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Joël Legendre: l'heure de la rédemption

Pour Joël Legendre, il n'est plus question de... (Photo fournie par ICI Radio-Canada télé)

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Pour Joël Legendre, il n'est plus question de prolonger indéfiniment le purgatoire qu'il s'est imposé et que nécessitait l'ampleur de l'affaire.

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(Montréal) Joël Legendre aura-t-il réussi à laver sa réputation souillée par l'acte indécent qui lui a coûté les trois derniers mois de sa vie professionnelle? L'avenir le dira. Mais hier soir, en répondant aux questions de Pénélope McQuade et Jean-Luc Mongrain, sur ICI Radio-Canada Télé, celui que plusieurs estimaient «fini» a clairement voulu clore ce chapitre peu glorieux de sa carrière et mettre tout ça derrière lui.

L'entrevue, la première et dernière qu'accordera Joël Legendre sur cette affaire, n'avait rien de léger. À plusieurs moments, l'artiste a dû réprimer ses sanglots en décrivant les douloureux jours qui ont suivi la publication de la nouvelle en mars dernier. «C'est l'horreur. C'est toujours hésiter entre est-ce que la vie vaut la peine d'être vécue ou si cette souffrance que je vis est trop forte. Est-ce que je mets fin à cette vie-là?» Oui, il a pensé au suicide, mais la seule pensée d'abandonner sa famille, son fils qui avait lui-même été abandonné à la naissance, l'a gardé en vie.

Plusieurs craignaient une entrevue complaisante, mais ce ne fut pas le cas. Le tandem d'animateurs a posé «les vraies questions», souvent très personnelles. Valait mieux tout dire. D'abord, pourquoi avoir menti lorsque la journaliste du Journal de Montréal l'a interrogé à la sortie de la station de radio? Parce qu'il voulait protéger sa famille et éviter que l'histoire vienne aux oreilles de ses enfants, assis dans la voiture avec lui. Surtout Lambert, en âge de comprendre. Résilient et ne souhaitant pas être marginalisé par le geste qu'avait posé son père, le garçon a insisté pour continuer d'aller à l'école. Heureusement, il n'a pas été harcelé à ce sujet par ses camarades, a assuré son père.

Joël Legendre affirme ne pas avoir pris les trois derniers mois pour «se punir», mais bien pour «se reconstruire». Il a suivi une thérapie à raison de trois heures de consultation par jour, afin de comprendre son geste et «laisser mourir l'ancien Joël». «Pourquoi un gars est amené à poser ce geste-là?» lui a demandé Mongrain, avouant sa totale incompréhension. Une sorte d'échappatoire à cette vie parfaite, a répondu Legendre, alors qu'il a été habitué toute son enfance à subir l'humiliation à l'école. Un suicide professionnel et personnel. «Après chaque moment de lumière, l'ombre réclame son dû», lui a dit un thérapeute. «Un être humain est un être humain et j'ai failli.»

Reprendre ses activités

L'artiste acceptait aussi de répondre aux questions hier pour se permettre de reprendre ses activités professionnelles. Pas dans un an, pas dans six mois, mais là, maintenant. Pas question de prolonger indéfiniment le purgatoire qu'il s'est imposé et que nécessitait l'ampleur de l'affaire. Il assure notamment la mise en scène et la direction artistique du défilé de la Fête nationale à Montréal, et il souhaite revenir parmi l'équipe du Bye Bye, conscient qu'on ne pourra éviter «le» sujet. «Connaissant Louis Morissette, je pense que je vais être dans le sketch», a-t-il blagué, dans un rare moment de rigolade.

Le comédien s'est mis à pleurer plusieurs fois mais affichait aussi l'assurance du survivant, et la fierté d'avoir éclairci les raisons de son geste. Loin des projecteurs, il tente de retrouver l'estime de lui-même. «Je ne suis pas ici pour faire pitié», a-t-il dit à Jean-Luc Mongrain qui se demandait si on en aurait parlé autant s'il avait été hétérosexuel. En septembre et mars, il a cru à la pensée magique, cru que la nouvelle ne sortirait peut-être jamais. «L'inconscient est capable de patcher bien des choses», dit-il. Bien sûr, il se sent coupable d'avoir fait vivre un tel enfer aux siens. «J'ai le conjoint le plus merveilleux du monde», a-t-il dit.

Jean-Luc Mongrain était particulièrement en forme hier soir. Quand Gilles Duceppe s'est présenté plus tard sur le plateau, il ne lui a pas fait de cadeaux, associant son retour à «la ligue du vieux poêle». «J'ai le même âge que Hillary Clinton», a rétorqué celui qui effectue un retour au Bloc québécois, se disant même plus en forme que la candidate à la présidence.

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