Le roman de James M. Cain avait déjà fait l'objet d'une première adaptation en 1945 par Michael Curtiz, avec la grande Joan Crawford dans le rôle titre. Cette fois, c'est Kate Winslet qui endosse le rôle titre, celui d'une mère au foyer qui, dans le Los Angeles de la Grande Dépression, prend son destin en main, après un divorce, en se lançant dans la restauration.
Or, le parcours professionnel et, surtout, personnel de Mildred Pierce ne sera pas de tout repos. La quadragénaire aura à composer avec une tragédie familiale et l'incompréhension de sa fille aînée, Veda (jouée successivement par Morgan Turner et Evan Rachel Wood), un monument d'égoïsme, de suffisance et de snobisme.
Les années n'aideront en rien au rapprochement entre la mère et la fille. Une fois adulte, et devenue chanteuse d'opéra célèbre, Vida poussera l'arrogance à détruire le second mariage de Mildred, ravagée par la culpabilité et l'incompréhension.
D'une durée de cinq heures et demie (que le Cartier présente en six séances à compter d'aujourd'hui), Mildred Pierce compte évidemment ses hauts et ses bas, ses montées dramatiques et ses baisses de régime. Malgré tout, grâce à la performance de Kate Winslet et à la réalisation de belle facture de Haynes, la série tient la distance.
Le diable se cache dans les détails. L'idylle de l'héroïne avec son amant gigolo (Guy Pearce) évolue en dents de scie. On s'étonne aussi de voir celle-ci tourner la page aussi rapidement sur une tragédie qui laisserait n'importe qui en miettes pendant longtemps. De la même façon, ses problèmes financiers (un aspect important de la série) semblent toujours se résoudre comme par magie grâce à la bienveillance d'un ex-mari évanescent. La Grande Dépression, Mildred Pierce ne connaît pas...
Au générique
Cote : ***
Titre : Mildred Pierce
Genre : drame
Réalisateur : Todd Haynes
Acteurs : Kate Winslet, Evan Rachel Wood, Brian F. O'Byrne, Guy Pearce, Melissa Leo, Mare Winningham, Morgan Turner et James LeGros
Salle : Cartier (version originale anglaise avec sous-titres français)
Classement : général
Durée : 5h36 (six séances)
On aime : le jeu inspiré de Kate Winslet, la reconstitution d'époque, la trame musicale
On n'aime pas : les raccourcis du scénario, la relation de l'héroïne avec son ex-mari, son attitude post-tragédie