Gaston L'Heureux a été foudroyé par un malaise cardiaque alors qu'il était en route vers Québec à l'hiver 2007. Il a subi d'importantes blessures et se déplaçait depuis en fauteuil roulant. «Les dernières années de sa vie n'ont pas été très drôles, elles ont été douloureuses, mais il y faisait face avec beaucoup d'aplomb et de sérénité», raconte son ami Thierry Daraize, cuisinier et animateur de Recettes en vedette à Canal Vie. «Après son accident, il disait : "Si je suis en vie, c'est un miracle".»
L'homme n'était pas du genre à s'apitoyer sur son sort. Il se trouvait toujours quelqu'un de plus malheureux, se souvient M. Daraize. «Il pensait d'abord aux autres. Il se considérait toujours au service des autres», souligne-t-il.
Les deux hommes se sont connus sur les plateaux de tournage et ont travaillé ensemble dans plusieurs émissions. «Il mettait toujours l'humour en premier. Il aimait s'amuser, déconner, [mais] il se livrait rarement», explique-t-il. M. L'Heureux avait certes un côté «clown», mais c'était aussi un «clown triste», poursuit-il, «une façade pour ne pas montrer qu'il était vulnérable».
Santé fragile
Gaston L'Heureux souffrait de maniacodépression et d'une forme sévère de diabète. Il a d'ailleurs milité pour plusieurs organismes de soutien aux personnes qui souffrent de ces maladies. Il a également oeuvré pour le Centre Lucie Bruneau, le centre de réadaptation qu'il avait fréquenté à la suite de son accident.
Malgré tout, insiste M. Daraize, «il parlait avec beaucoup d'optimisme, même s'il vivait de grandes difficultés».
Pierre Salducci a écrit un livre sur la carrière de Gaston L'Heureux à la fin des années 90 (Gaston L'Heureux malgré lui, 30 ans de télévision au Québec, Éditions Stanké, 1999, 200 p.). «C'est quelqu'un de merveilleux, très ouvert aux gens, accueillant, intéressé par tout», abonde M. Salducci.
Des hauts et des bas
Il ajoute que M. L'Heureux a eu une carrière en dents de scie : «Il est monté très haut, mais il est descendu aussi.» Avec le temps, il a «essayé de faire des choses nouvelles [...] des choses plus complexes». «Quand on faisait appel à lui pour être un animateur gentil, rigolo, ça marchait très bien. Mais il voulait aussi montrer qu'il avait un cerveau en parlant des arts, de la politique», un milieu dans lequel il avait beaucoup de contacts.
M. Salducci explique que l'animateur n'a pas toujours eu la possibilité d'aller au bout de ses idées. «Il était assez déçu par le milieu de la télé à la fin de sa vie. Il avait des idées, il était visionnaire, il voulait changer des choses, mais ce n'est pas toujours facile à faire.»
M. L'Heureux a insisté pour que la première partie du livre traite de Québec, la ville de son enfance qu'il a quittée pour la métropole à la fin des années 70. «Il en a gardé de très bons souvenirs», insiste l'auteur.
C'est d'ailleurs au Soleil que Gaston L'Heureux a débuté sa carrière médiatique, en 1962. Il a rapidement fait le saut en télévision. Sa première émission, Au masculin, tournée à Radio-Canada Québec dans les années 70, a agi comme un véritable tremplin pour sa carrière.