Un Séraphin qui a du coeur

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Avec Les pays d'en haut, qui commence le 11 janvier, ICI Radio-Canada Télé tient une oeuvre solide, qui devrait convaincre même ceux qui ne voyaient pas la nécessité de revisiter cette histoire.

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(Québec) CHRONIQUE / Séraphin Poudrier restera toujours un odieux personnage, détestable, sans pitié. Mais celui de la nouvelle série Les pays d'en haut aura tout de même un coeur, celui d'un homme blessé. Vous le haïrez, c'est sûr, mais décèlerez chez lui une pointe d'humanité.

Avec Les pays d'en haut, qui commence le lundi 11 janvier à 21h, ICI Radio-Canada Télé tient une oeuvre solide, qui devrait convaincre même ceux qui ne voyaient pas la nécessité de revisiter cette histoire maintes fois racontée. La série n'a pas grand-chose à voir avec le téléroman; le réalisateur Sylvain Archambault (Mensonges, Les Lavigueur, la vraie histoire) lui a donné un aspect rude, sale, plus fidèle au contexte de colonisation du Nord à la fin du XIXe siècle. Et c'est parfaitement réussi.

Située à Sainte-Adèle, Les pays d'en haut compte sur une distribution éblouissante, en commençant par Vincent Leclerc, la révélation, très convaincant en Séraphin, qui ne dit pas «viande à chien» ni ne change sa voix comme ceux qui l'ont précédé dans ce rôle.

Les plus vieux demanderont peut-être : «Qu'avez-vous fait de mon Séraphin?» Ceux qui connaissent le téléroman des années 50 et 60 par coeur auront du mal à reconnaître leurs personnages, particulièrement Donalda, qui n'a plus rien de la femme soumise. Au contraire, elle s'affirme, ne se laisse pas marcher sur les pieds, et prend de front Séraphin. Sarah-Jeanne Labrosse aborde le rôle avec un mordant qu'on ne voyait pas chez les autres Donalda. Il faut admettre que ça fait du bien.

L'auteur Gilles Desjardins affirme que ses Pays d'en haut se rapprochent beaucoup plus de l'histoire originale de Claude-Henri Grignon et de la réalité de l'époque. Il admet n'avoir jamais aimé le personnage de Donalda tel qu'on le dépeignait dans le téléroman. Pierre Grignon, filleul du créateur, qui dit endosser complètement la nouvelle version, racontait jeudi que M.Grignon avait reçu à l'époque une lettre du cardinal Léger, l'incitant à faire de Donalda un modèle de femme dévouée. Heureusement, on n'en est plus là.

Tous les comédiens sont bons. L'Alexis de Maxime Le Flaguais est juste assez ténébreux et frondeur. Julie Le Breton est savoureuse dans le rôle de Délima, la soeur de Séraphin, qui revient pour de bon au village après plusieurs années à Montréal. Belle, bien habillée, la classe en personne, tout le contraire de son frère, qui la méprise et souhaite la voir repartir d'où elle vient. Leur père (Gaston Lepage) en voudra autrement, et l'auteur aussi, décidé à conserver ce personnage très payant, autrefois tenu par Denise Filiatrault.

Puis, il y a bien sûr Antoine Bertrand, fait pour le rôle du curé Labelle, qu'on voit tirer au poignet en ouverture du premier épisode. Colérique et impulsif, l'homme de Dieu n'a qu'une idée en tête : son chemin de fer vers le Nord, qu'il compte obtenir en appuyant la candidature d'Honoré Mercier (Jean Maheux).

Extrait de la série « LES PAYS D'EN HAUT ».

Comme on a presque rien gardé des premières saisons en noir et blanc du téléroman, on a pu avoir l'impression que Donalda a toujours été avec Séraphin. Mais ce n'est pas le cas; la jeune femme n'en a que pour son Alexis, toujours parti sur les chantiers et à qui elle écrit des lettres passionnées. On sait, hélas, que ça ne durera pas.

Au travers des drames, l'auteur laisse place à plus de légèreté chez certains personnages. Roc Lafortune en Jambe de bois est particulièrement drôle dans une scène où il explique à Donalda et au père Laloge (Julien Poulin) pourquoi il croit que Séraphin est «le démon du huitième jour», s'éclairant le visage avec une lampe pour donner plus d'effet. Vous verrez des scènes qui auraient été impossibles à l'époque. Comme cette scène de baise débridée entre les propriétaires de l'hôtel, Jos et Caroline (Claude Despins et Anne-Élisabeth Bossé), autres éléments comiques de l'histoire.

Avant même de tourner la première saison, le diffuseur en avait déjà commandé une deuxième aux producteurs François Rozon (Encore Télévision) et Sophie Deschênes (Sovimage) pour amortir les coûts de production. Les séries historiques, plus coûteuses, sont devenues rares à la télévision québécoise. Il en coûte 800000 $ par épisode pour Les pays d'en haut. En comparaison, un épisode de Ruptures revient à 500000 $.

Gilles Desjardins affirme que la richesse des personnages de Grignon pourrait lui permettre d'écrire encore pour plusieurs saisons. On se le souhaite. Curieux maintenant de voir la bataille que Les pays d'en haut livrera aux Jeunes loups, que TVA installe aussi le lundi à 21h.

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