Les mains de mon père: un homme du passé

Émile (Éric Forget) s'imagine de quoi auraient l'air... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Émile (Éric Forget) s'imagine de quoi auraient l'air les retrouvailles avec son père (Jean Harvey), un homme absent et distant durant sa jeunesse.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Il est souvent question de la place centrale qu'occupe la mère dans la famille dans les oeuvres de fiction, beaucoup moins souvent du père, surtout pour le jeune public. Les Gros Becs ont tenté d'y remédier en programmant trois histoires qui s'adressent et s'intéressent aux gars. Si Oh Boy!, la semaine dernière, était une réussite, Les mains de mon père, pièce de Serge Marois qui prenait l'affiche mardi, relève le défi avec plus ou moins de bonheur.

Les mains de mon père est le deuxième volet d'une trilogie familiale de l'expérimenté dramaturge. L'excellente Robe de ma mère avait été présentée aux Gros Becs en 2010. Elle mettait en scène les jumeaux Gaston et Émile, qui posaient un regard tendre et nostalgique sur leurs souvenirs maternels.

Cette fois, le sensible Émile (Éric Forget) est seul pour se remémorer son enfance avec un père absent et distant (Jean Harvey). Il s'imagine de quoi auraient l'air leurs retrouvailles au restaurant, entre un père qui n'a guère changé et un fils devenu adulte. Leur rencontre fictive est alors un prétexte à des retours dans le temps pour présenter les étapes marquantes qui construisent, ou pas, une relation père-fils : une escapade en camping, une petite blessure à soigner, un match de sport, une Halloween manquée...

La rêverie d'Émile met la table à des scènes parfois surréalistes - le duo qui improvise une partie de basketball avec des fruits ou qui se met à accompagner une chanson en jouant des percussions d'ustensiles sur leurs assiettes. Cette fantaisie est de mise et permet d'alléger le climat après certains sujets graves abordés par l'auteur : le décès d'une jeune soeur et ses conséquences sur la famille, la séparation des parents, la rivalité entre les frères pour l'amour paternel...

Public agité

La pièce peine toutefois à captiver son public, qui s'agitait beaucoup lors de la représentation, un signe qui ne trompe pas. Et ce n'est pas la mise en scène de Denis Lavalou et l'inventive scénographie de Paul Livernois qui sont en cause. Les mains de mon père n'est pas habitée par le même souffle poétique que La robe de ma mère, même si l'auteur utilise les mêmes dialogues minimalistes. Et je ne suis pas sûr que les plus jeunes soient sensibles à la façon cérébrale dont certains thèmes sont abordés.

Bien qu'on soit conscient que l'image unidimensionnelle du père soit celle du fils, il apparaît comme un homme du passé, engoncé dans ses préjugés et conventions, qui ne ressemble guère aux pères actuels. Les hommes ont changé. Beaucoup. Les enfants vont avoir de la difficulté à s'identifier au propos de la pièce, pas assez contemporaine malgré les clins d'oeil.

Les mains de mon père (dès huit ans) est présentée aux Gros Becs jusqu'au 18 novembre.

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