Claude Létourneau: un maître très discret

Le musicien appartenait à une fameuse dynastie musicale.... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Le musicien appartenait à une fameuse dynastie musicale.

Le Soleil, Steve Deschênes

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(Québec) Le violoniste Claude Létourneau a quitté ce monde le 7 octobre. Sa sortie fut à l'image de son existence. Discrète.

Le musicien appartenait à une fameuse dynastie musicale. Omer Létourneau, son père, fut organiste, compositeur, éditeur et fondateur de la Procure générale de musique. Il en menait large à Québec. Claude, bien que moins flamboyant, a contribué de façon significative au développement de la musique et de l'art non seulement au Québec, mais aussi en France, en Belgique et en Suisse.

De nombreux musiciens sont devenus des professionnels de premier ordre grâce à la méthode de violon de Claude Létourneau. Encore plus nombreux sont ceux qui ont développé une connaissance et un amour profonds de la musique, sans pour autant faire du violon leur gagne-pain. On estime à plus de 60 000 le nombre de personnes qui, grâce à lui, ont été initiées aux instruments à cordes.

L'oeuvre et le nom de Claude Létourneau sont aujourd'hui célèbres, et c'est bien malgré le principal intéressé. Comme le rappelle Éric Soucy, son élève pendant une dizaine d'années, le trait le plus remarquable de la personnalité du maître, c'est le total désintéressement dans lequel il a poursuivi son oeuvre. «C'était un ascète dans sa manière de vivre, note l'altiste. Il prenait son travail au sérieux, il avait un sens aigu du devoir. Pour lui, transmettre l'apprentissage aux jeunes, c'était sacré. Il aurait fait un excellent moine.»

Éric Soucy est aujourd'hui super soliste au sein de l'orchestre de la radio sud-bavaroise, le SWR Sinfonieorchester, à Baden Baden, en Allemagne. Il a enseigné pendant huit ans à l'Université de Karlsrühe et donne aujourd'hui des cours de maître un peu partout dans le monde.

Pour le musicien originaire du Saguenay, la méthode Létourneau est restée un outil de travail quotidien. «Avec ça, tu te bâtis une technique solide de sorte qu'au final, la touche du violon devient aussi sûre que celle d'un piano.»

L'être humain avant tout

Alors que d'autres professeurs s'intéressaient seulement à former une troupe d'élite, Claude Létourneau, lui, croyait d'abord en l'être humain. «C'était quelqu'un de pragmatique, capable de s'émerveiller du talent des autres, quelqu'un qui avait des convictions profondes et qui les a transmises à des gens qui pouvaient les transmettre à leur tour, fait valoir Éric Soucy. Il voulait que partout, dans chaque petit village, il y ait quelqu'un capable de transmettre l'apprentissage des instruments à cordes. Pour moi, c'est un personnage qui est hyper-important dans l'histoire de la musique au Québec. Il a réussi à élargir la base du triangle tout en visant l'excellence. Des gens qui se sont donnés à ce point-là sans jamais avoir besoin de se faire reconnaître, il n'y en a pas tant que cela.»

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