10e Gala de l'Opéra de Québec: Étienne Dupuis fait craquer la salle

Charlotte Corwin a donné d'agréables aigus dans Amour,... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Charlotte Corwin a donné d'agréables aigus dans Amour, ranime mon courage.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Si Grégoire Legendre souhaitait vraiment que l'un des solistes invités «vole le show», il a été exaucé. La prestation électrisante d'Étienne Dupuis dans l'air de Figaro a soulevé les 1538 personnes venues assister à la salle Louis-Fréchette au 10e Gala de l'Opéra de Québec, jeudi soir.

On comprend que le baryton québécois soit de plus en plus demandé, de Vancouver à Berlin en passant par Montpellier, Nantes et Paris, et même à Hawaii. Il a une voix parfaite, pleine, entièrement libre, sans parler de sa classe, de son charme, de sa personnalité et de son assurance. La salle lui appartient. On dirait qu'une nouvelle grande étoile se lève.

Le Français Avi Klemberg a été l'autre belle surprise de la soirée. Un ténor comme on n'en fait plus, magnifique dans Ô souverain, ô juge, ô père qu'il interprète avec délicatesse, souplesse et une incontestable majesté. Le plus incroyable, c'est qu'on comprend tous les mots. Dans Minuit, chrétiens, on se serait cru en présence d'un nouveau Richard Verreau.

L'invité le plus amusant fut sans contredit le baryton Keven Burdette, qui vous chante l'Air du catalogue avec une ironie juste et savoureuse, et l'Air de la calomnie avec autant de fantaisie, de présence d'esprit que d'instinct comique.

Dans le même registre, le jeune Aaron Ferguson, un ténor de la Saskatchewan, s'est révélé assez irrésistible lui aussi dans Jour et nuit (C'est la méthode!).

Le duo le plus touchant? Lyne Fortin et Antoine Bélanger qui, sans fausse pudeur, sont parvenus à s'abandonner entièrement à leur personnage dans Donde lieta usci. De quoi convaincre tout le monde que cette scène d'amour de La Bohème est l'une des plus tendres du répertoire.

Simplicité et émoi

Lyne Fortin, par ailleurs, captive de la première à la dernière note lorsqu'elle interprète Un bel di, un extrait de Butterfly qui soulève un soupir de plaisir au moment où le public reconnaît la mélodie. Ici, le chef Daniel Lipton a réussi à inspirer une douceur et une retenue parfaite à l'Orchestre symphonique de Québec (OSQ).

L'interprétation la plus émouvante? Celle d'Allyson McHardy, totalement donnée dans D'amour, l'ardente flamme, un extrait de La damnation de Faust de Berlioz, et qui réussit, en toute simplicité, à dévoiler la profondeur viscérale de l'émoi qui habite Marguerite.

Aline Kutan s'est bravement mesurée à l'épreuve de l'air de la Reine de la nuit. À mon avis, le sextuor de Lucia di Lammermoor a davantage mis en valeur les riches couleurs de la colorature.

La soirée a atteint une sorte de sommet expressif dans l'extrait du Chevalier à la rose offert par Lyne Fortin, Aline Kutan et Allyson McHardy. L'OSQ sonne comme s'il comptait

100 musiciens.

Le Choeur de l'Opéra de Québec avait préparé une petite surprise. Pour interpréter l'incontournable Va, pensiero, les 41 choristes sont descendus dans la salle. Intéressant de sentir aussi nettement la présence et la couleur des voix.

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