Le Commissaire au lobbyisme «vérifie» le Grand Rire

Le président de QuébéComm, société mère du Grand... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le président de QuébéComm, société mère du Grand Rire, Sylvain Parent-Bédard, est sorti tout sourire de sa rencontre avec trois délégués péquistes, mais n'a pu confirmer qu'il y aura un Grand Rire en 2014.

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(Québec) Le Commissaire au lobbyisme du Québec lance «un certain nombre de vérifications» à la suite des démarches des organisateurs du Grand Rire de Québec auprès des proches de trois ministres afin d'obtenir une subvention. Les dirigeants du festival humoristique ne sont pas inscrits au registre des lobbyistes.

«À partir du mois de septembre dernier, nous avons tenté à de nombreuses reprises de communiquer avec le ministre de la Culture», convient sans ambages le président de QuébéComm, société mère du Grand Rire, Sylvain Parent-Bédard. L'objectif : obtenir confirmation qu'une subvention de 300 000 $ à 350 000 $ serait versée à l'entreprise pour l'organisation de la mouture 2013 du festival.

Une première rencontre avec les collaborateurs du ministre Maka Kotto a eu lieu à la fin février, ajoute-t-il. Et jeudi matin, il a visité les bureaux de la ministre responsable de la Capitale-Nationale accompagné de son vice-président finances, Nicolas Blais, ainsi que de son directeur général adjoint, David Normandin. Étaient aussi présents des employés des cabinets de trois ministres : Culture et Communications, Tourisme, ainsi que responsable de la région de Québec. La réunion de près de deux heures a permis aux convives de s'entendre sur un plan de match afin d'assurer la pérennité de l'événement, notamment par l'octroi de subventions étatiques.

«À première vue, à partir des éléments dont on dispose, il pourrait s'agir d'une activité de lobbyisme visée par la loi et non inscrite au registre des lobbyistes», observe la directrice des communications du Commissaire au lobbyisme du Québec, Émilie Giguère. Avant de confirmer hors de tout doute la contravention à la loi, des vérificateurs corroboreront les faits constatés dans les médias. «Il va y avoir un certain nombre de vérifications qui vont être faites dans ce dossier. La vérification a été faite au registre et il n'y a pas d'inscription concernant ce mandat.»

La loi est claire. Toute communication orale ou écrite par le représentant d'une entreprise ou d'une organisation avec les membres du personnel des ministres, dans le but de les influencer dans la prise de décision relativement à l'attribution d'une subvention, est considérée comme une activité de lobbyisme. La personne qui s'adonne au lobby doit le faire publiquement en s'inscrivant auprès du Commissaire. En cas d'accroc à la législation, le Directeur des poursuites criminelles et pénales peut émettre un avis d'infraction pimenté d'une amende de 500 $ à 25 000 $.

L'organisation doit faire ses devoirs

Quoi qu'il en soit, le président du Grand Rire de Québec est sorti tout sourire de sa rencontre de jeudi avec les délégués des trois politiques péquistes. Après avoir clamé que la prochaine édition du festival humoristique était en péril si une subvention n'était pas versée, il s'affiche rassuré quant à la pérennité de la fête. «Le gouvernement s'est vraiment positionné en disant que le Grand Rire est un événement important», a commenté Sylvain Parent-Bédard. Du même souffle, il avance pourtant encore qu'il «ne peut pas confirmer qu'il y aura un Grand Rire en 2014».

Que comprendre? Pour l'édition qui vient de se conclure, les organisateurs tablaient sur une subvention d'environ 300 000 $, une enveloppe qu'ils recevaient du gouvernement libéral précédent depuis quelques années. Mais les fonds ne sont plus disponibles, au dire de l'équipe du nouveau ministre de la Culture, Maka Kotto. Résultat, le Grand Rire, qui avait comptabilisé la somme, déclare un déficit d'un montant équivalent, soit plus ou moins 4 % du budget total de 7 millions $.

Jeudi matin, les employés ministériels n'ont pas mis de chèque sur la table; d'où la retenue affichée par Sylvain Parent-Bédard. Il admet néanmoins que «les trois ministres croient en l'événement. Ils veulent que le Grand Rire se poursuive.»

Le gouvernement a cependant renvoyé la troupe à ses devoirs. «On lui a demandé ses chiffres, les chiffres exacts», commente l'attaché de presse du ministre de la Culture, Marc-André de Blois. Après, lorsque le portrait financier sera éclairci, des fonctionnaires aideront le Grand Rire à dénicher les programmes de subvention déjà existants qui pourront le soutenir.

«On a eu une rencontre constructive», ajoute Sylvain Parent-Bédard. «On a parlé de nombreuses pistes de solution qu'on va analyser à partir de la semaine prochaine avec un comité de travail [...] afin de régler la problématique de cette année pour le festival Grand Rire, mais aussi assurer la pérennité à long terme de l'événement en fonction de programmes normés. Donc, je suis très encouragé et j'ai confiance au gouvernement en place.»

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