Les productions théâtrales de Trois-Pistoles font faillite

Le comédien Jean Maheux, qui tenait l'un des... (Photo collaboration spéciale Marc Larouche)

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Le comédien Jean Maheux, qui tenait l'un des rôles principaux de La guerre des clochers et l'auteur, Victor-Lévy Beaulieu.

Photo collaboration spéciale Marc Larouche

Marc Larouche, collaboration spéciale
Le Soleil

(Trois-Pistoles) C'en est fini de La guerre des clochers. Les productions théâtrales de Trois-Pistoles ont déposé leur bilan, mettant ainsi un terme prématurément aux représentations, faute de spectateurs et d'argent. Si l'auteur, Victor-Lévy Beaulieu, prend le blâme, il impute la situation à une vengeance politique.

«Les deux premières représentations ont été jouées à guichets fermés, mais même si les critiques étaient excellentes, le public n'a pas suivi. Nous avons joué devant des salles d'à peine 50 personnes, alors que 120 spectateurs par représentation étaient nécessaires pour arriver dans notre budget», explique VLB. «J'aurais dû y penser. Même si en 1997, la même pièce avait fait salle comble tout l'été, attirant près de 9000 spectateurs, un record, le contexte a changé, la population a vieilli et il y a maintenant tellement de spectacles gratuits partout.»

Production de 260 000 $ mise en scène par Lorraine Pintal du Théâtre du Nouveau Monde, La Guerre des clochers racontait les chicanes des gens du Parti d'en haut et du Parti d'en bas à propos de la construction d'une église.

En fait, l'assistance était si faible que les artisans, comédiens et musiciens, une quinzaine de personnes au total, n'avaient pas été payés pour leur dernière semaine de travail. «J'ai tenté de trouver une solution, l'Union des artistes s'en est mêlée et a exigé un paiement immédiat, ce qu'il était impossible de faire», note VLB.

La controverse entourant certaines activités de l'Échofête et leur transfert sur les terrains du Caveau-Théâtre est-elle en partie responsable? «Ça a peut-être joué, mais les problèmes avaient commencé bien avant», note-t-il, ajoutant que ce qu'il qualifie de vengeance politique remet en question l'existence d'un théâtre d'été à Trois-Pistoles.

Promesses non tenues

«En me montrant solidaire du festival Échofête et en accueillant Gabriel Nadeau-Dubois, je m'attendais bien que je devrais en payer le prix, au risque d'y perdre ma réputation et ma crédibilité. Mais la liberté d'expression, que j'ai défendue toute ma vie, me tient à coeur plus que tout et c'est pour cela que j'ai livré une guerre [des clochers] à M. Jean-Pierre Rioux. [...] Des promesses ont été faites et n'ont pas été tenues».

Selon lui, plusieurs de ceux qui devaient contribuer financièrement au Caveau-Théâtre ne l'ont pas fait. «Oui, je m'étais engagé par écrit à verser 25 000 $ provenant d'un budget discrétionnaire, argent qui est toujours distribué après l'événement. Mais voilà, il n'y a plus d'événement», commente le député de Rivière-du-Loup, Jean D'Amour.

Quant à un 6000 $ que devait verser la Ville de Trois-Pistoles, le maire, Jean-Pierre Rioux, dit ne pas en être informé. «M. Beaulieu doit parler de la Commission culturelle. Mais l'argent est aussi versé après les événements. Il mélange tout. Écoutez, je ne répondrai plus à ses attaques. Je n'ai plus de temps à perdre avec lui, j'en ai trop perdu, depuis déjà trop longtemps.»

Notons, par ailleurs, que les représentations de la pièce de théâtre La Maison hantée de Mathieu Barrette se poursuivent à la Forge à Bérubé.

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