Ces parents qui veulent trop

Réaliste, l'ancien joueur Alexandre Jacques exerce une pression... (Fournie par Canal D)

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Réaliste, l'ancien joueur Alexandre Jacques exerce une pression raisonnable sur son fils Nathan, qui rêve de la LNH. Ce qui n'est pas le cas de plusieurs parents du documentaire Parents Inc.

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(Montréal) CHRONIQUE / Pour un enfant, le hockey devrait être un jeu, on s'entend? Pour la plupart de ceux que vous verrez dans le percutant documentaire Parents Inc., diffusé dimanche à 22h à Canal D, ça ne l'est plus du tout. C'est même une discipline contraignante, une corvée quasi quotidienne. Et c'est bien souvent l'ambition démesurée d'un parent.

En marge de ces scènes disgracieuses de batailles de parents dans les gradins, il y a cette pression silencieuse imposée par les parents à leur fils, qu'a bien sentie le journaliste de La Presse Mathias Brunet en s'impliquant en hockey mineur. Aussi scénariste du documentaire réalisé par Louis Bolduc, il dit n'avoir jamais connu autant de conflits que lorsqu'il entraînait ses jeunes joueurs.

Oui, la pression est forte. Mathieu Cobetto-Roy, qui a maintenant 11 ans, a commencé à faire de la musculation à six ans. Sous la supervision de son père, cet attaquant des Lions du Lac-Saint-Louis Nord perfectionne sans relâche ses techniques de hockey. Au programme : 1500 tirs au but par semaine, dans l'entrée de garage. Sa mère admet que la famille ajuste son horaire à celui de Mathieu, et que leur fille passe trop souvent en deuxième.

Les parents déboursent des fortunes pour leurs garçons - il n'est pas question des filles -, qu'ils imaginent déjà dans la Ligue nationale. Frédéric Tremblay voit grand pour son fils de huit ans, Zack, gardien de but, à qui il paie un masque personnalisé au coût de 1400 $, son troisième déjà. Celui qui l'a peint, David Leroux, a aussi eu Jaroslav Halak des Islanders de New York parmi ses clients. Rien de trop beau pour un futur joueur de la LNH.

Extrait de « Parents Inc »

Scène crève-coeur quand on entend le petit Zack, qui a laissé passer trois buts, supplier son père en plein match de continuer à l'encourager dans les gradins. Découragé, celui-ci a décidé d'ignorer son fils, qui en vient aux larmes. «C'est pas sa meilleure, ça c'est sûr», dit le père aux autres parents. «Quand il me fait des petits thumbs-up [pouces en l'air], ça me donne du courage», confiera ensuite l'enfant.

Ron Guarda a le profil parfait du parent intraitable, batailleur, qui s'égosille dans les gradins. «Si tu fais pas le midget AAA la première année, c'est fini», dit-il en parlant de son fils Juliano, 13 ans, qu'il a déjà sorti de la glace, insatisfait d'une décision de l'entraîneur. À un moment, il raconte avec désinvolture que la police est venue, qu'il a été exclu des gradins.

L'ancien analyste et maintenant entraîneur-chef de l'Armada de Blainville-Boisbriand, Joël Bouchard, tient un discours très lucide sur ces exigences démesurées de la part de parents «déconnectés» et tourne en dérision leurs ambitions irréalistes. Au soccer, on fonctionne autrement. À l'Académie de l'Impact de Montréal, où Mathias Brunet a envoyé ses deux fils, on a choisi d'isoler les parents dans un enclos, loin de leurs enfants. Un avantage, croit le directeur Philippe Eullaffroy, et une façon d'éduquer aussi les parents à donner de la corde à leurs fils.

Tout au long du documentaire, je me suis imaginé ces garçons se rebeller, lancer leur équipement sur la glace et retourner à leurs jeux d'enfants. Dire non à ces rêves, qui ne partent pas de mauvaises intentions, mais qui sont ceux de leurs parents et pas les leurs. Pour ouvrir les yeux de ces parents qui veulent trop.

Esprit critique... et méchant?

«Pas de bullshit.» Rebecca Makonnen le promet : Marc Cassivi et elle diront vraiment ce qu'ils pensent à Esprit critique, nouveau rendez-vous qui commence ce soir à 20h sur ICI ARTV, et dimanche à 17h sur ICI Radio-Canada Télé pour 13 semaines, et qui marque le retour de la critique culturelle à la télévision. Déjà à la première, tournée mardi dernier, le duo n'était pas toujours d'accord, et on s'en réjouit. Quoi de plus lassant que le consensus. De là à être méchants comme à La bande des six, on verra bien.

Important de dire que le bloc critique ne totalise que le quart de l'émission, le reste étant composé d'entrevues et de débats. Pour la première, Guillaume Wagner et Cathy Gauthier se prononcent sur l'humour «chien», Micheline Lanctôt et Ricardo Trogi se demandent si le cinéma québécois est en dépression, et René Homier-Roy passe le flambeau de la critique à ses deux hôtes. «Tel un analyste de hockey, Fabien Cloutier va casser du sucre sur notre dos. Marc a passé au cash, et je me suis fait remettre à ma place!» raconte Rebecca Makonnen, soulignant que l'autodérision sera de mise à Esprit critique. «On ne se prendra pas au sérieux.»

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