropsychologue Christian Joyal s'indigner que le DSM, manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux des psychiatres aux États-Unis, met sur un pied d'égalité pédophilie et sadomasochisme entre adultes consentants. On peut trouver étrange que Natasha et Éric aiment le faire attachés; reste qu'ils ne font de mal à personne. Quoique.

Le chercheur à l'Université Concordia, Jim Pfaus, est tout un numéro. Il observe ses rats de laboratoire copuler et les habille même de vestes de cuir! Les rats peuvent-ils vraiment nous en apprendre sur notre sexualité? Les humains mentent, pas les rats, plaide Jim Pfaus. «Et ça ne les gêne pas que je les regarde copuler.» Dans le même épisode sur l'orgasme, j'ai beaucoup aimé Carlyle Jansen, coach en sexualité, qui utilise un sympathique vagin en marionnette pour apprendre aux femmes à trouver leur point G. Le tiers des femmes ont du mal à atteindre l'orgasme et seulement 30 % obtiennent un orgasme par la pénétration, paraît-il.

Lili Boisvert termine chaque émission par un exposé plus personnel, parfois dans une baignoire ou sur le divan. Celle qui se présente comme une sex geek testera des jouets sexuels pour vous, mesdames. Des bancs d'essai de L'épicerie à ceux de Sexplora, il y a tout un monde.

L'effet Séraphin encore fort

Les pays d'en haut ne décolle pas de la première position. Lundi à 21h, la série d'ICI Radio-Canada Télé a été suivie par 1 331 000 téléspectateurs, à peine moins que la semaine précédente (1 416 000). C'est très loin devant Les jeunes loups, qui peine à intéresser 641 000 curieux à TVA. Le diffuseur doit réfléchir à l'éventualité de déplacer la série de Réjean Tremblay, qui a perdu 1 million de téléspectateurs en deux ans. Retour fort d'Éric Salvail, dont Les recettes pompettes ont captivé 615 000 téléspectateurs à V, avec un Stéphane Rousseau déchaîné. Avec ses 380 000 adeptes, En mode Salvail arrive deuxième derrière Le téléjournal d'ICI RC Télé (480 000) et devant TVA Nouvelles (283 000). À TVA, Piment fort attire encore 1 281 000 fidèles et à V, le premier épisode de Ces gars-là en a intéressé 379 000.

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