L'art de vendre un projet télé

Lucie Quenneville, de V télé, Louise Lantagne, de... (Jean-Guy Thibodeau)

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Lucie Quenneville, de V télé, Louise Lantagne, de Radio-Canada, Dominique Chaloult, de Télé-Québec, et Lyne Denault, de Canal Vie, ont participé à une rencontre sur l'art du pitch télévisuel.

Jean-Guy Thibodeau

Richard Therrien

Richard Therrien
Le Soleil

Ce qui est très à la mode présentement dans les marchés internationaux de télévision? Les émissions de rencontres, appelées communément dating shows, qui occupent la moitié des projets soumis aux télédiffuseurs. Comme quoi on ne réinvente pas la télévision.

«Il y a aussi beaucoup d'émissions de thérapies», a remarqué la vice-présidente, programmation et acquisitions chez V, Lucie Quenneville, hier, au cours d'un déjeuner-causerie organisé par l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision. Le sujet de la rencontre : «Vendre son idée ou l'art du pitch». Environ 300 personnes du milieu de la télévision, producteurs et créateurs, assistaient à la discussion, animée par France Beaudoin, à l'Hôtel Westin Montréal.

Pour en débattre, quatre patronnes de programmation, celles qu'il faut convaincre pour qu'une émission aboutisse en ondes : Lucie Quenneville de V, Louise Lantagne de Radio-Canada, Dominique Chaloult de Télé-Québec et Lyne Denault de Canal Vie.

Sans livrer tous leurs secrets, ces dames aux postes stratégiques ont donné quelques conseils aux débutants pour susciter leur intérêt. Comme celui de bien connaître leurs chaînes avant d'essayer de se vendre. «Il y en a qui viennent me proposer des projets, mais qui n'écoutent jamais la télévision, qui n'aiment pas la télé. Ils pensent qu'ils vont révolutionner la télévision», a confié Louise Lantagne. Ne lui parlez pas d'émissions de rencontres, elle n'en veut pas dans sa grille, Dieu merci.

Beaucoup d'appelés, peu d'élus

De toute façon, ce ne sont pas les projets d'émissions qui manquent : les chaînes en reçoivent de 150 à 300 chaque année. Beaucoup d'appelés, peu d'élus au moment d'annoncer les décisions finales. Il faut parfois faire preuve d'acharnement, comme l'a raconté Lyne Denault, qui a refusé à répétition un projet d'émission de cuisine animé par un nouveau chef, alors inconnu. «Les producteurs me sont revenus avec des images, et c'était Louis-François Marcotte. Je vous jure, ça a pris cinq secondes, et c'était oui.» Le chef est rapidement devenu l'une des têtes d'affiche de Canal Vie.

Si les quatre patronnes s'entendent pour dire qu'une bonne adaptation d'un concept étranger est toujours bienvenue, elles préfèrent de loin connaître du succès avec une idée originale. Même à V, dont les titres les plus regardés sont des adaptations, et dont la moitié de l'auditoire n'a pas 50 ans. Lucie Quenneville rappelle néanmoins que sa chaîne a osé en confiant deux adaptations à Alexandre Barrette (Atomes crochus et Taxi payant), avant qu'il devienne aussi populaire, et que notre version d'Un souper presque parfait diffère énormément des autres dans le monde. «L'équipe travaille autant que s'il s'agissait d'une idée originale», souligne-t-elle.

Alors que Radio-Canada produisait jadis la majeure partie de ses émissions, Louise Lantagne s'est dite convaincue que confier la production à des producteurs indépendants a permis de générer beaucoup de créativité et de multiplier les idées. «C'est devenu vital pour notre industrie», note-t-elle.

Les producteurs qui se donnent parfois du mal à acquérir les droits d'une oeuvre littéraire ou qui envisagent la production d'une émission pilote, très coûteuse, risquent d'être déçus s'ils n'ont pas l'équipe et l'expérience pour appuyer leur projet. Mais alors qu'au Canada anglais, plus aucune décision ne se prend sans la production d'une émission pilote, un procédé calqué sur le modèle américain, le Québec donne généralement plus de temps à une émission pour prendre forme, même à l'antenne, pour le meilleur mais aussi pour le pire.

Plainte du Syndicat contre Radio-Canada

Le Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC) porte plainte auprès du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, estimant que le diffuseur public ne respecte plus ses engagements de licence, encore moins depuis les récentes compressions. Le SCRC rappelle que RDI devrait produire le tiers de ses émissions à l'extérieur de Montréal, ce qui n'est pas le cas actuellement, et que Radio-Canada diffuse trop peu d'émissions dans le secteur musique, danse et variétés, ignorant ainsi la réglementation. Le Syndicat s'oppose enfin aux demandes de modification de licence qui concernent entre autres l'introduction de publicité sur Espace Musique et CBC Radio 2.

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