La voix à TVA: la voix, oui, le mélo, non

Charles Lafortune (au centre) est entouré des coachs... (Photo TVA)

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Charles Lafortune (au centre) est entouré des coachs Ariane Moffatt, Marc Dupré, Marie-Mai et Jean-Pierre Ferland.

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(Montréal) Non mais, entre nous, a-t-on vraiment besoin de savoir si un candidat a été victime de sévices sexuels ou a traversé un épisode d'anorexie pour pouvoir apprécier son talent? C'est à croire qu'on a trié les concurrents de La voix selon le drame humain qu'ils ont à raconter plutôt que pour leurs aptitudes vocales.

Dimanche, pour la première à TVA, on a eu droit à la DPJ, aux sévices sexuels, à une morsure de chien, à l'intimidation, aux problèmes de jeu et j'en passe. Ce n'était pourtant pas nécessaire pour qu'on apprécie le concept, qui ratisse beaucoup plus large que Star Académie dans les styles et dans les âges.

Parce que cette première, où l'animateur Charles Lafortune s'est fait plutôt discret, nous a offert plusieurs bons moments. Ma révélation d'entre toutes s'appelle Ariane Moffatt, la plus allumée des quatre coachs, par ailleurs tous divertissants. S'il continue dans cette veine en ne sélectionnant que de jeunes voix féminines, Jean-Pierre Ferland risque cependant de passer pour le vieux mononc' de l'émission. Son attrait pour les candidates était si marqué qu'on a même regroupé ses choix dans un montage présenté comme étant son «harem». Malaise.

La plus grande surprise chez les candidats est arrivée en toute fin d'émission: Étienne Cousineau, 32 ans, de Laval, dont la voix n'a pas mué complètement. Son air de La Wally de Catalini a confondu les coachs, certains d'avoir affaire à une femme. «T'es tellement représentatif de ce qu'est La voix», lui a dit Charles Lafortune. Seule Ariane Moffatt a appuyé sur le gros bouton rouge pour le prendre dans son équipe, émue aux larmes en constatant que cette voix perchée mais puissante provenait d'un homme.

On en a eu de tous les styles (ou presque) dimanche: du Janis Joplin, en passant par ACDC et Patricia Kaas. Ni leur âge, ni leur habillement, ni leur apparence physique n'avaient d'importance, que le talent. «On écoute notre coeur avant tout», avait confié Ariane Moffatt avant le début des auditions à l'aveugle, suivies en coulisse par des familles exaltées. «Je vous veux» était inscrit devant chaque fauteuil géant des quatre coachs.

Il y en avait aussi de tous les âges, la plus jeune ayant 17 ans, et l'aîné, 51. Tous n'étaient pas vierges de concours: Julie Massicotte, 41 ans, ne partait pas de zéro; elle a gagné Cégeps en spectacle, et s'est rendue en finale du Festival de la chanson de Granby. Jean-Pierre Ferland a craqué pour elle dimanche, sans même la reconnaître.

Avant de le choisir, Marie-Mai a reconnu la voix de Fred Lebel, de Rimouski, qui a déjà chanté avec les Porn Flakes. Son décoiffant Highway to Hell était assez convaincant. Participant de Star Academy en France, Alex Balduzzi n'a pas eu cette chance, son Amsterdam n'ayant charmé aucun coach, pas plus que la prestation d'Émilie Leclerc, qui s'accompagnait au violoncelle.

On souhaite plus souvent des luttes comme celle qui a opposé Marie-Mai et Marc Dupré dimanche. Entre la première qui lui promettait de la faire monter sur scène au Centre Bell, et le second, qui a fait valoir ses connexions avec Céline, Amy-Jade Leblanc, 17 ans, de L'Épiphanie, a choisi Marc Dupré. L'imitateur chanteur a aussi jeté son dévolu sur les jumelles Stéphanie et Sabrina Barabé, de Québec, qui l'ont eu en reprenant The Rose d'Amanda McBroom.

Il faudra surveiller Valérie Clio Nerestant, 36 ans, Montréalaise née de parents haïtiens, désirée par les quatre coachs pour son interprétation d'un air d'Ella Fitzgerald. «T'es une fusée!» lui a lancé Marie-Mai, mais c'est vers Ariane que la chanteuse à la voix délicieusement rauque a porté son choix.

À la fin de la saison, le grand gagnant de La voix pourra réaliser un album, ce qui n'est pas rien. Chaque coach devra se construire une équipe de 14 chanteurs avant qu'on procède aux éliminations. Techniquement, l'équipe de Productions J a offert un produit impeccable dimanche soir, autant Jean Lamoureux à la réalisation que Stéphane Laporte à la conception. Il régnait dans ce studio une ambiance du tonnerre. À noter que les auditions à l'aveugle ont été tournées avant les Fêtes, et que seules les dernières émissions de la saison seront présentées en direct.

Il faudra mieux juger au montage des prochaines émissions de la nécessité d'insister autant sur le mélodrame. Autrement, il n'y aura plus de plaisir à suivre l'évolution des participants. C'est bien beau faire brailler le monde, il faut cependant le faire pour les bonnes raisons...

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