L'hiver dedans: jamais deux sans toi

La pièce est réconfortante comme un bon feu... (Le Soleil, Yan Doublet)

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La pièce est réconfortante comme un bon feu ou une soupe après de longues heures au froid. Mais pas transcendante.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Il aura fallu deux ans à Maryse Lapierre avant de pouvoir présenter L'hiver dedans, sa première création, qui prenait l'affiche cette semaine à Premier Acte. Sa pièce pose un regard tendre et empli d'humanité sur un trio de personnages qui doivent vivre le deuil de la mort et de l'amour. Servie par une distribution impeccable, L'hiver dedans fait vibrer plusieurs cordes sensibles.

La tempête souffle depuis trois semaines. Marie (Catherine Hughes), une artiste en arts visuels, est tétanisée par sa rupture avec son chum (Frédérick Bouffard), qui lui apparaît tel un fantôme dans son nouvel appartement empli de boîtes à déballer. Son voisin (Jonathan Gagnon), un ingénieur terne qui se terre dans son appartement dénudé comme sa vie absurde, voit sa veuve de mère (Marie-Ginette Guay) débarquer avec sa peine et son désarroi dans ses bagages.

Les deux voisins se côtoient sans se connaître, vivant leurs vies parallèles alors qu'approche Noël. Solitude, peur de vieillir, séparation, deuil, nostalgie, espoir amoureux et, surtout, peur de passer à côté de sa vie; Maryse Lapierre ratisse large. Qui trop embrasse mal étreint : elle aurait pu explorer plus à fond certains thèmes et en délaisser d'autres.

La dramaturge a néanmoins peaufiné son texte, c'est évident. Certaines répliques sont savoureuses, d'autres sont révélatrices  : «Dans la peine de la mort, il y a aussi la peine de l'amour.» La pièce souffre de quelques longueurs, notamment quand Marie passe la nuit avec son nouvel amant, même si la scène est très drôle.

Entre comédie et drame

Le texte oscille d'ailleurs entre les moments plus dramatiques et la comédie. Jonathan Gagnon livre de bons monologues, dans la tradition du stand-up, prenant à témoin les spectateurs. De la même façon, le réalisme de certaines scènes est contrebalancé par de l'onirisme et une touche de surréalisme. Ces moments de fantaisie évitent que la pièce s'embourbe dans le mélo.

Les thèmes abordés par l'auteure dans L'hiver dedans ont souvent été rabâchés et leur traitement ne se distingue pas tant par leur originalité que la sincérité du propos. L'univers est féminin, sensible et empli de bons sentiments. Maryse Lapierre peut d'ailleurs compter sur la justesse du jeu des quatre acteurs pour porter sa pièce. Le quatuor se fond dans la peau de leur personnage avec une aisance remarquable, surtout que la pièce vient de prendre l'affiche.

Maryse Lapierre relevait un gros défi pour son premier texte, puisqu'elle assure aussi sa première mise en scène. La proposition est claire, dynamique, parsemée de touches fantaisistes et sa direction d'acteurs est impeccable.

L'hiver dedans est une pièce réconfortante comme un bon feu ou une soupe après de longues heures au froid. Mais pas transcendante.

L'hiver dedans demeure à l'affiche de Premier Acte jusqu'au 8 décembre.

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