La reine Margot à La Bordée: les rock stars du XVIe siècle

Marie-Josée Bastien aime beaucoup les pièces épiques qui... (Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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Marie-Josée Bastien aime beaucoup les pièces épiques qui ont une dimension tragique et qui n'ont rien à voir avec le quotidien. Si elle devait s'identifier à un personnage de La reine Margot, qu'elle présente à La Bordée ce mois-ci, l'exubérante metteure en scène choisirait Henriette de Nevers, «une intrigante qui s'amuse avec tout» et qui lui ressemble un peu.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

(Québec) Selon Marie-Josée Bastien, tout le monde devrait lire Alexandre Dumas. «C'est palpitant!» Celle qui adapte et met en scène La reine Margot pour la rentrée de janvier à la Bordée ne tarit d'éloges sur ce texte de 700 pages qui est paru à l'époque sous forme de feuilleton. «C'est écrit comme une télésérie. Le rythme est très contemporain. Et il n'y a rien d'ordinaire. Chaque personnage pourrait avoir sa propre pièce. Pour moi, ils sont les rock stars de leur temps.»

C'est donc débordant d'enthousiasme que Mme Bastien nous parle de cette histoire épique du XVIe siècle dans laquelle la raison d'État veut marier le protestant Henri de Navarre, futur Henri IV, à la catholique Marguerite de Valois, qui en aime un autre, La Mole. Tout se déroule en un lieu, en une terre : la France.

Ce récit où tout le monde souhaite s'emparer de la couronne est une histoire de pouvoir, d'alliances, mais avant tout de famille, celle des Valois, avec Catherine de Médicis et ses enfants. Il y est aussi question d'amour et d'amitié. En parlant d'Annibal de Coconas, de La Mole, d'Henriette de Nevers et de Marguerite de Valois, qui sont très proches, Marie-Josée Bastien parle affectueusement du «carré d'as». Ce sont quatre jeunes qui, par amour, se jettent dans la tourmente.

Quant au mariage politique d'Henri et de Marguerite, la metteure en scène le décrit tout de même comme «une belle relation d'affaires».

Jeune distribution

L'adaptation de La reine Margot a demandé de sacrifier beaucoup de personnages. Comme sur un échiquier, Marie-Josée Bastien a positionné ses pions. Elle s'entoure d'une équipe de 11 comédiens, une jeune distribution, parfaite pour incarner les jeunes loups de cette époque. «J'aime les gangs. C'est un show d'acteurs, tout repose sur eux. Ça porte vraiment sur les rapports humains.»

Les interprètes, dont certains ont appris à se battre sous les conseils du maître d'armes Jean-François Gagnon, ont aussi été créateurs. Ils ont aidé à clarifier le récit, ils ont fait des concessions, ils ont participé à l'écriture théâtrale, souligne leur directrice.

Pour une meilleure compréhension, Marie-Josée Bastien a dû sabrer les détails historiques, aussi passionnants soient-ils. Entre les rapports politiques, les intrigues de la cour et le massacre de la Saint-Barthélemy, il y a eu un travail d'épuration. «Il y a les catholiques, les protestants, un mariage qui convient à certains, mais pas à d'autres. On comprend que les esprits s'échauffent. Mais j'ai essayé de simplifier. Il fallait quand même prendre les 700 pages et réduire ça à un show de 2 heures 30.»

Côté mise en scène, on doit s'attendre à une signature très théâtrale, toujours dans le vif. «Les choses changent très rapidement. Dans l'adaptation, dès que ça stagnait, on coupait. Dans mon écriture, ça revient souvent à l'idée d'une course à relais où tout le monde a un bâton témoin, dans ce cas-ci la couronne», analyse Marie-Josée Bastien.

Traverser le temps

Le jeu prendra place dans un énorme décor. «La structure est immense, comme si on traversait le temps», lâche-t-elle sans vouloir trop en dévoiler.

Pour faire écho au rythme très actuel de l'écriture de Dumas, la scénographie est à l'avenant, un mélange de passé et de présent. «On a enlevé la culotte d'époque pour obtenir une silhouette plus moderne. On retrouve du métal dans le décor. Même la musique, un croisement de contrebasse et d'électro-acoustique, a des sonorités contemporaines.»

Depuis trois ans, Marie-Josée Bastien planche sur le texte de La reine Margot. Elle a choisi son équipe il y a un an et travaille intensément à la pièce depuis cet automne. Elle se réjouit que le spectacle aura une bonne vie. Coproduit avec le Théâtre Denise-Pelletier, il sera présenté à Montréal du 24 mars et au 21 avril après son lancement à La Bordée.

Pour vous aider à mieux visualiser la cour de Marie-Josée Bastien, voici les détails de la distribution : Frédérick Bouffard (Henri d'Anjou), Philippe Cousineau (Coligny et René le Florentin), Marie-Soleil Dion (Henriette de Nevers), Gabriel Fournier (duc de Guise), Jonathan Gagnon (Charles IX), Renaud Lacelle-Bourdon (duc d'Alençon), Éliot Laprise (Annibal de Coconas), Danielle Lépine (Catherine de Médicis), Marie-Ève Pelletier (Marguerite de Valois), Guillaume Perreault (La Mole), Simon Rousseau (Henri de Navarre).

Vous voulez y aller?

QUOI : La reine Margot

QUAND : du 12 janvier au 6 février, à 20h

: Théâtre de la Bordée

BILLETS : entre 22 $ et 30 $

TÉL. : 418 694-9721 ou www.billetech.com

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