Vous dire le nombre de lecteurs qui se sont plaints dans les dernières semaines d'entendre une narration saccadée entre les dialogues durant leur série préférée, sans savoir qu'il s'agissait de la vidéodescription, un service offert à l'intention des non-voyants. Comme dans cette scène de Mauvais karma.
En principe, cette fonction, qui décrit oralement les décors, les costumes et le langage corporel, n'apparaît que lorsqu'on en fait la demande, comme les sous-titres pour malentendants. Or, plusieurs téléspectateurs l'ont activée par erreur, ou pensent se l'être fait imposer sans même avoir coché cette option sur leur téléviseur ou leur terminal de câble ou de satellite. Dur de trouver un coupable.
Radio-Canada propose quatre heures par semaine de contenu avec vidéodescription en période de grande écoute. Le diffuseur a reçu suffisamment de plaintes pour créer une page Internet expliquant comment désactiver la fonction vidéodescription à l'adresse auditoire.radio-canada.ca. Seuls ceux qui regardent la télé en SD (l'ancienne définition avant la HD) auraient connu ce problème, de même que des internautes qui avaient choisi de regarder leurs émissions sur Tou.tv.
Un soir de l'an dernier, tout le monde qui regardait Mauvais karma a dû subir par défaut la vidéodescription pendant de longues minutes sans pouvoir rien y faire, au début d'un épisode. Au début, certains ont cru que la narration faisait partie de l'histoire, avant de comprendre qu'il y avait un problème. Radio-Canada reconnaît sa responsabilité dans ce cas précis, mais ajoute qu'un tel bogue ne s'est jamais reproduit depuis.
Autre irritant majeur à Radio-Canada: même lorsque la vidéodescription n'est pas en fonction, une voix annonce qu'elle est offerte dans l'intro de l'émission. Le problème, c'est que l'annonce parlée - «Cette émission est offerte en vidéodescription» - enterre parfois les dialogues, comme ce fut le cas dans le résumé en introduction de Mauvais karma il y a deux semaines. Décidément, voilà une série qui porte bien son titre.
Pourquoi donc cette annonce n'est pas faite avant l'émission, comme c'est le cas pour les avertissements de scènes de nudité et de langage grossier «qui pourraient offenser certains téléspectateurs»? À Télé-Québec, où seule 1, 2, 3... Géant possède la vidéodescription, une courte animation précède l'émission sans empiéter sur le contenu.
Même les chaînes Télé Astral doivent fournir quatre heures par semaine de vidéodescription à leur clientèle depuis avril dernier, du moins celles qui consacrent plus de la moitié de leur programmation à des fictions, des émissions pour enfants et des documentaires. Par exemple, à Canal D, on fournit une vidéodescription pour la série Histoires de crime, à VRAK, pour Frank vs Girard, et à Ztélé, pour Les testeurs. Canal Vie n'en présente aucune. Le contrat de vidéodescription est confié à une firme externe, Sette, spécialisée aussi dans le sous-titrage.
Un samedi Québec-Sherbrooke
Les stations de Radio-Canada à Québec et en Estrie profiteront samedi des deux matchs qui opposent les deux villes au football universitaire et au hockey junior pour présenter une programmation spéciale. D'abord, de 12h30 à 13h, on propose Le duel Québec-Sherbrooke, juste avant la rencontre entre le Rouge et Or et le Vert et Or au stade de l'Université de Sherbrooke. Puis, quelques reportages seront intégrés au Téléjournal Québec de Guillaume Dumas à 18h.