Ballets Jazz de Montréal: le choc des univers

Dans Nightbox, la chorégraphie urbaine nous plonge un... (Photo Benjamin Von Won)

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Dans Nightbox, la chorégraphie urbaine nous plonge un instant dans l'effervescence des boîtes de nuit, mais se déconstruit rapidement en discours à géométrie variable.

Photo Benjamin Von Won

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(Québec) Les Ballets Jazz de Montréal (BJM) ont le don d'enfiler les univers disparates qui créent de surprenants contrastes. Zero in On et Nightbox, un duo de chair et d'os et une litanie urbaine, ont introduit l'insaisissable Harry, mélange de comédie musicale américaine, de tragédie grecque et de gigue israélienne effrénée.

La compagnie montréalaise a montré qu'elle était loin de se conformer aux chorégraphies convenues malgré ses 40 ans. En fait, l'éventail de styles présentés était si varié que les oeuvres prenaient par moments des allures de patchwork. Enlevant, fougueux, mais légèrement chaotique.

Zero in On est un duo éthéré du chorégraphe espagnol Cayetano Soto, sur une musique de Philipp Glass, où les interprètes empruntent aux mouvements des oiseaux dans une danse rapide et fluide marquée par les contorsions, des dos cambrés et les portés. Rien n'accroche, les sept minutes passent en un éclair. La suite de ronds de jambes et d'enlacements captive et séduit l'oeil.

Un cintre supportant des projecteurs trace une ligne transversale dans le cadre de scène, une disposition inusitée qui dynamise et renverse l'espace. Les éclairages continueront de bouger, mais cette fois de haut en bas et de façon plus contrastée, dans Nightbox de Wen Wei Wang.

La chorégraphie urbaine nous plonge un instant dans l'effervescence des boîtes de nuit, mais se déconstruit rapidement en discours à géométrie variable sur la rencontre avec l'autre et l'invariable fuite qui l'accompagne.

Malgré l'élan initial, les nombreuses marches et une lourdeur dans les mouvements, surtout chez les interprètes masculins, ont par moment miné l'ensemble. Tout comme les sons de distorsions usés qui ponctuaient la trame sonore. Le méli-mélo de références d'Harry, du chorégraphe de Los Angeles Barack Marshall, nous a charmé autant qu'il nous a laissé perplexe. Les scènes jazzy et swings, avec un côté vieillot dynamisé par des chants roumains et les airs qui mélangent musique traditionnelle israélienne et musique électronique, étaient simplement splendides. Entraînantes, précises, incarnées, sans aucune trace de lourdeur, cette fois.

La série de tableaux joue entre danse et théâtre. Parfois pour le mieux, comme lorsque les interprètes se lancent dans une spectaculaire argumentation hommes femmes qui tient autant de la comédie musicale américaine West Side Story que de la confrontation universelle entre les sexes, les confessions et les idéologies. Parfois avec moins de naturel, comme lors de la reconstitution d'un éternel enterrement et d'une conversation cabotine entre Zeus et Héra.

Heureusement, les scènes de groupe rachètent la donne et insufflent aux danseurs de BJM un naturel, un entrain juvénile et une énergie réjouissante.

Le spectacle avait lieu lundi soir au Grand Théâtre de Québec.

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