Le «K» Buster: la mélancolie des battants

Le trio composé de Charles-Étienne Beaulne, Raphaël Posadas... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Le trio composé de Charles-Étienne Beaulne, Raphaël Posadas et Danièle Simon enchaîne les numéros muets et les sketchs grotesques avec humour et aisance.

Le Soleil, Steve Deschênes

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(Québec) Il y a un fil intangible et magique qui traverse Le «K» Buster, cette heureuse rencontre entre deux destins traversés par les drames, mais propulsés par une confiance indéfectible. Malgré quelques accrocs, la recréation au Périscope, cinq ans après celle à Premier Acte, charme autant, sinon davantage, que l'original.

Nous entrons dans la vie de «Buster» Keaton, l'enfant incassable, l'acteur muet, le cascadeur à la dégaine de pierre. Et dans celle de Francis, un acteur atteint d'un mal fantôme, contre lequel son corps se débat. Tous deux sont joués par Raphaël Posadas, qui signe aussi le texte et la mise en scène.

Houdini, Chaplin et Lloyd (et leurs «sosies» en sarrau blanc), personnages secondaires de la vie de Keaton, mais personnages principaux du début des années 1900 dans la mémoire collective, sont incarnés par Charles-Étienne Beaulne. Danièle Simon incarne quant à elle tous les personnages féminins.

Le trio enchaîne les numéros muets et les sketchs grotesques avec humour et aisance. Le rythme est un peu lent, à l'image des films en noir et blanc, et les gags sont désuets, mais pleins de charme. C'est la poésie, davantage que le comique des chorégraphies comiques, qui nous marque.

Le jeu d'acteur se gâte parfois dans les scènes parlées. La projection de la voix fait parfois défaut, ici et là un mot accroche dans la bouche de Beaulne - nervosité de première, sans doute - et certaines répliques sont dissonantes, comme si les interprètes ne savaient pas sur quel ton les poser. Mais la pièce est ponctuée de sublimes petites phrases parfaites, de celles qui vous restent en tête en sortant de la salle et qui vous font tout pardonner.

Musique

Et il y a cette musique, ample, qui enveloppe complètement tout ce qui se passe sur la scène noire et blanche. Josué Beaucage a réussi à tisser ensemble de multiples couches sonores, qui tantôt semblent provenir directement des ingénieux éléments de décor de Julie Lévesque, et tantôt tombent sur l'assistance comme une pluie de sons parfaitement tempérés.

Les jeux tout simples, mais très efficaces avec les accessoires témoignent de l'agilité et de l'inventivité des concepteurs. Des mains agitées devant un projecteur reproduisent l'effet du cinématographe, des scènes presque clownesques naissent d'un simple bout de tissu, d'un chapeau, d'une canne...

Dans une magistrale scène finale, tout s'amalgame; objets, musique, poésie et émotion, tendresse et résilience, espoir et mélancolie. Le voyage s'achève en beauté.

Le «K» Buster est présenté jusqu'au 9 février au Périscope.

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