Comment tuer Les chefs!

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La formule par équipes ne permet pas de connaître et de s'attacher aux aspirants-chefs. Il a fallu attendre à la cinquième émission pour voir des plats vraiment appétissants, tant les participants sont coincés dans le temps.

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(Québec) J'essaie de comprendre. Comprendre comment on a pu gâcher de façon aussi spectaculaire une recette qui réunissait pourtant tous les meilleurs ingrédients. Je ne reconnais plus mes Chefs! du lundi soir, et j'enrage de voir ce qu'on en a fait dans cette nouvelle mouture, Les chefs! - La brigade, ma grande déception de l'été.

Rien n'a de sens dans cette formule par équipes. À commencer par les juges Stéphane Modat et Anne Desjardins, qui n'auraient jamais dû franchir l'étape de l'audition. À défaut d'avoir ne serait-ce qu'un peu de charisme, ceux-ci transpirent d'une condescendance et d'un mépris qui n'ont pas leur place aux Chefs! On ne demande surtout pas aux juges d'être complaisants, et leurs prédécesseurs ne l'étaient pas, mais on sentait au moins chez Boulay, Vari et Laprise ce désir de transmettre leur savoir aux aspirants et une empathie certaine. S'il n'en tenait qu'à moi, Modat et Desjardins auraient été les premiers éliminés de cette compétition.

Après six émissions sur ICI Radio-Canada Télé, il est manifeste que le choix des producteurs d'avoir fait table rase du concept original ne donne pas les résultats escomptés. La présence de Daniel Vézina, à titre de grand frère des aspirants-chefs, manque cruellement à cette nouvelle formule. Demander à Chantal Fontaine de remplacer à la fois Élyse Marquis et le chef mentor n'était pas l'idée du siècle. Pourtant sympathique, la restauratrice affiche ici une froideur qui contamine l'ambiance. Lundi dernier, elle s'est même amusée du fait que les participants ne puissent pas faire braiser leurs endives. Le seul moment où elle se montre plus chaleureuse, c'est pour témoigner un peu de gratitude au perdant. Trop peu, trop tard.

En plus de placer deux équipes inégales en nombre l'une contre l'autre, il est absolument injuste de remettre le prix de 1500 $ uniquement au chef de brigade, alors que ses comparses sont partie prenante de la victoire de l'équipe. Qu'on ait fourni à une des deux équipes une huître avariée, ne serait-ce qu'une, relève d'un manque de jugement flagrant de la part de la production. Stéphane Modat a trouvé le moyen de reprocher à l'équipe d'avoir jeté le plat au risque qu'il soit contaminé, la seule bonne décision à prendre dans les circonstances.

Ceux qui aimaient Les chefs! - et nous étions nombreux - n'ont jamais suivi l'émission pour y voir des participants s'entretuer. Il y a toujours eu des tensions aux Chefs!, mais jamais comme cette saison, où on semble les encourager. L'effet aurait pu apporter un peu de mordant au concept; il laisse plutôt un goût très amer aux convives. La fierté du dépassement et l'esprit de camaraderie ont toujours été les points forts de cette émission. Impensable qu'on ait voulu évacuer ces éléments.

La formule par équipes ne permet pas de connaître et de s'attacher aux aspirants-chefs. Il a fallu attendre à la cinquième émission pour voir des plats vraiment appétissants, tant les participants sont coincés dans le temps. Je garderai l'image de ce fondant au Riopelle dégoulinant, le pire plat des Noirs. Aucun aspirant n'a encore su s'imposer réellement. On se souviendra de Yacir, mais pas nécessairement pour ses talents culinaires.

L'émission de lundi dernier a culminé avec le défi ultime le plus ridicule de l'histoire des Chefs! : cuisiner une crêpe, un caramel et une crème Chantilly fouettée à la main (!) en seulement 12 minutes. Pas besoin d'avoir une once de talent en cuisine pour prédire que personne n'allait réussir ce défi absurde. «Et dire qu'on avait parlé de la propreté du poste!» s'est plainte ensuite Anne Desjardins. Condescendance, quand tu nous tiens.

La réaction des amoureux de l'émission a été sans pitié depuis le début de la saison, sur les réseaux sociaux. On voit aussi le mécontentement dans les cotes d'écoute, qui ont dégringolé. D'une moyenne de 838 000 l'an dernier, les assidus ne sont plus que 595 000 à la suivre en direct. Faut le faire. Et l'usure du temps n'a rien à voir là-dedans.

Après l'édition de la revanche, aurait-on dû revenir à la formule originale avec de nouveaux aspirants-chefs? Il est peut-être déjà trop tard pour se poser la question, tant la production semble avoir tout fait pour bousiller son succès, et il serait dommage que Québec perde ce tournage annuel. Un message à l'équipe : il est impératif de ramener Nancy Charest, productrice aguerrie éliminée avec les autres, l'âme de ce concept, à qui l'émission devait une grande part de son succès. Ensuite, c'est terminé, on ne touche plus à rien!

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