Corps de Walk: la marche au sublime

Les corps évoluent dans un enchaînement ininterrompu et... (Photo Erik Berg)

Agrandir

Les corps évoluent dans un enchaînement ininterrompu et précisément mesuré de poses et d'attitudes.

Photo Erik Berg

Partager

Sur le même thème

(Québec) À la télé, vers la fin des années 60, on tombait parfois sur l'un de ces intermèdes où, dans une série de plans fixes et sur fond de musique synthétique répétitive et futuriste, on pouvait suivre les différentes étapes d'une chaîne de montage. Chaque capuchon trouvait sa bouteille, chaque bouteille sa caisse, dans un ballet parfaitement coordonné. La mécanique incessante et régulière de Corps de Walk a quelque chose de tout aussi fascinant.

On n'aura sans doute jamais vu pièce plus minutieusement réglée, ni apparemment aussi froidement calculée, que celle présentée par la compagnie norvégienne Carte Blanche, mardi soir à la salle Louis-Fréchette. C'est curieux, car en même temps, la chorégraphie de Sharon Eyal s'appuie sur un mouvement d'ensemble d'une remarquable fluidité. C'est peut-être une des raisons pour lesquelles le spectacle fascine tant.

Eyal a été formée à la Batsheva Dance Company de Tel-Aviv. Son approche s'inspire du Gaga, une idée du mouvement développée par Ohad Naharin et dont on pouvait reconnaître le caractère épuré, presque brut, dans une oeuvre comme Hora, présentée il y a un an sur cette même scène.

La disciple semble toutefois pousser encore plus loin que le maître la quête du mouvement parfait, la recherche de la transparence picturale ou, pour le dire d'une manière plus poétique, la marche au sublime.

Le groupe d'interprètes réunit six hommes et six femmes. Dans leurs combinaisons moulantes et dont la texture rappelle le plâtre ou le marbre blanc, on dirait des danseurs tantôt sortis d'un bas-relief antique, tantôt d'une toile cubiste. Un curieux ballet se développe au moyen d'un vocabulaire riche. Tout y passe, les mollets, les cuisses, les épaules, le cou, la tête, et même le bout des doigts.

Les corps évoluent dans un enchaînement ininterrompu et précisément mesuré de poses et d'attitudes. Les éclairages savamment dosés et calculés mettent en valeur leurs formes harmonieusement proportionnées.

Le discours n'est répétitif qu'en apparence. En réalité, le spectacle consiste en une série de transitions si habiles et si insaisissables qu'on n'y voit que du feu. On dirait de la géométrie. Dans une scène, on joue avec les angles droits, dans l'autre avec la diagonale, dans la suivante avec les parallèles. Tout cela, dans la maîtrise totale de l'espace et du temps.

La conclusion tient de la gélification ou de la cristallisation. Une longue plage rythmée à 107 pulsations par minute, très exactement, vient lentement figer le mouvement, plus ou moins arbitrairement, alors que la scène disparaît dans un fondu au noir. Le spectacle était commencé depuis près d'une heure. On s'est dit que c'était à peu près le moment d'arrêter.

CARTE BLANCHE, compagnie nationale de danse contemporaine de Norvège. «Corps de Walk», de Sharon Eyal et Gai Behar. Mardi soir à la salle Louis-Fréchette

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer