Docteurs ou héros?

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Les héros que vous verrez dans «De garde 24/7», le nouveau docu-vérité de Télé-Québec qui commence lundi à 19h30, vous redonneront confiance en la nature humaine.

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(Québec) On a toujours besoin de héros. Ceux que vous verrez dans De garde 24/7, le nouveau docuvérité de Télé-Québec qui commence lundi à 19h30, vous redonneront confiance en la nature humaine. Des êtres imparfaits mais dévoués qui jonglent chaque jour avec des choix aux conséquences potentiellement dramatiques.

Tournée à l'hôpital Charles-Lemoyne à Greenfield Park, sur la Rive-Sud de Montréal, la série de 12 épisodes de 30 minutes a épié avec respect et dignité le travail de médecins de plusieurs départements. On les voit composer avec le stress, devoir prendre des décisions majeures en peu de temps, en plus de superviser des résidants.

Bien qu'elle ne soit pas représentative des horreurs qu'on entend sur notre système de santé, De garde 24/7 vous réconciliera avec le milieu hospitalier. Je dirais même que c'est rassurant de voir un personnel si passionné. Vous allez dire, c'est de la télé. En effet, mais de la bonne télé. Avec de vrais patients, de vraies maladies, une dose intense de suspense, de l'émotion à la pelle, des personnages qui inspirent confiance.

Le directeur de la programmation de Télé-Québec, Denis Dubois, l'admet d'emblée : «On ne souhaitait pas faire le procès de notre système hospitalier. La série ne porte pas là-dessus mais sur l'humanisme des médecins», explique-t-il. Mais on remarque bien, à travers le travail de ces héros, le manque de ressources criant.

Les médecins n'avaient-ils donc aucun inconfort à travailler en présence de caméras? Malgré certaines réserves au départ, ceux de Charles-Lemoyne n'ont pas accepté de faire entrer l'équipe de tournage à moitié. Ils en donnent beaucoup à la caméra, exposent jusqu'à leur vulnérabilité dans les moments de doute. Dire qu'ils n'étaient jamais dérangés par les caméras serait mentir. Mais ils finissaient par les oublier, absorbés par leur travail.

Ils ont toutefois été les premiers surpris de voir 9 patients sur

10 accepter d'être filmés avant, pendant et après les interventions. Avec l'accord de la famille, le Dr Michaël Bensoussan a même annoncé à une patiente qu'elle souffrait d'un cancer, devant les caméras. «Ces gens étaient contents de pouvoir témoigner de ce qui leur arrivait. Ce sont des moments intimes, graves mais captés sans aucune forme de voyeurisme», considère le gastro-entérologue.

Chaque épisode regroupe des cas médicaux sur un même thème. Dans le premier, intitulé Profession médecin, la tension monte rapidement lorsque la Dre Christine Alexander, gynéco-obstétricienne, doit interrompre une opération pour répondre à une urgence : un accouchement qui tourne mal. Quand le bébé naît, aucun cri. Il est en arrêt respiratoire. Encore là, on retient son souffle. Une expérience éprouvante pour la jeune médecin, incapable de réprimer ses sanglots.

Le deuxième épisode, particulièrement prenant, porte sur les risques de complications. Un Trauma de la vraie vie. Alors qu'il croit procéder à une opération qu'il maîtrise assez bien, le Dr Karl Fournier, chirurgien orthopédique et chef du département d'orthopédie, voit un de ses patients se vider de son sang, une situation complètement inhabituelle. Dans son visage et son ton de voix, on sent une certaine angoisse et l'incompréhension, au fur et à mesure que les bouteilles se remplissent à une vitesse vertigineuse. «On va le perdre.» Je ne vous dirai pas ce qui arrive, mais votre sang ne fera qu'un tour. Le cauchemar.

Pour maintenir l'intérêt, il fallait des personnages forts, et c'est le cas. Pas des experts ennuyants et au discours assommant. Vous vous prendrez d'affection pour le Dr Laurent Boisvert, urgentologue et chef du département de l'urgence, en maîtrise, drôle, réconfortant.

Extrêmement efficace, le réalisateur François Méthé a accompli un travail colossal, accumulant 400 heures de matériel tournées sur quatre mois. «J'étais surpris qu'on ne nous foute pas dehors», dit-il en repensant à un des premiers tournages en salle d'opération, durant un moment crucial. «Vous ne faites pas partie du problème», l'a rassuré un médecin. Vite rassurés par les méthodes de l'équipe d'Avanti Ciné Vidéo, les docteurs y ont trouvé la plus belle occasion de démystifier leur travail, d'en dévoiler ses côtés sombres comme ses aspects les plus lumineux.

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