Petits plaisirs féminins dans Charme, à Premier Acte

Le comédien François-Édouard Bernier et Joëlle Bond nous... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le comédien François-Édouard Bernier et Joëlle Bond nous accueillent dans leur «cabinet de curiosités rétro».

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Charme sera drôle et réconfortant, nous assure l'équipe du Petit luxe, mais ce sera aussi un joli miroir des préoccupations et des plaisirs féminins, des années 60 à aujourd'hui. L'auteure et metteure en scène Joëlle Bond et le comédien François-Édouard Bernier nous accueillent dans leur «cabinet de curiosités rétro».

Un jeu de Yum, de vieilles valises, une Sainte Vierge, des plats à bonbons, des robes, un chien portant l'inscription et le logo de Niagara Falls, un réfrigérateur jouet en métal... l'immense étagère qui servira de décor à la pièce regorge de trouvailles. L'un des objets, toutefois, est plus précieux que les autres : un livre rose, usé, orné de motifs adorables et intitulé Charme, a servi d'étincelle pour le premier projet d'écriture de Joëlle Bond.

Le premier, oui, puisque même si elle a présenté Le cardigan de Gloria Esteban à Premier Acte en 2010, Charme lui a valu la bourse Première oeuvre en 2009.

«Le texte est un peu chargé. Disons que je suis pas allée dans l'économie, avertit Joëlle Bond, qui adore les grandes fresques familiales. C'est sur notre rapport au beau, au superficiel, et sur ce qu'on se passe de mère en fille, l'héritage.»

Nous suivrons d'abord Line (jouée par Sophie Thibeault), femme et mère au foyer en 1966, qui caresse l'espoir de devenir une vedette. Pour s'approcher de son rêve, elle s'inscrit à des cours de personnalité féminine. Elle se mettra à fantasmer sur son professeur, joué par Bernier, dont le texte est fortement tiré du fameux livre Charme.

«Il s'y dit de jolies aberrations», commente l'acteur, qui travaille à Montréal depuis sa sortie du conservatoire de Québec en 2007, et jouera dans le iShow à l'Usine C en février. On y apprend comment laisser un homme mener la conversation vers des sujets qui le mettront en valeur - «mais parlez aussi, vous n'êtes pas une momie», récite Bernier, pour nous donner un aperçu - et comment conjuguer les couleurs d'une toilette - «mais sans abuser, vous n'êtes pas un jardin», ajoute l'acteur d'une voix savoureusement condescendante.

«Il y a des passages hilarants, mais ça nous fait aussi réaliser que certaines choses n'ont pas bougé. On a beau penser qu'on est libéré du culte de l'apparence, encore aujourd'hui, personne n'y échappe vraiment», observe Joëlle Bond, qui a fait des plaisirs coupables l'un de ses thèmes de prédilection.

Mais tout n'est pas rose... Pendant que Line rêve, sa fille Carmelle (Ann-Sophie Archer) écope. Tant et si bien qu'une fois adulte, elle couvrira sa propre fille, Dominique (Claudiane Ruelland), d'attentions et de gâteries.

Ère postféministe

«On fait le parallèle entre le carcan féminin des années 50-60 et l'ère postféminisme, où on n'a plus de repères auxquels s'accrocher», explique Bond. «Cet univers féminin n'est pas souvent exploré au théâtre, souligne Bernier. Il y a eu bien sûr Michel Tremblay, qui appartient à une époque précise, mais avec Charme, on fait le pont jusqu'à aujourd'hui.»

Les maris, tous interprétés par Marc Auger-Gosselin, sont plutôt accessoires. «C'est un peu les ateliers Jeannette Bertrand, en répétition. On parle de nos relations, de nos expériences familiales... C'est comme écouter Sexe and the City en boucle, alors il [Auger-Gosselin] doit être indulgent», rigole l'auteure, qui compare Charme au «Châtelaine du théâtre». Louise Gendron, rédactrice en chef reportages de la revue, sera d'ailleurs l'une des invitées pour la discussion d'après-spectacle, le 17 janvier.

Frédérique Bradet, qui interprète le professeur de Carmelle, complète la distribution, alors que la mise en scène, la première de Joëlle Bond, a été aiguillée par Jean-Sébastien Ouellette. Ariane Sauvé signe la scénographie et Joëlle Bond, les costumes.

Vous voulez y aller?

Quoi : Charme

Qui : Le petit luxe

Quand : aujourd'hui jusqu'au 2 février

Où : théâtre Premier Acte

Billetd : 18 $ à 24 $ (plus frais de service)

Tél. : 418 643-8131

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