La guerre des tuques: jeux d'adultes

L'adaptation théâtrale délirante que Fabien Cloutier a concoctée... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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L'adaptation théâtrale délirante que Fabien Cloutier a concoctée il y a deux ans fonctionne toujours aussi bien.

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Québec, dans un futur pas si lointain. Le rocher Percé (et ses 134 habitants) vient d'être détruit par un tsunami. Baie-Comeau a été rayée de la carte, et les États-Unis ont régressé à l'état de pays sous-développé.

Dans ce Québec postapocalyptique, tout tourne un peu étrangement. Une chienne saint-bernard, Cléo, se met en frais de nous raconter une histoire. C'est que son maître, Pierre, la néglige pas mal depuis qu'il a un bébé! Elle introduit tour à tour François «les lunettes», Chabot, Ti-Jacques et Luc Chicoine, avec son clairon. Ça commence à sonner une cloche? Les têtes d'affiche de La guerre des tuques, le film-culte réalisé par André Mélançon, le premier de la série Contes pour tous, sont bien là.

Mais mal nous en prendrait de vouloir se «réchauffer la nostalgie», comme le dit si bien Cléo. Car les personnages ne sont plus tout à fait les mêmes... Ils sont devenus adultes, mais ça n'enlève pas à Luc l'envie de faire la guerre, parce qu'il n'y a rien de mieux à faire.

L'adaptation théâtrale délirante que Fabien Cloutier a concoctée il y a deux ans, avec le Théâtre Sous Zéro, fonctionne toujours aussi bien. Chose certaine, le plaisir que j'avais éprouvé à l'époque a été tout à fait renouvelé, jeudi, au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ).

Déjà, la formule du Théâtre Sous Zéro, qui place les spectateurs bien au chaud dans un auditorium, pendant que les acteurs jouent au grand froid, dans la vraie neige, a un charme unique. Évidemment, la vision n'est pas parfaite en tout temps, à cause des montants des grandes fenêtres, mais juste pour le plaisir et le réalisme que ça donne à la proposition, on imagine mal que le projet ait pu prendre naissance ailleurs que dans cet environnement naturel. La bonne sonorisation aide aussi à la réussite.

Chapeau aux interprètes, qui, dans des conditions pas évidentes, réussissent chacun à leur façon à réinventer les personnages iconiques - avec un coup de coeur pour Joëlle Bourdon en François «les lunettes» et Maxime Perron en Ti-Guy La Lune, devenu un genre de chaman absurde.

Au-delà de la particularité physique de la mise en scène, c'est surtout l'irrésistible et décapante plume de Cloutier qui donne à l'ensemble la touche magique qui l'éloigne d'une plate adaptation d'un classique ayant bercé l'enfance de toute une génération. Il y a juste assez de repères venant de l'original - citations, scènes clés, clins d'oeil musicaux - pour qu'on sente l'hommage, et juste assez d'irrévérence pour que l'adulte et l'enfant en nous soient contentés. Le genre de plaisir qui fait du bien au plus creux de l'hiver.

La pièce La guerre des tuques est présentée jusqu'au 8 février à l'auditorium du Musée national des beaux-arts du Québec.

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