L'Opéra de Québec: le meilleur après la pause pour Macbeth

L'investissement de la soprano Lyne Fortin dans Une... (Photo Le Soleil, Pascal Ratthé)

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L'investissement de la soprano Lyne Fortin dans Une macchia è qui tuttora au quatrième acte est total. On croit tellement à son interprétation qu'on perd de vue sa difficulté technique.

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(Québec) Macbeth prend du temps à décoller, mais attention, une fois le spectacle lancé, on a droit à un drame brillant, bien rodé, défendu par de merveilleux interprètes.

Comme on a pu le constater, samedi à la salle Louis-Fréchette, le public ne perd rien pour attendre. Car l'Opéra de Québec a réuni ici une distribution d'une qualité exceptionnelle.

Après deux premiers actes un peu statiques, on assiste à un feu roulant d'airs et de choeurs plus impressionnants les uns que les autres.

La démente incarnation de Lady Macbeth offerte par Lyne Fortin, dans Une macchia è qui tuttora au quatrième acte, marque un des grands sommets de la soirée. L'investissement de la soprano dans cette scène délirante est total. On croit tellement à son interprétation qu'on perd de vue sa difficulté technique. Du grand art!

Charisme

Quelques instants plus tard, c'est au tour de Gregory Dahl de faire craquer la salle avec un somptueux Pietà, rispetto, amore. On ne peut que succomber au charisme de ce superbe Macbeth, au coffre de cette voix de baryton.

De la première à la dernière mesure, le chef Timothy Vernon réussit à établir et à maintenir un équilibre idéal entre le plateau et la fosse, apparemment sans museler qui que ce soit. Sous sa direction, l'Orchestre symphonique de Québec joue avec autant d'assurance, d'expression que de conviction.

Avec sa voix d'airain, Luc Robert incarne un Macduff capable de rivaliser en puissance avec tout un choeur. Son timbre conserve une couleur belle et pleine dans tout le registre et toutes les nuances. Nul camouflage dans l'émission des aigus. Pas étonnant que le ténor québécois ait attiré l'attention du Metropolitan Opera - il doit y faire ses débuts aux côtés de Plácido Domingo dans Ernani, la saison prochaine. Éric Thériault, l'autre ténor, fait un Malcolm solide, plus léger que son partenaire, mais à peine. Au quatrième acte, soutenus par le choeur et l'orchestre, les deux chanteurs offrent de brillantes prestations. On se serait cru en plein gala de l'opéra.

Dépouillement

De la première partie de la soirée, on retient surtout les interventions d'Alain Coulombe, lui dont la voix de basse semble s'épanouir toujours davantage à chacun de ses passages. La profondeur de son registre grave impressionne plus que jamais. Et quelle autorité il a sur scène dans le rôle de Banquo!

Cette production mise en scène par Morris Panych pour le Pacific Opera de Victoria prend le parti du dépouillement. Oubliez la profondeur. La scénographie n'exploite à vrai dire que deux dimensions, la largeur et la hauteur. De minces bandes verticales ou horizontales, blanches ou rouges, viennent découper l'espace à tout moment, parfois au moyen de longues tiges qui descendent des cintres, ou alors par des traits de lumière projetés sur un écran translucide. Bizarrement, alors que le drame se situe en Écosse, cette géométrie à angles droits rappelle plutôt le drapeau de l'Angleterre, croix rouge sur fond blanc.

Cela dit, la répétition du procédé est rapidement lassante. Dans l'air du délire de Lady Macbeth, l'effet est si appuyé qu'il ressemble à une sorte de commentaire éditorial.

La mise en scène ne manque ni d'originalité ni d'audace. Certains anachronismes, comme ces parapluies lors de l'enterrement du roi Duncan, font sourire. Si l'emploi de la trappe de scène est par ailleurs parfaitement légitime, l'abus finit par lasser.

L'OPÉRA DE QUÉBEC. Macbeth, opéra en quatre actes de G. Verdi. Direction: Timothy Vernon, chef d'orchestre. Mise en scène: Morris Panych. Solistes: Gregory Dahl (Macbeth), Lyne Fortin (Lady Macbeth), Alain Coulombe (Banquo), Luc Robert (Macduff), Éric Thériault (Malcolm), Marie-Michèle Roberge (la servante). Avec le choeur de l'Opéra de Québec et l'Orchestre symphonique de Québec. Samedi à la salle Louis-Fréchette. Présenté de nouveau mardi, jeudi et samedi à 20h.

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