Le K Buster: histoires de contrastes

Le K Buster revient sur les planches du... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le K Buster revient sur les planches du Périscope, cinq ans après la création de la pièce à Premier Acte. La scénographe Julie Lévesque et le concepteur sonore Josué Beaucage ont décidé de garder les mêmes éléments de décor et de créer une bulle, avec l'éclairage, dans une immense boîte noire, sans habillage de scène.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) La façade de briques qui s'effondre sur Gérald Tremblay à la fin du pastiche de film muet dans le Bye bye vous disait-elle quelque chose? Il s'agit d'un hommage à Steamboat Bill Jr, réalisé en 1928 par Buster Keaton. Le superhéros stoïque et quasi oublié du cinéma sans paroles renaît dès demain dans Le K Buster sur les planches du Périscope, cinq ans après la création de la pièce à Premier Acte.

«Ça a maturé, les choses ont bougé, nécessairement», commence la scénographe Julie Lévesque, moitié «79» de la compagnie 7981 Théâtre. L'autre moitié, «81», c'est Raphaël Posadas, qui signe le texte et la mise en scène du spectacle, en plus d'y jouer.

Si nous avons choisi d'inviter Julie Lévesque, ainsi que le concepteur sonore Josué Beaucage, à nous parler du spectacle, c'est que Le K Buster est fait de mots, mais surtout de sons et d'images.

Au côté de Posadas, on trouvera de nouveaux interprètes, Danièle Simon et Charles-Étienne Beaulne. Mais autour d'eux, ce seront les mêmes accessoires minimalistes, en noir et blanc, barbouillés de craie et parfois illuminés par des images d'archives de Keaton.

«On a décidé de garder les mêmes éléments de décor et de créer une bulle, avec l'éclairage, dans une immense boîte noire, sans habillage de scène. C'est aussi un clin d'oeil au plateau de tournage», explique la scénographe.

La pièce a un côté «noir», qui comprend des numéros burlesques et des pans de vie de Keaton, et un côté «blanc», où l'on retrouve Francis, un comédien passionné de Keaton, cloué dans un lit d'hôpital par une sarcoïdose. Le gros du travail de recréation a consisté à mieux définir les contrastes entre les deux côtés.

«Le côté hôpital est plus froid, mécanique, clinique, alors que le côté spectacle est plus chaud, plus physique», indique Julie Lévesque, toujours impressionnée par les films de Buster Keaton, qui a été éclipsé par Charlie Chaplin et Harold Lloyd dans la mémoire collective.

«C'est un homme de fer, incassable. Je regarde ses films aujourd'hui et ça m'impressionne encore, même si on a tout le 3D. Le déroulement de ses cascades était hallucinant», explique-t-elle. Renverser un train, se propulser dans une voiture, voler attaché à un ballon... «Ça demandait des calculs d'ingénierie. C'est réel, sans trucage, sans montage», appuie Beaucage.

Brass et Breizh

Retravailler, avec cinq ans de recul, la pièce qui vous a fait un nom au théâtre professionnel est un cadeau que peu de créateurs reçoivent. «Aller en studio avec un peu de budget, ça me faitréaliser que j'avais fait la conception sonore vraiment à la course en 2008. C'était plus figé, c'était de faux instruments et ça paraissait. Maintenant, ça vit plus», raconte Josué Beaucage.

Il a construit les effets sonores du côté «noir» en s'inspirant de musiques de cirque et de films muets, en mettant à contribution des musiciens de fanfare. «Il y a beaucoup de brass, mais aussi une section lyrique. On entend du tuba, du trombone, du saxophone, de la clarinette, de la flûte, de la grosse caisse, du violon, de la contrebasse.»

Son côté blanc est plus moderne, et utilise une pièce remixée de son groupe Who Are You, The Plant Means Now, qu'on retrouve sur l'album Breizh. «Je n'étais pas certain. J'avais l'impression que la voix chantée prenait beaucoup de place, qu'une chanson pop ne convenait pas nécessairement au milieu d'une pièce de théâtre», indique Beaucage, qui a, finalement, reçu tellement de demandes de spectateurs pour obtenir la bande sonore qu'il a décidé de la mettre en vente sur le site bandcamp.com après les représentations.

Le K Buster est pour l'instant la seule oeuvre achevée du 7981 théâtre, qui est en résidence à Premier Acte toute l'année pour plancher sur le projet LHIV, les hautes instances de la vie, avec la danseuse Ariane Voineau, Raphaël Posadas et le musicien Samuel Murdock. La compagnie sera également en résidence au Périscope en mars pour travailler sur Sur un air de jazz acheté dans une station-service de seconde zone, avec des artistes de France, de Belgique et du Burkina Faso.

Vous voulez y aller?

Quoi : Le K Buster

Qui : 7981 théâtre

Quand : dès demain et jusqu'au 9 février

Où : Périscope

Billet : 23 $ à 33 $

Téléphone : 418 529-2183

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