Moi sans l'autre

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La Presse, Olivier Jean

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(Montréal) C'était la soirée de Jean Leloup. Et d'Ariane Moffatt, qui a reçu son prix de l'interprète féminine à 22h22. Précisément le titre de son album. On aurait voulu le prévoir qu'on n'y serait pas arrivé. Ce devait être aussi la soirée de Dodo, si ce n'était de cet hommage bâclé qu'on lui a réservé. Sans Denise.

Louis-José Houde, qui animait le Gala de l'ADISQ pour la 10e année dimanche, s'est acquitté de sa tâche avec brio. Si on n'avait qu'un reproche à faire sur son numéro d'ouverture, drôle du début à la fin, c'est qu'il était trop court et qu'on en aurait facilement pris le double.

Il s'est d'abord moqué des artistes qui ne préparent pas de remerciements. «Eille, freluquet, on paye 150 personnes pour te donner un prix, concocte une phrase. T'as 900 piasses de linge su'l dos, tu t'y attendais. Tu t'es fait coiffer pis t'es un gars, c'est ta soirée princesse!» Puis, sur le thème «J'vous aime, malgré...», il a aligné les petits travers des artistes. Sur ceux qui fêtent des anniversaires, comme les B.B. : «25 ans d'existence, 20 ans que ça existe pus!»

Il a poursuivi sur la mort du CD, qu'on annonce depuis 10 ans. «Ça ne meurt jamais. Comme MusiquePlus ou L'auberge du chien noir.» Il s'est ensuite payé la tête des artistes qui annoncent en grandes pompes qu'ils signent des contrats de disque en France. «La semaine d'après, ça joue à l'Escogriffe sur Saint-Denis en première partie des Moquettes coquettes.» Et puis sur Bobby Bazini : «Ça fait combien de fois qu'il est supposé de percer en France? Perce Bobby, perce!»

Sérieusement, peut-on imaginer un hommage à Dominique Michel sans Denise Filiatrault? Si elle ne pouvait pas y être, on aurait au moins pu voir des images du célèbre duo. À la place, René Simard est venu chanter, pour ne pas dire gueuler les chansons de la petite Sylvestre les unes après les autres. Aucune image d'archives, à part des photos qui défilaient dans le décor comme des diapositives. Avec un sujet en or comme Dodo, ce segment aurait dû nous émouvoir, il a seulement réussi à nous irriter. Très, très dommage.

Sans savoir qu'il allait aussi la clore dans la gloire, Jean Leloup a ouvert la soirée de façon spectaculaire avec deux chansons de son répertoire, dont la gagnante Paradis City. Grand chapeau noir et lit de roses, le roi de la soirée a électrisé la salle, dégourdie pour le reste du gala. Ça donnait le ton.

Leloup est tellement flyé et décousu dans ses remerciements qu'il ne pouvait pas être plate. Ne serait-ce que pour ces sourires et petits commentaires de Louis-José Houde après ses discours, savoureux, ça valait le coup.

Gagnant pour le Félix du spectacle, Patrice Michaud a dit ceci aux diffuseurs qui ont refusé son spectacle : «J'imagine qu'on va se voir dans un délai pas très long.» Réjouissant de voir enfin Marie-Pierre Arthur gagner un Félix. Si on compare à l'an dernier, on s'est amélioré dans les remerciements. Aucun ne pouvait s'éterniser au micro, on prenait soin de partir la musique assez rapidement. Même Isabelle Boulay a été brève.

Louis-José Houde, qui profite souvent du gala pour y aller de revendications, ne s'en est pas privé dimanche. Il a montré du doigt les radios qui demandent au CRTC d'abaisser leurs quotas de musique francophone de 65 % à 35 %. Une demande huée copieusement par la salle. Puis, il a soulevé des questions sur les services de musique en streaming comme Spotify, qui ne donnent que 2 ¢ aux artistes. «Qui a décidé que c'était légal? Trouvez-le, Billy Spotify, faites-y mal!» a-t-il dit, avant de proposer d'asseoir P-A Méthot «sur sa face».

Même amputé de 30 minutes, ce gala a fait une large part à la musique avec plusieurs prestations énergiques et réussies. Numéro explosif du trio de filles Fanny Bloom, Ariane Moffatt et Marie-Mai. Seul bémol : les numéros musicaux pourraient être moins dépouillés, plus spectaculaires visuellement, on est à la télévision tout de même.

Si la première moitié du gala roulait à un train d'enfer, la seconde commençait à s'enliser, comme si on avait tout donné au début. Dans la catégorie des moins bonnes idées, les fins de blagues de l'animateur au retour des pauses semblaient bien faire rire la salle, mais pas certain qu'elles passaient bien l'écran.

Au fait, je ne sais pas si Dodo et Denise sont en chicane. Mais si on a réussi à réconcilier Michèle Richard et Serge Laprade aux Gémeaux, ne peut-on pas en faire autant avec le duo de Moi et l'autre?

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