Don Juan: du plaisir malgré tout

Jean-François Breau campe bien l'impétueux Don Juan au... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Jean-François Breau campe bien l'impétueux Don Juan au sourire racaille.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) La reprise du spectacle musical Don Juan, dix ans après sa création, procure un plaisir mitigé. Autant le côté mielleux des mélodies éclectiques de Félix Gray nous inspire des réserves, autant on est séduit devant la troupe d'authentiques danseurs de flamenco et le jeu dévoué des interprètes.

On s'aperçoit vite que notre inconscient a retenu chaque mot des hits populaires Changer, Du plaisir et même de ballades moins connues, qui roulent en boucle à la radio depuis 2003. Et ceux qui les chérissent seront comblés, puisqu'ils sont chantés de façon identique sur scène.

Les airs s'enchaînent sans heurts même si la ligne musicale manque parfois d'éclat. Les accents rock du bal masqué en deuxième partie et quelques dérives blues détonnent bizarrement, mais en général, on navigue entre les rythmes chauds et les épanchements sirupeux.

Ce sont les chorégraphies vivantes et fougueuses d'Angel Rojas et Carlos Rodriguez qui donnent une réelle énergie à la production à grand déploiement. Expressifs et impeccables, les six couples de danseurs de flamenco jouent l'amour, la séduction, le dépit, la jalousie avec une authenticité et un abandon bienvenus.

Le décor de Guillaume Lord, avec ses chevaux en fer forgé, combinés aux éclairages bleutés ou rougeoyants d'Axel Morgenthaler contribuent grandement à charmer nos yeux. Le plancher de danse tournant génère quant à lui de beaux effets lors de la discussion entre Don Luis (Robert Marien) et Don Juan et lors de l'entrée en scène de Raphaël (Jonathan Roy) dans un champ de bataille fantomatique, mais il dérange lorsqu'on se contente de l'utiliser pour faire tourner les acteurs sur la scène lors des passages plus statiques.

Breau et Janvier à l'aise

Les deux vedettes originales de la production, Jean-François Breau et Marie-Ève Janvier, campent bien l'impétueux Don Juan au sourire racaille et la sensuelle sculpteure Maria, qui a ravi son coeur. Leur aisance est belle à voir. La révélation (pour moi du moins) de cette nouvelle distribution est Cindy Daniel, qui interprète Elvira, l'épouse délaissée de Don Juan. Blessée, ingénue, la chanteuse a une voix pleine d'émouvants reliefs qui fait frémir la salle sitôt qu'elle s'élève.

C'est une autre histoire devant les gestes épars d'Étienne Drapeau, qui campe l'ami de Don Juan et qui semble souvent avoir un sourire collé au visage sans raison. Jonathan Roy s'en tire étonnamment bien dans le rôle de l'amoureux bafoué pour une première expérience de jeu, même si l'émotion prend un peu le pas sur la justesse de son débit dans les chansons.

Au fil du spectacle mis en scène de manière classique, mais efficace par Gilles Maheu, on s'abandonne aux rythmes malgré les réserves. Le public de la salle Louis-Fréchette, vendredi, semblait conquis. D'avance, peut-être, mais conquis tout de même.

Don Juan est présenté jusqu'au 18 août au Grand Théâtre de Québec.

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