Le trône de fer: carnage oui, viol non

Jon Snow (photo), Tyrion, Cersei et Daenerys sont... (Photo fournie par Super Écran)

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Jon Snow (photo), Tyrion, Cersei et Daenerys sont de nouveau au rendez-vous de la cinquième saison du Trône de fer, qui sera présentée en français dès jeudi à Super Écran 4. La saison originale en anglais sur HBO se termine quant à elle dimanche soir.

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(Montréal) Le viol est un sujet sensible chez les téléspectateurs, et c'est universel. Les auteurs de 19-2 en ont eu une démonstration cet hiver, ceux de Downton Abbey aussi l'an dernier. Chaque fois, des voix s'élèvent pour dénoncer un tel choix de scénario. «Pas nécessaire de tout voir», s'indignent les détracteurs.

Ce dont on a parlé le plus durant la cinquième saison de Game of Thrones (Le trône de fer), qui prend fin dimanche à 21h sur HBO Canada et commence en français jeudi à 21h à Super Écran 4? La fuite des quatre premiers épisodes sur Internet, oui, mais surtout les dernières minutes du sixième épisode, la goutte qui a fait déborder le vase de la tolérance aux scènes violentes. Bien qu'ils aient déjà assisté à pire, comme le mariage sanglant de la troisième saison, et pardonné l'élimination cruelle de personnages majeurs, les fans ont été nombreux à dénoncer la brutalité de cette scène de viol, assez horrifiante merci, qui n'était même pas dans le roman. Ils accusent les scénaristes de travestir l'oeuvre originale en série misogyne.

Dans Entertainment Weekly, l'auteur des romans, George R.R. Martin, s'est porté à la défense des choix des scénaristes. Dans son livre à lui, on ne peut pas parler de la guerre en occultant la violence sexuelle et l'inégalité des sexes. «Le viol, malheureusement, fait toujours partie de la guerre», a-t-il dit au magazine américain.

Doit-on pour autant montrer les moindres détails d'un viol? La scène de 19-2 n'était certainement pas agréable à voir, mais témoignait de toute l'horreur du geste. Un choix éditorial de dénonciation, pas d'encouragement, encore moins de glorification. Imaginer le pire est une chose, le voir dans ses moindres détails a plus d'effet.

Maintenant, si vous me demandez si je trouve Le trône de fer trop violente à mon goût à moi, ma réponse est oui, même si je m'en accommode en baissant souvent les yeux. C'est aussi un art de traduire la violence d'une situation en ne la montrant pas. Les producteurs optent plutôt pour la réalité crue, entière, sans filtre, sans compromis, sans dosage. Et c'est non négociable.

J'ai découvert Le trône de fer sur le tard, en enfilant les quatre premières saisons en rafale durant les Fêtes. Mon aversion profonde pour le médiéval et les histoires de fantasy m'ont fait résister longtemps. Or, George R. R. Martin a créé des personnages qui dépassent cet univers et de puissantes intrigues. J'ai alors saisi le phénomène, la ferveur des fanatiques pour cette oeuvre colossale, et j'en suis désormais accro.

Quelques indices prudents sur la cinquième saison, qui commence jeudi en français - les retardataires devraient sauter ce paragraphe -, et dont le doublage est impeccable, il faut le dire. Un peu de patience pour les fans comme moi de Tyrion Lannister, trop peu présent dans les premiers épisodes, en exil avec l'eunuque Varys, après l'assassinat de son père. Plus amère que jamais, sa chère soeur Cersei ne sera pas satisfaite tant qu'elle ne le verra pas mort. Daenerys n'a pas seulement perdu le contrôle de ses dragons, mais aussi de ses sujets, qui lui feront payer cher l'une de ses décisions. Et Jon Snow? Le brave homme gagne en confiance et monte en grade.

Il faut souligner la rapidité avec laquelle Super Écran diffuse la version française, avec à peine 10 semaines de décalage. Même la France, qui double pourtant la série, n'a pas ce privilège. On est loin des chaînes généralistes, qui prennent souvent deux, trois, quatre ans à nous relayer des séries que les Français ont vues depuis belle lurette.

La télé québécoise fait jeûne de séries de fiction originales durant l'été, mais la télé étrangère, elle, ne prend pas congé. Les séries que je surveillerai durant la belle saison : Orange Is the New Black, sur Netflix depuis vendredi, mais dont la version française n'est plus doublée au Québec, hélas; Masters of Sex, mon bijou, de retour sur Showcase le 12 juillet pour une troisième saison, et dont la première en français est maintenant accessible à Super Écran sur demande; et True Detective, dont le casting est entièrement renouvelé pour la deuxième saison, sur HBO Canada dès le dimanche 21 juin à 21h et en français à l'automne à Super Écran.

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