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Keith Kouna et l'univers de Schubert: métissage réussi

Entre les mains du personnage d'alcoolique interprété par... (Photo Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Entre les mains du personnage d'alcoolique interprété par Keith Kouna, le réfrigérateur sert de cachette à un ours, de promontoire ou de refuge au poète maudit, en plus de le ravitailler en bière.

Photo Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) Quand il a lancé, il y a un peu plus d'un an, son livre-disque Le voyage d'hiver, qui apposait sa poésie sur la musique du dernier cycle de 24 lieder pour piano et voix Winterreise de Franz Schubert, Keith Kouna avait agencé de belle façon son spleen à celui du compositeur autrichien. Mercredi, à la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec, il a littéralement donné vie à l'oeuvre jaillie de ce métissage réussi.

Encore plus ambitieuse que l'album, la production de 75 minutes qui met en scène, aux côtés d'un Keith Kouna sans lunettes, 10 musiciens et une danseuse, prend des allures d'opéra urbain. Côté jardin, un pianiste, un guitariste et un batteur et côté cour, un trio à cordes, une clarinette, un tuba, un trombone.

Au milieu de tout ça, Kouna et la danseuse Maryse Damecourt évoluent dans un décor aride dont font partie un lit, une paire de bottes d'hiver, un pupitre, un réfrigérateur et des arbres décharnés. 

À travers 24 tableaux représentés par autant de poèmes mis en musique, l'artiste nous montre un homme qui soigne sa dépression saisonnière à grandes gorgées de bière et ses chagrins d'amour par le sexe. Intéressant tout de même que l'oeuvre soit présentée pour la première fois durant l'un des hivers les plus mordants au Québec et quelques jours à peine après la sortie du film Cinquante nuances de Grey...

Le personnage d'alcoolique interprété par Kouna subit l'hiver, boit, rêve, baise avec sa compagne et se laisse aller à ses délires. Entre ses mains, le drap du lit devient la cape d'un capitaine et le tablier d'un cuisinier alors que le réfrigérateur sert de cachette à un ours, de promontoire ou de refuge au poète maudit en plus de le ravitailler en bière.

Musicalement, les musiciens assurent, tant le guitariste et le batteur dans les aspects plus rock que le pianiste et le reste de l'orchestre dans le rendu de l'oeuvre de Schubert. Quant à Damecourt, elle oppose sa grâce à la poésie parfois crue de Kouna, y prêtant même ses lèvres sur Romances et désirs dont elle mime les paroles, éclairée par un projecteur alors que Kouna, dans la pénombre et adossé au réfrigérateur, les récite. 

Les musiciens surprennent également quand ils se lèvent et se rendent à l'arrière de la scène en milieu de parcours pour devenir un groupe a capella sur l'entraînante Le sexe, petit moment plutôt humoristique dans une oeuvre qui respire dans son ensemble une grande mélancolie.

Le public présent à ce soir de première au Grand Théâtre a grandement apprécié la production, ovationnant longuement Kouna. Le chanteur de Québec semblait ému, revenant trois fois sur scène pour remercier les spectateurs. Ceux qui auraient manqué ce périple à travers les glaces et la froidure de Kouna et Schubert pourront se reprendre ce soir, alors qu'une seconde représentation aura lieu.

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