Bianca Gervais : l'amour old fashion

Bianca Gervais tourne actuellement la comédie dramatique Tu... (Photo La Presse, Ivanoh Demers)

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Bianca Gervais tourne actuellement la comédie dramatique Tu m'aimes-tu?, en ondes à l'automne à Radio-Canada.

Photo La Presse, Ivanoh Demers

Richard Therrien

Richard Therrien
Le Soleil

(Québec) Le romantisme s'est déjà mieux porté... Mariée depuis bientôt un an avec l'animateur Sébastien Diaz, Bianca Gervais croit toujours au grand amour et sent un retour aux valeurs traditionnelles. À l'inverse, son personnage dans la nouvelle comédie dramatique Tu m'aimes-tu?, signée Frédéric Blanchette et Steve Laplante et diffusée à l'automne à Radio-Canada, renoncera à son amoureux, joué par Sébastien Huberdeau. Rencontre avec une actrice qui respire le bonheur.

Q. Parle-nous de ton personnage dans Tu m'aimes-tu?

R. Je joue Valérie, l'ex de Fred, qui vient de le quitter. C'est une carriériste, un peu égocentrique et matérialiste, qui trouvait que son chum n'avait pas de colonne et qui voulait évoluer. Pour elle, Fred manquait d'envergure. Mais c'est souvent quand on perd quelque chose qu'on réalise que ce n'était pas si pire, et elle voudra le ravoir. Sauf que dans la tête de Fred, Valérie est morte, même qu'il ira fréquenter un groupe d'aide pour personnes endeuillées.

Q. Tu retrouves Sébastien Huberdeau, qui était ton amoureux dans Le monde de Charlotte.

R. J'avais 15 ans à l'époque, c'est avec lui que j'ai joué ma première scène d'amour dans un lit. Quand t'es jeune, tu confonds fiction et réalité, tellement que j'étais éperdument tombée amoureuse de Sébastien! C'était un gentil acteur, qui prenait soin de moi entre les scènes, et j'ai mélangé les choses.

Q. Comment avait-il réagi à l'époque?

R. Il ne l'a jamais su avant que je le lui dise cette année! Il m'a dit qu'il s'en doutait, mais qu'il n'avait pas voulu aller plus loin.

Q. Tu m'aimes-tu? n'est pas une série cynique, n'est-ce pas?

R. Au contraire, il y a quelque chose de frais et candide dans cette série-là. On se retrouve tous là-dedans, on a tous connu des relations jetables, les incertitudes des premières dates, les «est-ce que je lui dis que je l'aime?», ou si on devrait écrire sur Facebook qu'on est en couple ou non. La trame est humoristique, mais le fond est vrai et authentique.

Q. Comment se porte l'amour chez les gens de ta génération en 2012?

R. Je trouve ça triste. On est dans une société qui consomme vite. Moi, je suis une old fashion, et je trouve triste qu'on consomme avant de dire «je t'aime», tout le processus de la rencontre, du flirt, du baiser dans le cou, tout ça n'existe plus. Je sens quand même un retour aux valeurs d'antan. Les enfants du divorce, on veut réussir là où la plupart de nos parents ont échoué. J'ai plein de gens autour de moi qui croient au mariage, peut-être pas à l'église, mais à leur façon, qui veulent fonder une famille, un chien, vivre en banlieue.

Q. Comment aimes-tu la direction de Podz, qui réalise la série?

R. J'ai plus appris dans les derniers mois que dans les dernières années. C'est vraiment enrichissant. Podz nous ramène toujours quand on veut en donner trop. Avec Podz, c'est du «non-jeu». Au début, j'étais très insécure, mais une fois que j'ai eu compris, ça a marché. J'en sors grandie, je maîtrise un peu mieux mon art.

Q. Tu as eu ton premier grand rôle dans Le monde de Charlotte. Vois-tu encore tes camarades de l'époque?

R. On s'écrit et on s'appelle pour nos fêtes. Dans le temps, on était tout le temps ensemble. Je n'ai jamais revécu ça par la suite, une famille tissée serré pendant cinq ans. Je suis un peu nostalgique de cette époque.

Zoom sur...

Bianca Gervais

Mon premier emploi à la télé: À 10 ans, dans la série Lobby, je descendais les escaliers et je chantais «Bonne fête!»

Enfant, j'adorais regarder...: Enfanforme avec Élyse Marquis et Joël Legendre.

Je ne manque jamais...: Dans l'oeil du dragon. À un point tel qu'on s'est tapé la série canadienne, qu'on a trouvée moins bonne.

Je ne regarde jamais...: Les téléréalités bon marché.

Si c'était à refaire...: Quand j'étais trop vieille pour jouer les ados et trop jeune pour jouer des femmes, je me suis ramassée chez moi toute seule. On me disait que j'étais trop jeune, et moi, je refusais ça et j'ai voulu jouer «la totale». Ça m'a nui. Mainte­nant, je me bats encore contre ce stéréotype. Avec la série de Podz, j'espère que ça va casser l'image. Si c'était à refaire, j'attendrais. Je suis plus que la pitoune que certains ont pu croire que j'étais.

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