Double vie: rigoureusement comique

Bernard Fortin et Martine Francke éprouvent un grand... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Bernard Fortin et Martine Francke éprouvent un grand respect pour le texte de Ray Cooney, une «partition extraordinaire» dont la magie opère à tout coup.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Bernard Fortin et Martine Francke sont catégoriques. De toutes les pièces qu'ils connaissent, aucune ne déchaîne autant de rires à la minute que Double vie.

Traduite, adaptée et mise en scène par Normand Chouinard, la comédie à succès de l'auteur britannique Ray Cooney s'inspire d'une recette qui a fait école avec le théâtre de Georges Feydeau. Mensonges et claquages de porte seront au rendez-vous à la salle Albert-Rousseau les 31 août et 1er septembre.

Au moment de la création de Caught in the Net (titre original de Double vie), il y a une dizaine d'années, les critiques londoniens ont comparé le style de Cooney à celui de Molière revu par Ben Johnson. En d'autres mots, l'efficacité du texte dépend de la vitesse et de la précision de l'interprétation.

Résumer l'histoire, c'est déjà mesurer le souffle que la pièce demande aux comédiens. Martin Gagnon, un chauffeur de taxi interprété par André Robitaille, partage sa vie avec deux femmes dont chacune ignore l'existence de l'autre. Sandra (Marie-France Lambert) lui a donné une fille (Audrey Rancourt-Lessard). Julie (Martine Francke), un fils (Sébastien René). Pour garder sa double vie secrète, Martin raconte aux uns qu'il travaille le jour à Chomedey; aux autres, la nuit à Pierrefonds.

Les choses se corsent le jour où, par l'entremise de Facebook, les deux enfants font connaissance et découvrent que le père de l'un porte le même nom et exerce le même métier que celui de l'autre. Avec son meilleur ami Charles (Bernard Fortin), Martin inventera toutes sortes de stratagèmes afin d'éviter que son univers ne s'écroule comme un château de cartes.

Une chorégraphie

L'équipe dirigée par Normand Chouinard a joué Double vie tout l'été au théâtre Juste pour rire à Bromont. Pendant que la salle rigolait, les comédiens, eux, pédalaient comme des fous sur scène et en coulisse. Il faut savoir que les deux maisons sont représentées simultanément sur scène. Évoluer dans ces deux univers parallèles, alors que des portes doivent s'ouvrir et se fermer en même temps, exige beaucoup sur le plan physique.

La réussite de bien des gags dépend de la précision de la technique. Pas le choix de prendre la farce au sérieux dans de telles conditions.

«C'est sûr que c'est très comique, fait remarquer Martine Francke. Mais pour que la comédie soit efficace, il faut être rigoureux. On n'a pas dérogé d'un poil à ce que Normand a proposé. C'est aussi vif, c'est exactement la même chorégraphie depuis le début de l'été. C'est juste plus fluide parce qu'on a 35 shows dans le corps.»

«Là, ça respire, confirme Bernard Fortin. Avant, on courait derrière nos personnages.»

Les deux partenaires disent par ailleurs éprouver un grand respect pour le texte de Cooney, une «partition extraordinaire» dont la magie opère à tout coup. «On n'arrête pas de s'ajuster, de prendre des notes, on est très minutieux, assure Martine Francke. Double vie est un réel divertissement. C'est du gros bonbon, du gros plaisir, mais ce n'est pas n'importe quoi. On est fiers de présenter ça. On n'est pas gênés que les gens viennent nous voir.»

Le plaisir du jeu

«Ray Cooney, quelque part, c'est facile à comprendre, ajoute Bernard Fortin. Les situations sont simples. Tu n'as qu'à suivre les notes, tu as déjà un bon show. Normand ne complique pas les choses. Il mise sur la proposition de l'auteur. Il colle au texte. De toute façon, tout est relié, tout est lacé serré. Tu ne peux pas changer un mot.»

Les artistes l'avouent, la mise en place a été exténuante, surtout les trois dernières semaines précédant la première, alors que l'horaire comprenait souvent deux enchaînements quotidiens. Une fois la technique réglée, on se laisse toutefois prendre au plaisir du jeu.

«Ça vaut la peine, insiste Bernard Fortin. Venez nous voir, vous allez tout comprendre!»

Vous voulez y aller?

Quoi : Double vie, de Ray Cooney

Qui : André Robitaille, Bernard Fortin, Martine Francke, Marie-France Lambert, Roger La Rue, Audrey Rancourt Lessard et Sébastien René; mise en scène de Normand Chouinard

Quand : les 31 août et 1er septembre à 20h

où : salle Albert-Rousseau

Billets : 50,50 $

Tél. : 418 659-6710, 877 659-6710

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