Le privé interpellé pour Le Diamant de Lepage

Régis Labeaume a refusé jeudi de s'avancer sur... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Régis Labeaume a refusé jeudi de s'avancer sur les montants qui seront octroyés par la Ville au projet de théâtre Le Diamant de Robert Lepage. Les deux hommes étaient réunis pour annoncer la présentation à Québec en juillet de la première mondiale de La tempête.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Valérie Gaudreau

Valérie Gaudreau
Le Soleil

(Québec) La ministre de la Culture Christine St-Pierre et le maire Régis Labeaume en appellent à la participation de partenaires privés pour le projet de théâtre Le Diamant de Robert Lepage. Une future salle en laquelle ils croient plus que jamais et que le maire qualifie de «pièce maîtresse» pour la culture dans la capitale.

Le projet du Diamant est sur les rails depuis novembre lorsqu'un prêt de la CSN et de Fondaction a permis à Ex Machina d'acheter pour 4,25 millions$ l'ancien YMCA et le Cabaret du Capitole, à place D'Youville. En coulisse, on s'active à faire sortir de son écrin cette salle de spectacle de 650 places. À l'ordre du jour: le financement pour ce projet actuelle ment sur la table de la ministre Christine St-Pierre.

«C'est très, très sérieux. Mais je ne peux pas vous en dire plus, car on n'a pas terminé l'étude du projet dans tous ses détails», a indiqué la ministre jeudi en marge de l'annonce de la programmation du Festival d'opéra de Québec.

Mais une chose est sûre, Mme St-Pierre souhaite voir le privé s'impliquer dans ce projet de Robert Lepage, un créateur qu'elle qualifie «d'incontournable».

«Le privé a un important rôle à jouer, le mécénat doit s'impliquer davantage au Québec», a estimé la ministre. Même son de cloche du côté de Régis Labeaume, qui se fait un «objectif personnel» de ce projet pour lequel il dit multiplier les rencontres de travail.

«Ça prend toujours des partenaires privés, et de toutes sortes. On pense à tout ça, on parle à du monde. On tricote.»

Régis Labeaume a réitéré hier que la Ville mettra des sous pour Le Diamant sur la table en premier. «On va aller voir les partenaires et dire: "Nous, c'est ça qu'on met à la Ville de Québec. Combien tu mets?" C'est comme ça qu'on bâtit.»

La contribution de la Ville pourrait-elle ressembler à celle de 5 millions $ versée pour l'agrandissement du Musée national des beaux-arts? Régis Labeaume refuse pour l'instant d'avancer un montant.

Même chose pour l'échéancier. «L'échéancier est dans ma tête, je ne vous le dirai pas.» En entrevue au Soleil en novembre, le trésorier d'Ex Machina, Jean-Pierre Vézina, avait toutefois dit que les coûts de construction et la demande de financement public seront connus en «février ou mars».

«Tout est permis»

Chose certaine, la conférence de presse annonçant que sera présentée fin juillet la première mondiale de La tempête, une coproduction du Metropolitan Opera de New York et d'Ex Machina, a galvanisé l'enthousiasme de Régis Labeaume jeudi.

«Quand vous entendez le directeur du Met [Peter Gelb] parler de Robert comme il en parle, ça veut juste dire que si on a le théâtre de Robert Lepage, ici tout est permis.»

Au-delà de son statut de pôle de création et de diffusion du théâtre et de l'opéra, Le Diamant, estime-t-il, sera un important attrait touristique.

«Et ses fans qui viennent de l'extérieur normalement ont les poches creuses.»

Le Diamant contribuera aussi à l'exportation de la culture québécoise, a poursuivi Régis Labeaume en allusion à la récente création par le gouvernement du Québec d'un fonds pour l'exportation culturelle. «Robert Lepage crée au Diamant à Québec et exporte le produit avec ses artisans. En termes de théâtre, c'est le même principe que le Cirque du Soleil», a illustré le maire.

Robert Lepage a pris la parole à la conférence de presse de jeudi, mais n'a pas commenté le dossier du Diamant.

«Carrefour culturel D'Youville?»

Pour illustrer l'effet qu'aura le projet du théâtre Le Diamant de la compagnie Ex Machina de Robert Lepage sur la place D'Youville, Régis Labeaume a souvent utilisé ces derniers mois l'expression «quartier des spectacles».

Il faisait ainsi référence à la concentration de scènes formée par le Palais Montcalm, le théâtre Capitole et le futur Diamant. En point de presse après l'annonce de la programmation du deuxième Festival d'opéra de Québec, jeudi, le maire a toutefois utilisé une autre expression: le «carrefour culturel D'Youville».

«Avoir une telle offre culturelle au carrefour culturel D'Youville, c'est quand même extraordinaire comme marque de commerce. Il y a une place des spectacles à Montréal. L'idée ici est que dans un quadrilatère vous auriez 2000 ou 2500 places. Pour une ville de la grandeur de Québec, c'est extraordinaire.» Reste à voir si cette nouvelle appellation durera.

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