Q. Cette troisième saison me semble plus corsée que les précédentes. Est-ce votre impression?
R. Absolument. C'est la saison qui m'a fait vivre le plus grand nombre d'émotions et beaucoup de stress. On s'est souvent demandé si nos chefs finiraient à temps, il y a eu beaucoup de rebondissements, des imprévus de dernière minute. Les défis sont plus difficiles, plus corsés, mais c'est une brigade qui est capable d'en prendre.
Q. Les juges peuvent se montrer très sévères. Trop à votre goût?
R. Non, je les trouve justes, ils connaissent ça, ce sont des encyclopédies de la cuisine. S'ils disent qu'untel a trop cuit sa sauce, je les crois. Ils le font toujours dans le respect, pour aider les candidats, et non pour démolir. Des fois, c'est dur à recevoir, parce qu'ils y ont mis leurs tripes. Mais, de toute façon, ça se passe comme ça dans les vraies cuisines, s'ils se plantent, ils le sauront. Les chefs!, c'est une formation en accéléré.
Q. Y a-t-il trop d'émissions de cuisine?
R. Je suis une bonne cliente, alors je serais bien mal placée pour dire qu'il y en a trop. Et on a quand même attiré 1,3 million de téléspectateurs lors de la finale l'an dernier. Je pense qu'on a parti le bal au Québec; avant Les chefs!, il n'y avait pas autant d'émissions de cuisine. On a donné le goût aux gens de cuisiner, moi la première, je cuisine beaucoup plus qu'avant. Je ne suis pas meilleure, mais j'essaie! Avant, on pensait boire du bon vin en buvant de L'Oiseau bleu et des trucs en vinier; maintenant, avec l'éducation qu'on a reçue, on connaît plus ça. C'est la même chose en cuisine, on veut apprendre les techniques de base, on veut manger mieux.
Q. Si les juges étaient invités chez vous, qu'auraient-ils à vous reprocher le plus?
R. La liste serait trop longue! Oubliez ça, je ne voudrai jamais les recevoir. J'aime cuisiner, mais je ne partais de rien quand j'ai commencé aux Chefs!, je n'avais jamais accordé de temps à la cuisine. Maintenant, quand je sors d'un enregistrement, je sors la tête bourrée d'informations. Mais le jour où je vais inviter Daniel [Vézina] et les juges chez moi, je vais caller de la pizza!
Q. Qu'aimez-vous le plus cuisiner?
R. J'aime beaucoup faire de bonnes pâtes, des vinaigrettes et du poisson.
Q. Quel est votre péché mignon?
R. Quand je vais au resto, L'Incrédule par exemple [à Longueuil], je commande souvent l'onglet de boeuf avec de bonnes grosses frites, je ne veux rien savoir des légumes!
Q. Et ce que vous n'aimez pas manger?
R. Le boudin, je trouve ça difficile, ce n'est pas un naturel pour moi.
Q. Vous avez longtemps coanimé 2 filles le matin, vous ennuyez-vous de la télévision au quotidien?
R. Non, parce que c'est un rythme très intensif, c'est un marathon. Quand j'ai commencé à 2 filles le matin, on m'avait prévenue que j'entrais en religion, et c'est tout à fait vrai. Pour être une bonne animatrice, il faut avoir lu le livre de l'invité, ou avoir vu son film. Je ne m'en ennuie pas, je suis bien à la radio, qui impose un rythme plus doux et me permet de faire autre chose en même temps.
Q. Vous avez lancé un album de chansons. Qu'avez-vous retenu de cette expérience?
R. Ça m'a mis dans un état de stress épouvantable! Mais quel plaisir en même temps. C'était un rêve de petite fille, j'en ai pleuré. Je ne me dévoile pas beaucoup dans la vie, je mets en lumière les autres, et je ne me suis jamais autant dévoilée que dans mes chansons. Quand je me suis rendu compte que les projecteurs étaient sur moi, je me suis sentie bizarre, ça m'a déstabilisée. Même si je ne le faisais pas pour ça, ça s'est bien vendu, et il y a une possibilité que j'en produise un deuxième.
Zoom sur...Julie Bélanger
Mon premier emploi à la télé: Des capsules pour annoncer la programmation à TQS Québec.
Enfant, j'adorais regarder...: Passe-Partout et Candy, qui me faisait pleurer chaque semaine.
Je ne manque jamais...: Star Académie. Les jeunes m'ont beaucoup impressionnée. Et Tout le monde en parle.
Je ne regarde jamais...: Les documentaires animaliers.
Si c'était à refaire...: Vraiment rien. Je suis heureuse de mon parcours. J'arrivais de Port-Cartier, je m'imaginais que je n'avais pas ma place dans ce domaine, et j'ai pu prouver le contraire.