Pour Femme cherche..., Carole Tremblay a revu sa pièce à succès J.F. cherche homme, créée dans trois théâtres en 1995. Dans cette version 2.0 vue mercredi soir, les protagonistes sont maintenant quinquagénaires.
Liliane (Danielle Proulx) est une directrice du personnel célibataire et heureuse de l'être dans son petit appartement cossu. Son amie mariée Mireille (Linda Sorgini) l'inscrit à son insu sur un site de rencontres, ce marché du célibat où on magasine et où on fait des essayages... Une histoire de fou, lui reproche Liliane.
Des histoires de fous, plutôt. Mireille réalise un fantasme par procuration en rencontrant tous ces hommes pour aider Liliane à faire son choix. Elle se retrouvera évidemment dans le rôle de l'arroseuse arrosée.
Moqueries sur l'homo quebecus
Il est de bon ton depuis quelques années de se moquer de l'homo quebecus et de le dépeindre comme un demeuré. La galerie d'hurluberlus de la pièce entre parfaitement dans cette catégorie : le rockeur macho et misogyne à la bedaine de bière; le plombier épais en rut; l'homme rose nouvel âge; le timide maladif...
Mais avouons que le potentiel comique réside justement dans le fait que ces personnages sont typés. On rit parce qu'on reconnaît des gens, et des comportements, dans ces caricatures interprétées avec un plaisir manifeste par Martin Dion et Reynald Robinson.
Il serait malhonnête de le reprocher à l'auteure, car elle se distingue des habituelles productions de théâtre d'été avec son écriture vive et fine, ainsi qu'un bon sens des dialogues. Qui restent presque tout le temps en haut de la ceinture.
Sauf que la pièce, malgré son propos contemporain, ne s'éloigne pas trop du marivaudage et du vaudeville propres au genre. Mais on rit de bon coeur. Linda Sorgini y contribue grandement, même si Danielle Proulx ne donne pas sa place. Sorgini s'en donne à coeur joie, multipliant les mimiques et les réparties qu'elle livre avec beaucoup de vivacité. Le rôle lui va comme sa robe fuchsia.
Le metteur en scène Michel Poirier exploite habilement le talent de l'actrice pour la comédie, notamment avec les éléments du décor. Beau clin d'oeil aussi que l'utilisation de la toile de la cuisine pour une séance d'ombres chinoises désopilante.
Dans le genre, on peut difficilement faire mieux.
Femme cherche homme désespérément demeure à l'affiche du Théâtre Beaumont St-Michel jusqu'au 1er septembre.