Après avoir interviewé tout le bottin de l'Union des artistes, Josélito Michaud se tourne maintenant vers ceux qu'il appelle ces «inconnus d'exception», des gens ordinaires qui ont dû traverser des épreuves en apparence insurmontables. Pour le retour d'On prend toujours un train pour la vie demain à 21h à Radio-Canada, il rencontre entre autres Marie-Claude Lemieux, une jeune femme victime du syndrome de verrouillage, incapable de bouger et de parler, comme le personnage principal du film Le scaphandre et le papillon. Un échange poignant, avec son conjoint qui lit sur ses lèvres. Et toujours ce même but : comprendre les comportements humains.
Q Josélito, cette entrevue a-t-elle été l'une de vos plus difficiles?
R Je pense que j'en ai fait à peu près 6000 dans ma vie, et celle-là entre dans les deux plus difficiles, avec celle d'Isabelle Gaston. Quand je regardais Marie-Claude, je me demandais sans arrêt comment j'aurais réagi si ça m'était arrivé, puis, si c'était arrivé à ma femme. Frédéric Boulianne, son chum, est un héros.
Q Vous qui avez rencontré toutes les vedettes, est-il plus difficile de faire parler monsieur et madame Tout-le-Monde?
R Non. Il faut seulement que les questions soient claires, parce qu'ils n'ont pas l'habitude des entrevues. Après sept ans à aborder ce genre de sujets, je me rends compte que les gens ont seulement besoin d'être écoutés. Et on n'écoute plus grand monde aujourd'hui. Regardez autour de vous, à combien de gens pouvez-vous vraiment dire comment vous vous sentez?
Q Pourquoi on écoute si peu?
R Il y a quelque chose de compromettant dans l'écoute. Parce qu'il faut donner une réponse ensuite, qu'elle soit judicieuse, et parce que ça nous ramène à nous-mêmes. On ne veut pas être confronté à soi, on a peur. Peur de l'intimité, que les mêmes événements nous arrivent, qu'on va attirer le malheur.
Q Quand savez-vous, à la fin d'une entrevue, que vous avez atteint votre but?
R Je ne dis jamais ça! Je suis tellement concentré que je ne me souviens pas de tout ce qui a été dit. Au montage par contre, je suis capable d'apprécier un peu plus.
Q Vous n'êtes jamais satisfait de votre travail?
R Jamais. Je traîne ça depuis mon enfance. Je ne suis pas contemplatif de ma carrière, je n'ai pas une très haute estime de moi-même. Ça vient vraiment du fait de ne pas avoir entendu beaucoup de compliments.
Q On vous connaît pour vos entrevues, mais y a-t-il autre chose que vous aimeriez exploiter chez vous?
R J'aime beaucoup faire des variétés. D'ailleurs, je prépare une nouvelle émission assez différente du Train, sur un sujet qui m'intéresse beaucoup. Pour le reste, ma vie tourne beaucoup autour de la souffrance humaine. Quand j'ai rencontré Oprah Winfrey, mon idole, j'ai vu dans ses yeux la solitude, je la sentais seule dans toute sa célébrité.
Q Votre femme Véronique Béliveau a chanté à Pénélope McQuade pour la première fois depuis très longtemps. Comment l'avez-vous trouvée?
R Elle ne voulait pas du tout, mais je l'ai convaincue de le faire pour notre fille, qui pleurait dans l'assistance en voyant sa mère. J'ai ressenti une telle fierté, c'est une grande dame. Après, je lui ai demandé si elle souffrait d'être dans mon ombre, et elle m'a dit qu'elle était parfaitement heureuse comme ça.
»» Zoom sur... Josélito Michaud
Mon premier emploi à la télé...
Directeur à Star Académie. Si je suis connu aujourd'hui, c'est grâce à Julie Snyder.
Enfant, j'adorais regarder...
Fanfreluche, Janette Bertrand, Mont-Joye, Les forges de Saint-Maurice, Rue des Pignons.
Je ne manque jamais...
Tout ce qu'Oprah fait, même si je n'aime pas sa chaîne. Oprah's Next Chapter, c'est extraordinaire.
Je ne regarde jamais...
Le sport, sauf Le match avec Dave Morissette, mon plaisir coupable.
Si c'était à refaire...
Un talk-show. Quand j'ai animé la dernière du Verdict avec Véronique Cloutier, j'y ai vraiment repris goût.