Bigger Than Jesus: la divine comédie

Rick Miller, qui joue tous les rôles, s'échauffe... (Photo Le Soleil, Erick Labbé)

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Rick Miller, qui joue tous les rôles, s'échauffe en se glissant dans la peau d'un prédicateur déjanté et déchaîné qui prêche la parole de l'église du moi : «Je crois en moi!»

Photo Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Rick Miller a bien fait de ressusciter Bigger Than Jesus, dont c'était la première mardi soir, au Périscope, après un court passage à Québec en 2007. Sa messe séculaire est une célébration de l'esprit rationnel qui cherche à éclairer, par le rire et la réflexion, comment s'est construit le mythe de Jésus, qui perdure depuis 2000 ans. Sa pièce n'a rien d'hérétique, ni de scandaleux - c'est même une partie de plaisir et un tour de force multimédia.

Bigger Than Jesus posait un défi de taille à ses créateurs : comment transposer une histoire que tout le monde a entendue 1000 fois? Rick Miller, un athée convaincu, et son réputé metteur en scène Daniel Brooks ont eu un bon flash : utiliser la structure de la messe catholique et sa liturgie, mais avec beaucoup d'humour.

Comme jouer la dernière Cène avec des figurines de La guerre des étoiles, du Magicien d'Oz et des Simpsons, autant de références cinématographiques pour une scène souvent représentée en images. Bigger Than Jesus n'a pas l'outrecuidance du film Les Blues Brothers, mais il contient plusieurs gags redoutables.

L'entrée en matière est pourtant assez traditionnelle. Les spectateurs sont accueillis au son du gospel, puis un professeur vient déconstruire plusieurs croyances à propos de la vie de Jésus. Il évolue sur un plateau blanc, sur lequel il griffonne. Ses dessins sont projetés sur un écran blanc, ce qui lui évite de tourner le dos à l'assistance. Ingénieux.

C'est ensuite que Miller, qui joue tous les rôles, s'échauffe. Il se glisse dans la peau d'un prédicateur déjanté et déchaîné qui prêche la parole de l'église du moi : «Je crois en moi!» Ou plutôt en la dualité intérieure et le libre arbitre qui nous fait choisir entre le bien et le mal, et non pas la crainte du jugement divin. Et ainsi de suite : le Jésus à bord d'un vol métaphorique vers Jérusalem, la dernière Cène, l'extrait de Jesus Christ Superstar...

Jusqu'à la véritable transformation en Jésus iconique avant la crucifixion, où il nous livre un drôle de mélange de paraboles et de conseils pratico-pratiques. Toute la force du texte est là, dans ce mélange de dérision et de réflexion.

Mais sans diminuer les grandes qualités de ce texte et de la mise en scène, le succès de Bigger Than Jesus repose en grande partie sur le charisme de Rick Miller, qui est un sacré performeur. Oui, il est aussi un brin cabotin et narcissique, comme la plupart des grands interprètes conscients de leur talent. Mais le diable d'homme pontifie, harangue la foule, chante, danse, imite des voix, dessine, manipule la caméra et les figurines, tout en incarnant plusieurs personnages. Faut le faire.

Bigger Than Jesus n'ébranle pas les colonnes du temple, mais questionne plusieurs aspects de la foi et de l'appropriation des enseignements de Jésus par l'Église catholique. Il nous fait aussi réfléchir sur la sagesse millénaire de certains de ses préceptes qui peuvent nous guider dans notre (courte) vie terrestre, comme «Aimez-vous les uns les autres». Bref, une soirée de théâtre intelligente ET divertissante. Loué soit Rick Miller.

Bigger Than Jesus demeure à l'affiche du Périscope jusqu'au 8 décembre.

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