Mémoires vives: pas de doute, c'est un téléroman

Les amateurs d'oeuvres au suspense intenable risquent de... (Photo Jean Bernier)

Agrandir

Les amateurs d'oeuvres au suspense intenable risquent de trouver Mémoires vives un peu lent et avare de rebondissements spectaculaires. Les autres, qui aiment s'attacher à des personnages pour longtemps et échafauder des théories à partir d'indices dévoilés au compte-gouttes, devraient constituer un public de fidèles.

Photo Jean Bernier

Partager

(Québec) Si les familles de Mémoires vives cachent autant de squelettes que celles de Providence, on en a pour sept ans à trouver chaque pièce du casse-tête. Diffusé à partir du mardi 8 janvier à 21h à Radio-Canada, le nouveau téléroman de Chantal Cadieux et Patrick Lowe, dont j'ai vu les deux premiers épisodes, ne risque pas de déplaire aux amateurs de longues sagas familiales, pas pressés.

Faisons toutefois cette mise en garde : contrairement à Unité 9, que tout le monde prend pour une série et qu'il suit dans la grille du mardi, Mémoires vives se rapproche nettement du téléroman traditionnel même s'il est visuellement une coche au-dessus de Providence, la précédente oeuvre de Chantal Cadieux.

Séparés depuis très longtemps, Jacques Berthier et Francine Blanchard (Gilles Renaud et Véronique Le Flaguais) gardent encore espoir de retrouver leur fille Laurie, disparue il y a 30 ans. Ensemble, ils ont fondé Mémoires vives, un organisme venant en aide aux proches de personnes disparues, et auquel Jacques accorde tout son temps. La disparition d'une fillette ressemblant à Laurie dans des circonstances similaires pourrait relancer l'enquête abandonnée il y a longtemps.

Homme à femmes, Jacques les aime jeunes. Après Claire (Marie-Thérèse Fortin), une radio-

oncologue dévouée avec qui il a vécu durant 25 ans, le voici avec une jeune poulette, Mélissa (Catherine de Léan). Or, en plus d'être la fille d'une des meilleures amies de Claire, Mélissa a aussi été la prof d'équitation de Mathilde, la fille de Jacques. Quand on apprend de surcroît qu'elle est enceinte, il n'en faut pas plus pour créer tout un émoi dans la famille.

En plus de Laurie, Jacques et Francine ont eu un fils, Nicolas (Patrick Drolet), un anxieux bordélique encore marqué par la disparition de sa soeur. De retour du Pérou après plusieurs années d'absence, Francine s'incruste chez son fils, dissimulant un mal terrible et d'autres secrets qu'on finira par dévoiler. Bonne idée des producteurs de confier ce rôle dramatique à Véronique Le Flaguais, qui collectionne les rôles comiques depuis Du tac au tac.

Claire et Jacques ont eu deux filles, dont l'aînée, Flavie (Catherine Renaud), psychiatre, lesbienne malheureuse en amour, qui donne de son temps à une maison d'hébergement de jeunes en difficulté. La cadette, Mathilde (Charli Arcouette), est tout le contraire. Mère de trois enfants, elle vit avec un coureur automobile qui n'en veut qu'à l'argent de son beau-père.

Un joyeux quatuor

En parallèle, nous apprendrons à connaître Christian (Frédérick De Grandpré), qui vit avec son fils adolescent Clovis (Antoine Olivier Pilon, vedette de Pee-wee 3D) à Havre-Saint-Pierre. Celui-ci n'avait que trois ans quand sa mère a disparu. En fugue à Montréal, il retrouvera sa tante Samantha (Maude Guérin), perruquière à qui Claire fait souvent appel. On risque d'aimer le cercle d'amies de Claire, qui se retrouve souvent pour des soupers bien arrosés et que Jacques surnomme avec ironie «les poules». La trop rare Dominique Quesnel, Marie Michaud, Sylvie-Catherine Beaudoin et Mireille Deyglun composent ce joyeux quatuor.

Ces folles soirées permettront d'alléger l'existence de Claire, dont on connaîtra un à un les patients, atteints des formes les plus graves de cancer. Parmi eux, un jeune hockeyeur réfractaire aux traitements, un homme qui a perdu l'usage de la parole et une femme en phase terminale. Est-ce pour mieux oublier ce triste quotidien que Claire s'allume un petit joint de temps en temps?

Pour jouer ce personnage, on ne pouvait mieux choisir que Marie-Thérèse Fortin. Nul doute que l'ancienne maman de Charlotte saura gagner le coeur des télé-spectateurs dans ce rôle mêlant conviction et sensibilité. Les amateurs d'oeuvres au suspense intenable risquent de trouver Mémoires vives un peu lent et avare de rebondissements spectaculaires. Les autres, qui aiment s'attacher à des personnages pour longtemps et échafauder des théories à partir d'indices dévoilés au compte-gouttes, devraient constituer un public de fidèles aussi assidu que l'était celui de Providence.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer