Michel Courtemanche: les malheurs de l'homme sourire

Le documentaire Michel Courtemanche : l'homme qui faisait... (La Presse, André Pichette)

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Le documentaire Michel Courtemanche : l'homme qui faisait des grimaces raconte la descente aux enfers, mais aussi la réhabilitation de l'humoriste qui a conquis le Québec et la France à la vitesse de l'éclair au début des années 90.

La Presse, André Pichette

Il avait tout : la gloire, l'amour, l'argent. Et il a craqué sous la pression. Son corps et sa tête ne voulaient plus. Le 17 juillet 1997, les deux ont lâché alors qu'il devait improviser durant trois heures dans le Vieux-Port de Montréal. Après 40 minutes, en sueur, il s'est excusé et a quitté la scène pour ne plus jamais y revenir.

Présenté en deux parties dès lundi à 23h, et en reprise le dimanche à 20h à Canal Vie, Michel Courtemanche : l'homme qui faisait des grimaces raconte cette descente aux enfers, mais aussi la réhabilitation de l'humoriste qui a conquis le Québec et la France à la vitesse de l'éclair au début des années 90. Pas sur un ton alarmiste, rassurez-vous, mais au contraire avec un certain humour et beaucoup d'espoir.

S'il s'était su bipolaire avant, Courtemanche aurait compris ses comportements instables, ses crises d'angoisse et ses idées suicidaires. En somme, ce documentaire captivant nous apprend énormément sur cette maladie trompeuse et sournoise, qu'on met en moyenne 14 ans à diagnostiquer.

De 31 à 34 ans, l'humoriste «est parti sur une balloune», comme il dit, combinant drogue et alcool. «Moi, j'l'ai eu all dress en tabarnane!» dit-il. Son ami, l'acteur Claude Legault, raconte qu'il a longtemps cru que Michel allait mettre fin à ses jours, tant il le voyait dépérir. Soir après soir, il flambait rarement moins de 1000 $ dans les bars, pour lui et pour les autres. «T'étais un guichet automatique, pis tout le monde avait la carte!» blague Claude Legault en s'adressant à son ami.

Alors qu'il était en Bretagne, il a tenté de se suicider. On est la fin de semaine, pas de service d'ambulance ni de taxi. Les pompiers viennent le chercher pour l'emmener à l'hôpital. Alors qu'il voulait mettre fin à ses jours il y a quelques instants à peine, les sapeurs trouvent le moyen de lui demander un autographe. Il en rit aujourd'hui.

À plusieurs moments très intimiste, le documentaire entre dans l'antre de la bête, celle qui envoie le bipolaire dans les bas-fonds. Parce qu'on a tout oublié lorsqu'on se remet d'une période de down, Michel Courtemanche s'est filmé l'an dernier alors qu'il touchait le fond. Pris d'hallucinations dans sa chambre d'hôtel à Québec, il a quitté les lieux en voiture.

Vous verrez quelques-unes de ces confidences filmées à partir d'une caméra personnelle. Ça paraît racoleur dit comme ça, mais ça ne l'est pas. C'est au contraire d'une grande générosité, et tout en nuances.

Dans une autre séquence, Michel Courtemanche fait l'étalage de son cocktail quotidien de médicaments : lithium, Prozac, Seroquel, Wellbutrin, testostérone et oméga-3. Ses Froot Loops du matin, comme il dit. Pourquoi en avoir honte? La bipolarité ne se soigne pas avec la simple volonté. Pas plus que le cholestérol ou le diabète, souligne Claude Legault.

Passer à autre chose

Pourquoi se livrer à ce point? «Je veux aider les gens qui souffrent de bipolarité. J'en ai parlé à Tout le monde en parle et dans les magazines, mais je voulais faire quelque chose qui resterait. Après ça, je peux commencer à vivre, passer à autre chose», nous a confié Michel Courtemanche, sereinement.

Vous le reverrez au Bye bye le 31 décembre, mais jamais sur scène. Quand le Grand Rire l'a joint pour qu'il effectue son retour devant les spectateurs, il a dit non. À l'époque où il a décidé d'abandonner la scène, sa boîte de production ne l'a pas appuyé, au contraire. «Quand tu génères quatre millions par année... Ils s'en câlissaient», nous a-t-il avoué hier.

Les segments présentés devant public au dernier Bye bye lui ont causé une semaine d'angoisse. Il croise les doigts pour qu'il n'y en ait pas cette année. «J'ai dû reprendre ma réplique cinq fois, ce n'était pas une portion très réussie», admet-il. Cela dit, il a adoré son expérience.

Quand on connaît son histoire, Michel Courtemanche n'inspire pas la pitié, au contraire. Il lève le voile sur une maladie dévastatrice de façon courageuse et admirable.

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