Si le niveau des candidats a aussi monté d'un cran, comme nous le promettent les gens de la production, ce n'est pas dans la première émission qu'on en aura la meilleure preuve. Mis au défi de préparer un bison en croûte façon Wellington, les aspirants chefs ont connu toutes les difficultés du monde, plusieurs étant incapables de boucler leur menu.
«Une catastrophe», dira même un des trois juges à propos du travail d'un élève dépassé par le niveau de difficulté de l'épreuve.
«Les chefs!, c'est aussi un concours de débrouillardise», souligne Daniel Vézina, de retour aux côtés de Julie Bélanger à l'animation. Nos trois juges, Jean-Luc Boulay, Normand Laprise et Pasquale Vari, reviennent tout aussi mordants. Ils seront sans pitié devant l'ailloli imposé aux deux candidats désignés pour le duel de la fin.
«Ce sont des cuisiniers qui aiment l'adrénaline et on leur a servi des défis à la hauteur de leurs attentes», affirme Nancy Charest, productrice à La Presse Télé, qui remarque que les candidats de cette année sont arrivés plus préparés que ceux des saisons précédentes. On a aussi multiplié les commandes imprévues, comme il peut en arriver en cuisine dans de vrais restaurants.
Encore une fois, chapeau pour la présentation des candidats, concise et parsemée durant la première émission. On aura bien le temps de découvrir chacun des candidats sans avoir besoin de savoir avec qui ils couchent. Trois d'entre eux proviennent de Québec, Dominic Jacques, 30 ans, Sébastien Laframboise, 24 ans, et Pierre-Laurence Valton-Simard, 29 ans, et un autre d'East Broughton en Beauce, Élie Roy, 23 ans.
Aucun Guillaume parmi la brigade, comme les deux grands gagnants des saisons précédentes, et il est encore trop tôt pour identifier un indésirable, une tête forte ou un talent hors du commun. Un est originaire du Maroc, un du Liban et une autre, de la France.
Rivalité
Autre constatation : la camaraderie des premières saisons a fait place à une plus grande rivalité au sein de la brigade. «Les autres années, il y avait un esprit d'équipe tellement fort que la compétition semblait moins intense. Les gens s'aidaient entre eux. Cette année, on assiste à un peu plus de rigueur et à un sens plus compétitif», confie Daniel Vézina, qui prodiguera ses conseils aux aspirants chefs dans des ateliers disponibles sur le site Web de l'émission.
La finale, le point faible des deux premières saisons, prendra une tout autre forme cette année, puisqu'on demandera aux derniers candidats de préparer un repas gastronomique à l'intention de 50 convives, sélectionnés par un tirage au sort. L'émission sera tournée quelques jours avant sa diffusion à la fin de l'été. Le gagnant remportera 50000$ en prix.
Profitant de l'engouement suscité par Les chefs! sur les réseaux sociaux l'été dernier, on invite les fans de l'émission à choisir leur participant favori.
En passant, si vous vous demandez ce qu'il advient d'Arnaud Marchand, de la première saison, il a ouvert le bistro Chez Boulay avec Jean-Luc Boulay rue Saint-Jean à Québec, alors que Guillaume Cantin, aussi de la première saison, travaille à la Maison Boulud au Ritz-Carlton à Montréal.
Tournage à Québec
Comme c'est le cas pour Dans l'oeil du dragon, aussi tournée à Québec, la production des Chefs! dépend du Fonds d'amélioration de la programmation locale (FAPL). Le gouvernement fédéral annoncera en juillet si cette taxe imposée aux abonnés du câble et du satellite est renouvellée.
«Si le FAPL est coupé, ça va nous causer de grands problèmes, reconnaît la directrice générale des services régionaux de Radio-Canada, Patricia Pleszczynska. C'est certain que le FAPL joue un très grand rôle dans notre capacité de prendre des risques avec des formules différentes.»