Sébastien Diaz: tout voir

«Aujourd'hui, les émissions culturelles sont centrées sur les... (Photo Télé Québec)

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«Aujourd'hui, les émissions culturelles sont centrées sur les vedettes, on parle plus d'elles que de leur travail, les diffuseurs veulent des noms payants. À Voir, on aime mettre l'artiste de l'avant.»

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Animateur de l'émission Voir à Télé-Québec pour une quatrième saison, Sébastien Diaz fêtera au printemps sa 100e émission. Avant son retour le mercredi 9 janvier à 20h pour une heure consacrée à l'Abitibi avec entre autres Richard Desjardins, l'occasion est idéale pour connaître ses aspirations, au terme d'une année culturelle riche mais difficile pour l'industrie. Diplômé de l'École de cinéma de l'Université Concordia et réalisateur de Sucré salé à TVA depuis 2006, l'animateur de 31 ans a aussi porté les chapeaux de journaliste, de scripteur, de concepteur et de multi-instrumentiste.

Q Sébastien, tu réalises toi-même les prestations musicales de Voir. Rêves-tu de réaliser ton propre long métrage?

R Oui, j'ai d'ailleurs deux projets de courts métrages. Chaque fois que je fais des entrevues avec des réalisateurs, je leur pique des trucs. Faire du cinéma, c'est vraiment mon but.

Q Es-tu surpris que le public s'intéresse si peu à notre cinéma?

R J'ai du mal à me l'expliquer. C'est très dommage. Ça vient par vagues, même en musique, nous n'avons pas connu de gros succès, mais plusieurs succès d'estime. Les gens n'ont pas consommé de culture québécoise nulle part, sauf pour Star Académie, qui est un cas à part.

Q Aimerais-tu jouer dans un téléroman?

R Jamais! Enfant, j'ai pris des cours à l'Atelier du jeune acteur à Radio-Canada, comme plusieurs comédiens dans les années 80. L'an dernier, Bianca [Gervais, sa femme] et moi avons joué nos propres rôles dans la websérie 11 règles avec Patrice Bélanger et Mélissa Désormeaux-Poulin, et je me suis trouvé tellement mauvais, ce n'est pas ma place. J'ai trop de respect pour les acteurs.

Q Penses-tu réaliser une oeuvre dans laquelle jouerait ta blonde?

R Ça n'a pas adonné encore, mais on s'est toujours dit qu'on le ferait un jour. Je me demande si je me freinerais dans mes commentaires. J'attends encore le moment de la recevoir en entrevue à Voir. Bianca a plusieurs projets de cinéma en ce moment, donc ce n'est pas impossible.

Q Les magazines culturels qui durent sont rares. Faut-il se sentir investi d'une mission?

R Au début, je m'en faisais beaucoup quand je voyais les cotes d'écoute de Voir. Les gens consomment beaucoup de culture, mais regardent peu les magazines culturels, et c'est en partie à cause du Web, qui nous devance sur tout. Aujourd'hui, les émissions culturelles sont centrées sur les vedettes, on parle plus d'elles que de leur travail, les diffuseurs veulent des noms payants. À Voir, on aime mettre l'artiste de l'avant. C'est tout de même étrange qu'aux Gémeaux, Voir se retrouve en nomination contre Ricardo. On dirait qu'on ne sait plus où mettre les shows culturels.

Q Quels étaient tes modèles de magazines culturels?

R J'ai grandi avec Flash que je regardais tous les soirs. Mange ta ville a été une inspiration comme show culturel très léché. Pour les entrevues, George Stroumboulopoulos a été un modèle et je rêve d'animer un show comme le sien. Je regardais La bande des six quand j'étais petit, même si je n'y comprenais rien!

Q Pourquoi retrouve-t-on aussi peu de critique culturelle à la télévision?

R Au Québec, on a peur de la chicane. Nous sommes les rares à en faire. Nos chroniqueurs sont détachés, n'ont pas beaucoup d'amis en télé et peuvent se permettre de dire ce qu'ils veulent. J'admire Anne-Marie Withenshaw à C'est juste de la TV, qui ose critiquer ses propres amis, toujours avec tact et finesse. C'est un art!

Ses musts en...

Cinéma : J'ai tout vu ce qu'a fait Woody Allen de façon obsessive, Manhattan a été une révélation.

Musique : Karkwa et tous ses dérivés. Je ne serais pas gêné de les envoyer sur la scène internationale ou de les comparer à Radiohead.

Télévision : Les Simpson, pour le travail de l'équipe de doublage depuis 23 ans. Je suis un fan fini des voix québécoises.

Théâtre : Robert Lepage. Nous avons eu la chance de visiter les coulisses de la caserne à Québec et de fouiller dans sa bibliothèque.

Danse : Édouard Lock de La La La Human Steps, où j'ai été stagiaire durant un été. Ce sont des pionniers en danse contemporaine. J'ai pleuré en voyant le film Amelia.

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