Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges: morceaux épars

La structure plurielle est investie par les chants,... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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La structure plurielle est investie par les chants, les déplacements et les fuites de Maryse Lapierre, Chantal Dupuis, Denise Verville (derrière) et Claudiane Ruelland.

Le Soleil, Pascal Ratthé

(Québec) On sort de Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges avec une impression un peu trouble, tenaillé par la sensation que tous les morceaux étaient là, mais trop épars, que toute l'énergie était mise, mais pas où il le fallait pour que la pièce nous enveloppe et nous chavire totalement.

À l'avant, un plancher comme un tableau noir où serpentent les craies et les écolières. Un mur de cubes de bois, comme les alvéoles d'une ruche, les classes d'une école ou les appartements cordés et superposés du Plateau-Mont-Royal, s'élève au centre. À l'arrière, on entrevoit des bancs d'église.

Un vieux piano est niché dans l'une des cases. C'est l'espace imaginaire du petit Marcel (André Robillard) et du chat Duplessis (Patrick Ouellet) qui déborde au gré des narrations dans les interstices du récit de Simone (excellente Chantal Dupuis), Pierrette (Maryse Lapierre) et Thérèse (Claudiane Ruelland).

Cette structure plurielle signée Jean Hazel est investie par les chants, les déplacements en file indienne et les fuites. Ponctuellement, le va-et-vient est interrompu par des conversations et les monologues. Certains font mouche, font rire, émeuvent, d'autres manquent de précision et d'intensité.

Pendant les discussions quotidiennes et les échanges intimes, les comédiens sont presque systématiquement placés très loin les uns des autres, sur des étages différents du décor ou aux extrémités de la scène, ce qui fait que l'émotion se perd quelque part entre les deux interlocuteurs.

Voix trop chargées

Les voix sont parfois justes, mais souvent criardes, trop chargées. La franchise de quelques échanges entre les fillettes sauve parfois le jeu, mais c'est l'interprétation des mères, surtout, qui se démarque. Linda Laplante, avec sa colère noire contre la directrice (monocorde Denise Verville), attire bien sûr l'attention. Éva Daigle s'en tire très bien avec le personnage d'Albertine, tout comme Andrée Samson en soeur Pied Botte.

C'est difficile, voire impossible, de ne pas jouer au jeu des différences avec la version que Serge Denoncourt, qui signe l'adaptation théâtrale, présentait en tournée l'an dernier. La mise en scène était plus vive, plus resserrée, même si plusieurs éléments tragiques ou plus poétiques étaient laissés de côté. Ici, on dirait que Gill Champagne, malgré sa connaissance indéniable de l'univers de Tremblay, s'est perdu en tentant de suivre trop de pistes à la fois.

Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges est présentée au Trident jusqu'au 11 février.

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