Les Nuages en pantalon a décidé d'utiliser le même décor pour sa trilogie Eau: des trottoirs de bois qui ceinturent un bassin ainsi qu'un mur de planches, qui sert autant à l'escalade qu'aux nombreuses et ingénieuses projections de Jean-Philippe Joubert, qui signe une mise en scène qui se distingue autant par son ingéniosité que sa pertinence.
Ainsi Laurie (pétulante Laurie-Ève Gagnon) dessine la mer avec des projections qui accompagnent chacun de ses coups de pinceau. Elle essaie de retrouver le mouvement, le bruit et la couleur de l'océan (une matrice nourricière comme le ventre maternel). Le capitaine (Olivier Normand, très bon), lui, fait appel à une mystérieuse femme-poisson (la danseuse Sonia Montminy) et multiplie les pitreries acrobatiques. Pendant ce temps, sur la rive opposée, la mère (Valérie Laroche) chante pour guider sa fille jusqu'à elle.
On retrouve la volonté habituelle de la compagnie d'utiliser - à merveille, ici - le chant, la danse, les arts visuels et la gestuelle pour offrir un théâtre total. Mais comme la parole est limitée à sa plus simple expression, il peut parfois être difficile pour les petits de suivre le fil conducteur de l'histoire.
Ouvrir les horizons
Ce que certains pourraient leur reprocher s'avère, à mon avis, la plus grande force de leur proposition. Pas question de prendre les enfants par la main. Plutôt leur ouvrir de larges horizons que leur imaginaire se chargera de remplir.
De toute façon, la troupe évoque avec beaucoup de justesse les joies, les peines et les peurs (le monstre marin!) liées à l'océan. Mais aussi, subtilement, les dangers qui menacent nos mers.
Il faut saluer l'audace du Chant de la mer. Et lui souhaiter de trouver de nombreux rivages accueillants chez les spectateurs et sur d'autres scènes.
Le chant de la mer (dès cinq ans) est présentée le 12 février, à 11h et à 15h, aux Gros Becs. La représentation du 5 février est complète.