Voivod: vivre du metal... ou presque

Voivod repartira ce printemps promener son metal hurlant... (Photo fournie par le Théâtre Petit Champlain)

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Voivod repartira ce printemps promener son metal hurlant dans les festivals des quatre coins du monde.

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(Québec) Foi du batteur Michel «Away» Langevin, les gars du groupe thrash metal Voivod pourraient encore vivre uniquement de leur art 32 ans après la fondation du quatuor qui sera en spectacle au Petit Champlain le 21 février. Ils ont cependant fait le choix d'y consacrer seulement la moitié de leur temps depuis 2008.

«Oui, si on voulait être en tournée à l'année comme dans le temps, on pourrait vivre uniquement de ça. Mais en même temps, les gars ont tous une business à côté», explique Langevin, maintenant âgé de 50 ans, en entrevue téléphonique avec Le Soleil.

«Moi, je fais des dessins pour d'autres artistes la moitié de l'année, Dan [Mongrain, guitariste] enseigne la guitare, Jean-Yves [Thériault, bassiste] est électricien et "Snake" [le chanteur Denis Bélanger] est designer de lampes "sci-fi". C'est une décision qu'on a prise en 2008 de se garder du temps pour nos autres projets.»

Avec son style particulier qu'on reconnaît au premier coup d'oeil, Langevin, qui a dessiné les pochettes de tous les albums de son groupe, voit son coup de crayon être de plus en plus demandé dans le milieu musical.

«En 2004, Dave Grohl [Nirvana, Foo Fighters] m'a demandé de faire la pochette de son projet Probot. Ça a donné un bon coup de pouce. Plusieurs artistes me demandent maintenant de faire des pochettes de CD ou de vinyles pour eux ou encore des couvertures de livres qui traitent de musique metal. Il y a aussi des gens qui veulent que je fasse des designs de tatouages», explique le batteur.

Au cours des dernières années, Michel a aussi réalisé des t-shirts pour le groupe hard rock torontois Danko Jones et la pochette de l'album Orion, projet metal du guitariste et chanteur Ryan Adams. «Ryan est un fan de Voivod et c'est lui qui m'a contacté», explique «Away», qui travaille pour des artistes des quatre coins du monde.

«Je dessine pour des groupes metal expérimentaux d'Italie, de République tchèque, du Japon, mais aussi pour des groupes hip-hop comme Non Phixion. Par contre, je fais des recherches avant d'accepter une commande. Si c'est raciste ou sexiste, je ne touche pas à ça. J'ai quand même une éthique et des valeurs», poursuit-il.

Plus de 30 ans

Parallèlement à tout cela, Voivod poursuit le chemin qu'il a commencé à tracer en 1983, lors du lancement de son premier démo et alors que Michel était un étudiant en génie civil qui s'intéressait à la physique quantique à l'Université du Québec à Chicoutimi.

«C'est en 1984, quand j'ai constaté l'impact de notre premier album, War and Pain, sur l'étiquette Metal Blade Records, que j'ai vu qu'il était vraiment possible pour moi de faire carrière dans la musique. Par contre, dans ma tête, on allait faire une couple d'albums et j'allais retourner aux études», se souvient le batteur.

Michel n'est jamais retourné aux études et Voivod n'a jamais cessé d'exister, hormis une courte période au début des années 2000. «Nous n'avons jamais arrêté, même quand le metal était un peu moins populaire», souligne-t-il. Le groupe se dit très heureux des réactions à son 16e album, Target Earth, lancé l'an dernier sur l'étiquette européenne Century Media et dont plusieurs pièces seront interprétées à Québec. «C'est vraiment incroyable, il n'y a pas eu une seule mauvaise critique jusqu'à maintenant.»

Autour du monde

Par la suite, Away, Blacky, Snake et Chewy repartiront au printemps promener leur metal hurlant dans les festivals des quatre coins du monde. «Nous sommes toujours présents dans les grands festivals européens comme Walken et le Hellfest durant l'été. On se concentre là-dessus depuis 2008 car les cachets sont alléchants. On fait aussi la tournée des clubs en Europe à l'automne, un peu moins aux États-Unis car il y a peu de gros festivals metal.»

Voivod participera aussi bientôt au Metal Fest de Santiago, au Chili. «L'Amérique du Sud est un bon marché pour le metal, tout comme les anciens pays du bloc de l'Est comme la Pologne, la République tchèque et l'Estonie. Il y a aussi de nouveaux pays comme l'Inde et la Chine qui s'ouvrent au metal. En mars, nous serons à Tokyo avec Exodus. C'est agréable de pouvoir revoir nos contemporains comme Exodus, Megadeth et Testament qu'on finit toujours par croiser dans les festivals.»

Le chanteur Denis Bélanger, le regretté guitariste Denis... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Le chanteur Denis Bélanger, le regretté guitariste Denis D'Amour, décédé en 2005, et le batteur Michel Langevin en 1993, dix ans après la fondation du groupe Voivod.

Photothèque Le Soleil

Aut'Chose pourrait revivre... encore

Le mythique groupe Aut'Chose, qui a injecté une bonne dose de rock dans le Québec des années 70, pourrait bien revivre de nouveau cette année alors que le chanteur et poète Lucien Francoeur s'entourerait de nouveau des musiciens avec qui il avait fait renaître le groupe de ses cendres en 2005.

«C'est vrai, on a déjà commencé à jaser de faire quelque chose pour fêter le 40e anniversaire d'Aut'Chose», déclare en entrevue le batteur de Voivod, Michel Langevin, qui avait participé à la tournée réunion de 2005.

Outre Francoeur et Langevin, la nouvelle incarnation du groupe inclurait le guitariste Jacques Racine, un vieux complice de Francoeur, le bassiste Vincent Peake (Groovy Aardvark, Grimskunk), le claviériste Joe «Evil» Burnett (Grimskunk) et le guitariste Alex Crowe (Tricky Woo, Xavier Caféine).

Tous avaient participé à l'album Chansons d'épouvante, lancé en 2005, exception faite de Crowe qui remplace le guitariste de Voivod Denis «Piggy» D'Amour, décédé quelques mois après l'enregistrement.

Avec des titres comme Prends une chance avec moé, Le freak de Montréal, Hollywood en Plywood et Nancy Beaudoin, Aut'Chose avait fait sa marque grâce à un gros rock à l'américaine agrémenté de paroles balancées en joual par Francoeur.

Même s'il est très occupé par ses autres engagements, Langevin trouvera du temps pour travailler avec Aut'Chose.

«Ce n'est pas toujours facile avec Voivod et mes autres engagements, j'ai dû abandonner des projets comme Les Ékorchés et j'ai quitté le poste de batteur de Xavier Caféine. Par contre, je fais toujours partie du collectif Kosmos avec Vincent et Alex», conclut-il.

Les voûtes de Voivod

Plusieurs fans de Voivod étaient heureux de voir le groupe faire paraître l'un de ses premiers démos, To The Death 84, sur CD et disque vinyle en 2011. Les voûtes du groupe jonquiérois regorgent cependant encore de matériel presque inédit.

«Quand Blacky (le bassiste Jean-Yves Thériault) est revenu dans le groupe en 2008, il m'a donné une boîte de vieux démos et c'est de là que j'ai sorti To The Death, que j'ai envoyé à Jello Biafra (ex-chanteur du groupe punk Dead Kennedys) pour qu'il le fasse paraître sur son étiquette Alternative Tentacles», explique le batteur Michel Langevin.

C'est que Biafra talonnait Langevin depuis un bon bout de temps. «Il me demandait toujours si j'avais quelque chose pour lui. Piggy [le regretté guitariste Denis D'Amour] et moi, on avait écrit un album avec lui, un peu surf metal, mais le projet est tombé à l'eau avec le décès de Piggy.»

Le «métalleux» et le punk rockeur se connaissent depuis le milieu des années 80, alors que Langevin avait écrit à Biafra pour l'encourager durant ses démêlés avec la justice à la suite de la parution de l'album Frankenchrist.

«Il m'avait répondu en me disant qu'il aimait beaucoup Voivod et on est en contact depuis ce temps. Je suis content que To the Death 84 soit paru sur Alternative Tentacles, car c'est notre matériel le plus punk», explique Langevin.

Des démos comme Anachronism, No Speed Limit Week-End, Morgoth Invasion et Zeche Bochum, qui ne sont pas inconnus aux initiés de Voivod, demeurent cependant toujours dans les voûtes. Distribués seulement à quelques centaines d'exemplaires sur cassette dans les années 80, ils sont aujourd'hui à peu près introuvables et se négocient à gros prix.

«J'ai demandé à DJ Ram de tout transférer ça en format digital. Nous avions un projet de coffret avec Sanctuary Records qui aurait inclus ces démos et nos premiers albums, mais depuis la vente de Sanctuary à Universal, c'est resté un peu sur la glace. On essaie de trouver un moyen de ressortir tout ça», termine le batteur.

Vous voulez y aller?

Quoi : Voivod

Où : Théâtre Petit Champlain, 68, rue du Petit-Champlain

Quand : vendredi 21 février, 20h

Billets : 30 $

Téléphone : 418 692-2631

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