Harry Manx, le démocrate musical

Le World Affairs de Harry Manx amorçait sa... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le World Affairs de Harry Manx amorçait sa tournée et, malgré le talent des membres, on l'a souvent senti.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Harry Manx était de retour à Québec, jeudi soir, pour un concert où le métissage était roi. Entouré de sa formation World Affairs, le chanteur et guitariste n'a pas hésité à laisser beaucoup de place à ses musiciens, n'interprétant qu'un nombre restreint des chansons de son nouvel album, Om Suite Ohm.

Il était attendu, le Harry. Le public, qui avait entièrement rempli la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre, lui a réservé un chaleureux accueil dès son arrivée sur les planches. Et quand il s'est aventuré dans Further Shore, les spectateurs ont aussitôt manifesté leur approbation. Vrai que le guitariste a un doigté unique, que sa voix graveleuse a quelque chose de magnétique et qu'il a une manière bien à lui de fusionner le blues occidental à des envolées orientales.

Pour cette tournée, Manx a recruté le multi-instrumentiste allemand Yeshe, spécialiste des sonorités africaines, le claviériste australien Clayton Doley, la chanteuse d'origine indienne Kiran Ahluwalia et l'harmoniciste canadien Steve Marriner.

Dès le deuxième titre, le leader nous a fait comprendre que ses complices joueraient un rôle aussi important que lui. Il a en effet cédé le micro à Kiran Ahluwalia pour une ballade. Après quoi, Yeshe a pris le relais avec sa reprise de Summertime. Démocratique, le World Affairs? Assurément. Or, on aurait préféré que Manx prenne davantage de place et propose quelque chose de mieux unifié. Certes, on avait droit à son jeu précis à la guitare acoustique slide ou à la mohan veena, mais on aurait pris plus de chansons comme sa reprise de Tijuana, de J.J. Cale, qui a été l'un des moments forts de la soirée. Sur celle-là, Manx a été aussi brillant que Marriner, qui nous a soufflé un époustouflant solo à l'harmonica.

Début de tournée

Le World Affairs amorçait sa tournée et, malgré le talent des membres, on l'a souvent senti. Les musiciens étaient prudents, manquaient des temps ou alors devaient se faire des signes pour se coordonner. Les fusions entre les genres n'étaient pas toutes parfaitement consommées non plus. Quand Doley sortait des sons de mini-moog de son clavier, alors que ses comparses optaient pour une approche acoustique, on ne pouvait que tiquer...

Et autant les envolées indiennes de Kiran Ahluwalia pouvaient parfois être réussies, autant à certains moments elles cadraient mal dans les propositions, comme lorsque Yeshe a décidé d'offrir sa version de La Ballade de Jean Batailleur en s'accompagnant d'un piano à pouces.

En dépit de ces nombreux bémols, il y avait une connexion certaine entre Manx et son public. Il faut dire qu'il était invariablement solide et qu'il s'est fait un peu plus présent dans la deuxième partie, livrant une pertinente Carry My Tears et offrant même sa lecture du Voodoo Child, de Jimi Hendrix.

Autre élément qui a su faire oublier les faiblesses de certaines interprétations: la communication des musiciens avec les spectateurs, qui faisaient tous un effort pour partager des anecdotes ou des blagues en français.

Bref, voilà un spectacle qui a autant de potentiel que ses musiciens, mais qui gagnera à être rodé.

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