HISTOIRES D'UN RÉFÉRENDUM

Bernard Derome se souvient du 30 octobre 1995

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Bernard Derome à l'écran, le soir du 30 octobre 1995

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(Montréal) «À 22h20, heure de l'Est, Radio-Canada prévoit, si la tendance du vote se maintient, que l'option du Non remportera ce référendum.» Personne n'a oublié la voix de Bernard Derome prononçant ces mots, cruels pour les uns, victorieux pour les autres, le soir du 30 octobre 1995. Personne n'a oublié non plus cet écran divisé en deux, avec d'un côté, des visages défaits, en larmes, et de l'autre, ces faces réjouies parmi une marée de drapeaux rouges.

Bernard Derome se dit privilégié d'avoir pris part... (La Presse, Robert Skinner) - image 1.0

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Bernard Derome se dit privilégié d'avoir pris part à un moment historique, lors d'une soirée où la tension était à son comble.

La Presse, Robert Skinner

Bernard Derome, qui se dit privilégié d'avoir pris part à ce moment historique, parle d'une soirée où la tension était à son comble. «Nous étions dans le grand studio de la Cité du Havre. Je n'oublierai jamais les minutes avant d'aller en ondes, avec Jean-François Lépine. Il y avait un silence de mort, on pouvait entendre une mouche voler», a-t-il confié au Soleil. Toute l'équipe était plus nerveuse qu'à l'habitude. «Les journalistes savaient que c'était une question délicate. Une pelure de banane est si vite arrivée.»

On se souvient aussi des mots réconfortants qu'avait eus le chef d'antenne pour les partisans du Oui, qui voyaient leur rêve leur échapper. «J'ai toujours beaucoup de compassion pour les perdants. Tous les gens qui décident de se présenter ont un petit espoir de se faire élire. Quand la défaite arrive, c'est brutal. Si le Non avait perdu, j'aurais eu autant de compassion», dit-il.

Avec Parizeau à L'Ancienne-Lorette

Quelques jours avant le référendum, Bernard Derome se souvient avoir accompagné Jacques Parizeau en avion, pour se rendre à L'Ancienne-Lorette. Le premier ministre avait alors tâté le pouls de la région auprès de deux électeurs à l'aéroport. «Ça sent pas mal le Non», leur avaient-ils répondu. «Nous avions eu un premier indice. Les deux personnes qui nous avaient parlé avaient raison», affirme M. Derome.

Comme tout le monde, il a sursauté en entendant Jacques Parizeau faire sa fameuse déclaration sur «l'argent et des votes ethniques». «Ça arrive comme une claque sur la gueule. Il fallait voir la tête de [Lucien] Bouchard et celle de sa femme Audrey [Best].» Il se souvient aussi de la réaction des deux représentants politiques à ses côtés sur le plateau, Jean-Roch Boivin pour le Oui et Marc-Yvan Côté pour le Non, tout aussi éberlués. «Je vois encore Boivin me faire signe, en faisant une croix sur sa bouche avec son index, parce qu'il ne voulait pas dire un mot là-

dessus. Il était très mal à l'aise. Même chose pour Marc-Yvan Côté, qui ne voulait pas plus commenter.»

Malgré le taux d'émotivité extrême tout au long de la soirée, Bernard Derome n'a pas eu plus de difficulté à rester neutre et à ne pas afficher son option. «Il faut être professionnel, on fait notre métier. Nous avons des responsabilités.» Le nouveau morning man de Radio-classique, qui complète ces jours-ci un documentaire sur l'identité québécoise prévu pour décembre à Télé-Québec, ne croit pas que l'option souverainiste soit morte, même si elle n'est pas forte. «Ça continue de diviser les familles et d'interpeller les gens. Ça fait 20 ans qu'on parle de la possibilité d'en faire un troisième.»

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