«Depuis les Jeux de Pékin, le nombre de plateformes médias a explosé. Même le grand fan de tennis de table pourra en voir huit heures en ligne s'il le veut», explique Domenic Vannelli, vice-président aux opérations de RDS et producteur délégué pour le Consortium médiatique canadien de diffusion olympique.
Responsable de toute la production, RDS enverra 55 personnes dans la capitale britannique, alors que 250 autres resteront dans les studios de Montréal. Bien entendu, les compétitions les plus attendues seront visibles en direct à V, où Jean Pagé sera chef d'antenne en soirée.
Richard Garneau, qui animera les cérémonies d'ouverture et de fermeture et commentera les compétitions d'athlétisme, en est à ses 23es Jeux olympiques. Et il aime encore ça.
«En dépit de toutes les vicissitudes qui ont marqué les Jeux olympiques, ça doit être la passion. L'an prochain, ça fera 60 ans que je ferai ce métier.» Il admet être devenu cynique face aux accusations de dopage et en faire presque abstraction. «Bruny Surin ne sera pas d'accord avec moi, mais je me dis que si les huit finalistes du 100 mètres sont dopés, c'est encore le meilleur qui gagne!»
M. Garneau se passionne maintenant pour le soccer, une discipline qu'il n'a jamais eu à commenter. «Je suis l'Euro fidèlement.» Pour le Canada, qui avait remporté 18 médailles aux Jeux de Pékin, il prédit à peu près le même nombre cet été.
L'état d'Alexandre Despatie inquiète
Annie Pelletier, qui analysera les compétitions de plongeon avec Félix Séguin, a bien sûr été ébranlée en apprenant qu'Alexandre Despatie s'était blessé à la tête en heurtant le tremplin il y a quelques jours. «J'ai pensé à un canular», admet la médaillée olympique, qui croit néanmoins que le plongeur ne jettera pas l'éponge. «Il nous a prouvé à plusieurs reprises que dans l'adversité, sur la corde raide, c'est le meilleur athlète au Québec pour gérer une telle situation.»
Elle souhaite seulement que sa blessure se limite à une ecchymose et des points de suture, et non pas à un traumatisme crânien et une commotion cérébrale, qui pourraient compliquer sa remise en forme.
Alors qu'on devrait le savoir depuis longtemps, on ignore encore quel sera le diffuseur des prochains Jeux de 2014 à Sotchi et de 2016 à Rio de Janeiro. Un consortium composé de RDS, CTV et CBC/Radio-Canada a déjà déposé deux offres qui ont été refusées par le Comité international olympique (CIO).
«Il y a une grande différence d'opinions sur la valeur des prochains Jeux», explique le président-directeur général de RDS, Gerry Frappier. Selon lui, le CIO souhaiterait maintenir le prix des Jeux de Vancouver, exorbitant pour le pays hôte. «C'est difficile pour le CIO d'accepter un recul, mais c'est un recul absolument nécessaire pour refléter la valeur actuelle des Jeux.» Il confirme par ailleurs que V n'est pas candidat pour la diffusion des prochains Jeux.
La concurrence fait monter les enchères
À propos de la fin du monopole de RDS, Gerry Frappier n'est pas contre la concurrence, mais il constate que depuis l'arrivée de TVA Sports, les enchères montent de façon spectaculaire sur les droits de diffusion des grands événements sportifs. «Ultimement, cette facture-là va être refilée aux consommateurs. Est-ce que le consommateur est gagnant? Moi, je pense qu'il est perdant», nous a-t-il confié en marge de la présentation annuelle de RDS aux annonceurs.
Il prend pour exemple le Masters de golf, acquis à gros prix par TVA Sports. «Nous avions fait une offre très au-delà de ce que nous faisions par le passé, et nous l'avons quand même perdu.» Selon lui, la nouvelle chaîne sportive de Québecor ne pourra pas payer ces prix à l'infini. «À long terme, si tu fais ça avec toutes les propriétés, tu vas te casser la gueule.»
Gerry Frappier affirme que l'arrivée de TVA Sports n'a pas nui aux parts de marché de RDS. «La perte de parts de marché qu'a subie RDS dans la dernière année n'est pas reliée à TVA Sports, mais à la performance du Canadien», précise-t-il.